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Chili: à Futaleufu, on vit sous la cendre et la menace du volcan Chaiten
Avec trois bidons d'eau potable et quelques caisses de nourriture, Remigio Ramos comptait samedi tenir le plus longtemps possible dans
sa maison de pierre à Futaleufu, petit bourg de la Patagonie chilienne enseveli sous la cendre crachée par le volcan Chaiten tout proche.
"Je ne partirai pas d'ici même de force. Je ne vais pas laisser ma maison et mon unique cheval", a affirmé ce charpentier de 63 ans devant la maison qu'il a lui-même construite et qu'il partage aujourd'hui avec Melba Ibanez, 55 ans.
A 150 km de là, le volcan Chaiten crache depuis une semaine d'épais nuages de cendres qui ont recouvert une grande partie de la région, y compris en Argentine voisine.
A Futaleufu, environ 280 des 2.000 habitants au total ont pourtant choisi de rester sous la menace permanente du volcan et sans eau potable ou nourriture.
La cendre est partout, dans les rues, sur les toits des maisons, les branches des
cyprès et les étals des magasins désertés, s'insinuant jusque dans les maisons.
Après plus d'une semaine d'éruption du Chaiten, le bourg est toujours recouvert d'un manteau gris, semblable à de la neige un peu sale, qui lui donne l'aspect d'une ville fantôme. Tout autour, le paysage est lunaire, invariablement gris là où le vert des pâturages de cette région agricole et touristique a presque complètement disparu.
La plupart des femmes et des enfants ont abandonné le bourg pour chercher refuge dans la région ou en Argentine, dont la frontière se trouve à dix kilomètres à peine. Mais beaucoup d'hommes ont préféré rester pour s'occuper du bétail.
"Les gens du gouvernement nous demandent de nous en aller, mais nous n'allons pas abandonner nos animaux", affirme José Garcia, dont la femme et les enfants ont trouvé refuge à Puerto Montt, ville chilienne située plus au nord.
Le gouvernement chilien n'a pas ordonné l'évacuation de Futaleufu, mais à Chaiten, petite ville au pied du volcan entré en éruption le 2 mai, les 4.000 habitants ont tous quitté leur maison.
José Garcia a réussi à déplacer une cinquantaine de ses vaches vers le sud du Chili et compte vendre le reste de son bétail. Mais on ne lui offre que la moitié du prix qu'il avait dépensé pour les acheter. Avec d'autres éleveurs, ils négocie avec les autorités chiliennes le versement d'indemnités pour compenser le manque à gagner.
Dans le bourg, des habitants, masques sur le visage, font sagement la queue dans le gymnase pour retirer eau potable et nourriture distribuées par des militaires chiliens.
"Beaucoup de gens sont partis, mais moi je reste, même si je dois mourir ici", affirme Toribio Baeza Miranda, 52 ans, le visage couvert
de cendres, juché sur une charrette chargée de foin et poussée par un cheval. Il possède une quinzaine de chevaux et pendant l'été austral, de décembre à mars, il emmène d'habitude des touristes
dans la montagne pour gagner sa vie. Mais cette année, il redoute les conséquences du réveil du Chaiten.
Sources AFP
Posté par Adriana Evangelizt
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