MYANMAR • Une armée formée pour réprimer, pas pour aider

Publié le par Adriana Evangelizt




MYANMAR • Une armée formée pour réprimer, pas pour aider

par Brian McCartan

Asia Times Online




Malgré une armée pléthorique, les autorités birmanes ne semblent pas capables d'apporter les secours nécessaires aux survivants. Les militaires sont formés pour contrôler la population, pas pour réagir aux catastophes. Les Birmans doivent se débrouiller par eux-mêmes, et la colère gronde.

Le passage du cyclone Nargis et l'incapacité de la junte au pouvoir à faire face à la catastrophe pourraient réveiller la colère d'une population pauvre et opprimée. Certes, le généralissime Than Shwe a pris la tête d'un comité d'urgence chargé de superviser les secours. Les médias officiels ont montré des images montrant le général participant à des réunions d'évaluation de l'ampleur des destructions, allant à la rencontre de Birmans dans un temple bouddhiste ou constatant l'étendue des dégâts, au nord de Rangoun.

Ce comité d'urgence rassemble les forces armées, la police et les pompiers. Les images de soldats et de policiers dégageant les rues jonchées d'arbres et distribuant des vivres aux populations ont été abondamment diffusées. Le général Than Shwe, homme fort de la junte, et le reste du gouvernement ont pris soin d'éviter de se montrer en public et semblent s'être retranchés dans leur nouvelle capitale de Naypyidaw, épargnée par le cyclone.

Mais on ignore encore pourquoi la junte et les autres organes officiels ne se soucient pas plus d'alléger les souffrances de la population. Le Myanmar dispose de la deuxième plus grande armée du Sud-Est asiatique, et pourrait utiliser cette vaste main-d'œuvre pour venir en aide aux victimes du cyclone.

En septembre dernier, l'Etat avait montré sa capacité à mobiliser rapidement les forces de sécurité pour réprimer les manifestations de moines. Mais, jusqu'à présent, il s'est montré nettement moins déterminé et moins organisé face à cette catastrophe.

Cela s'expliquerait notamment par le manque d'expérience de la police, des pompiers et des militaires birmans, moins habitués à gérer ce genre de situation que leurs voisins chinois, thaïlandais ou même bangladais. Les forces de l'armée et de la police ne sont chargées que de missions de sécurité, tandis que l'organisation des secours en cas de catastrophe repose sur les habitants eux-mêmes.

Alors que le département de météorologie et d'hydrologie du Myanmar avait été informé une semaine à l'avance de l'approche du cyclone par le centre de planification préalable aux catastrophes (ADPC) de Thaïlande et les services météorologiques indiens, les autorités ont attendu le vendredi 2 mai pour alerter la population à la radio et à la télévision.

En outre, il semble que les forces armées, la police et les hôpitaux n'avaient pas non plus été prévenus d'une possible situation d'urgence. Le refus de la junte de laisser entrer les secours internationaux ne fait qu'exaspérer la colère des victimes du cyclone. Lundi 5 mai, le régime a lancé un appel à l'aide internationale mais il apparaît clair que seules les dons en eau, en nourriture, en médicaments en argent sont les bienvenus, et non la présence de bénévoles étrangers susceptibles de dévoiler aux médias l'incompétence du gouvernement.

Sources Courrier International

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Esclavage

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