L'alcool facilite le mensonge

Publié le par Adriana Evangelizt



L'alcool facilite le mensonge



L'alcool perturbe le fonctionnement du "détecteur d'erreurs" du cerveau, estompe la différence entre la vérité et le mensonge. Tel est le résultat de travaux menés par des neurophysiologues russes, rapporte le site nkj.ru.

Que se passe-t-il dans le cerveau de l'homme quand il ment, et juste avant qu'il ne mente? La prise d'alcool influe-t-elle sur ces processus dans le cerveau? Ces questions ont fait l'objet d'une étude conduite par une équipe de spécialistes de l'Institut du cerveau de l'homme de l'Académie des sciences russe de Saint-Pétersbourg, sous la direction de Sviatoslav Medvedev. La réponse est claire: on ment plus facilement sous l'emprise de l'alcool.

Cette étude a été réalisée sur 13 individus de sexe masculin en bonne santé, âgés de 18 à 45 ans. Le test a été effectué aussi bien sur des sujets n'ayant pas bu que sur des sujets ayant absorbé préalablement une certaine quantité de vodka (dosée individuellement en fonction du poids de chacun). Lors du test, des flèches apparaissaient sur un écran d'ordinateur, se déplaçant de manière aléatoire vers le haut ou vers le bas. Les personnes testées étaient invitées à indiquer la direction dans laquelle partait la flèche, en cliquant pour ce faire sur la souris. Elles avaient pour instruction d'essayer de tromper l'ordinateur: elles devaient apporter des réponses soit justes, soit fausses, et l'ordinateur devait à son tour dire si ces réponses étaient bonnes ou non (on avait fait croire aux personnes testées que l'ordinateur disposait d'un programme spécial, alors qu'en fait il répondait de manière aléatoire). Les personnes testées gagnaient si l'ordinateur validait une réponse fausse ou ne validait pas une réponse pourtant juste.  

Pendant ce petit jeu, l'électroencéphalogramme des personnes testées était enregistré grâce à des électrodes fixées sur leur tête. Les chercheurs ont étudié, sur ces électroencéphalogrammes, certaines oscillations électriques - les potentiels provoqués (PP) - qui reflètent l'activité des structures du cerveau. Les PP, qui sont composés d'ondes positive et négative, apparaissaient au moment où les sujets testés cliquaient sur le bouton de la souris et au moment où ils prenaient conscience qu'ils avaient gagné ou perdu.

Il s'est avéré que chez les sujets n'ayant pas bu, le PP apparaît plus tard pour une réponse fausse que pour une réponse vraie. Les neurophysiologues expliquent cela par le fait que pour apporter une réponse mensongère, l'homme doit mobiliser davantage de ressources au niveau du cerveau. Sous l'effet de l'alcool, cette différence disparaît. On peut penser, estiment les chercheurs, que dans le contexte d'une prise d'alcool, mentir ne requiert pas d'efforts extraordinaires. L'alcool modifie aussi la structure des PP: si, à l'état normal, une réponse mensongère s'accompagne d'une onde négative plus importante qu'une réponse juste, dans le contexte d'une prise d'alcool, ce tableau s'inverse.

Les neurophysiologues voient ce reflet du mensonge à travers le concept de "détecteur d'erreurs" du cerveau. Ce détecteur intervient lorsqu'il y a désaccord entre un événement et la "matrice" conservée dans la mémoire. Chez un individu dans un état normal, le mensonge est perçu par l'individu lui-même comme une erreur. Un individu peut mentir, car il en tire parti, mais dans son cerveau le détecteur d'erreurs se met en marche. Mais la prise d'alcool perturbe le fonctionnement de ce détecteur: le mensonge n'est plus alors perçu comme quelque chose d'incorrect. Autrement dit, sous l'effet de l'alcool, les mécanismes du contrôle de soi inconscient sont perturbés. Et il devient alors plus facile de mentir.

Sources
Ria Novosti

Posté par Adriana Evangelizt

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