En pleine tragédie, la junte birmane fait voter pour prouver son pouvoir

Publié le par Adriana Evangelizt

Dans l'article, ils disent que malgré la misère des habitants et la pauvreté du pays, les membres de la junte mènent un train de vie luxueux. Le contraire nous eut fort étonné. Regardez la bibine du grand chef, il fait pas pitié. Pour sûr qu'il ne doit pas souvent se serrer la ceinture, lui.





En pleine tragédie, la junte birmane fait voter pour prouver son pouvoir


La junte birmane veut prouver qu'elle garde son pays sous un contrôle total en maintenant un référendum constitutionnel une semaine après le cyclone Nargis et en restreignant l'entrée des travailleurs humanitaires étrangers, estiment des opposants et des analystes en Thaïlande.

Plus d'un million et demi de Birmans ont été sévèrement affectés et ont un besoin urgent d'une aide internationale à laquelle les militaires au pouvoir imposent des conditions drastiques. Mais, samedi, le vote s'est déroulé dans la majeure partie du pays et la télévision d'Etat a encore diffusé des clips musicaux enjoués appelant à voter "oui".

"Ils veulent montrer qu'ils sont en situation de contrôle total", estime Win Min, analyste birman réfugié en Thaïlande. "Ils pensent que s'ils avaient modifié la date (du référendum), ils auraient montré qu'ils ne pouvaient pas faire leur travail", renchérit Sunai Phasuk, consultant pour l'organisation humanitaire Human Rights Watch (HRW).

Les militaires birmans, au pouvoir depuis 1962, "ont à peu près tous la même façon de penser: ils ne peuvent pas admettre l'erreur et ils ont besoin de montrer qu'ils sont aux commandes", ajoute-t-il.

Accepter une aide étrangère massive écornerait de la même façon leur image, juge Win Min. "C'est comme dans une famille où le père veut que les autres membres ne dépendent que de lui. (Le généralissime) Than Shwe (numéro un birman) veut que les gens dépendent de lui et de ses militaires". L'armée se présente comme la garante de la stabilité et de la souveraineté d'un pays sous dépendance britannique jusqu'en 1948, ainsi que la seule capable de garantir l'unité territoriale et d'éviter "la désintégration de la nation" face aux rébellions de minorités ethniques.

Les militaires "ont dirigé le pays pendant des décennies sans Constitution", relève Sunai Phasuk. Mais "le régime a désespérément besoin de trouver un fondement légal pour pouvoir garder indéfiniment le pouvoir", juge-t-il. La junte présente la nouvelle Constitution comme une ouverture politique en affirmant qu'elle permettra des élections multipartites en 2010. Mais, pour l'opposition emmenée par la lauréate du Prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, le texte pérennise l'emprise des militaires sur le pouvoir.

Malgré des ressources naturelles abondantes notamment en gaz, et alors que le régime jouit d'un train de vie fastueux -- des images du somptueux mariage de la fille de Than Shwe avaient circulé sur l'internet fin 2006 --, le pays s'est enfoncé ces dernières décennies dans la misère. Selon la Banque mondiale, un foyer sur quatre vit sous le seuil de pauvreté.

"Tandis que la plupart des pays d'Asie ont fait des progrès importants en matière de pacification, dans l'établissement d'une administration efficace, en matière de libertés politiques et de croissance économique, la Birmanie s'est atrophiée", estimait en janvier un rapport de l'International Crisis Group.

Selon cet influent groupe de réflexion, le "plus grand obstacle aux réformes en Birmanie" vient justement de l'énergie que dépense la vieille garde de l'armée à soutenir sa thèse que "seul un Etat fortement centralisé, conduit par les militaires, peut maintenir l'unité du pays". Mais, pour Sunai Phasuk, en maintenant le référendum, le régime "fait une erreur encore plus grosse" que lors de l'augmentation surprise des prix des carburants à l'origine des manifestations emmenées par des bonzes l'an dernier et violemment réprimées par les forces de sécurité.

"Ils ont eux-mêmes fourni (...) de solides raisons à des soulèvements plus graves", estime-t-il. "La junte a elle-même réduit son temps au pouvoir".

 

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Esclavage

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