La Terre peut-elle perdre le nord ?

Publié le par Adriana Evangelizt

Un article interessant qui parle de l'inversion des pôles magnétiques qui a déjà eu lieu des tas de fois depuis que la planète existe. Ils disent que l'inversion des pôles entraîne la disparition de certaines espèces animales. Ne peut-on pas penser que la disparition des abeilles serait un indice de l'inversion imminente ?


La Terre peut-elle perdre le nord ?



Non seulement la Terre peut perdre le nord, mais cela lui est déjà arrivé plusieurs fois. Si l'homme avait disposé d'une boussole il y a 800 000 ans, il aurait ainsi pu constater que notre pôle Nord était au pôle Sud et que notre pôle Sud était au pôle Nord. C'est à cette époque que s'est produite la dernière inversion magnétique des pôles en date. Mais plus on remonte dans le temps, plus on en trouve. On estime aujourd'hui que ces inversions se sont produites à raison de cinq fois en moyenne par million d'années.

Mais la route scientifique a été longue pour en arriver là. Après la découverte par les Chinois, aux alentours de l'an mille, du magnétisme de la Terre et de la boussole, cinq siècles vont s'écouler avant la première explication documentée du phénomène. C'est William Gilbert, le médecin d'Élisabeth I d'Angleterre, au XVIe siècle, qui montre qu'un globe uniformément aimanté peut produire un champ magnétique à deux pôles.

Faire d'un gigantesque aimant l'explication du champ magnétique terrestre perdura longtemps. Ce n'est qu'après la découverte de la pile électrique par Volta en 1800 et les premières observations des propriétés du courant électrique, qu'Ampère va en caractériser les «émanations» magnétiques. C'est donc tout naturellement qu'il propose que le champ magnétique de la Terre soit le résultat d'un ensemble de piles électriques disséminées dans la planète. Ce qui n'est pas tout à fait exact.

L'une des théories actuelles expliquant le champ magnétique terrestre estime que des courants électriques naissent dans le noyau de la planète, une partie de celui-ci étant liquide et en mouvement. L'intérieur de la Terre agirait donc comme une énorme dynamo. C'est l'invention, à la fin du XIXe siècle, du magnétomètre, appareil capable de mesurer l'intensité du champ magnétique, qui va débloquer les choses.

Puis l'Italien Melloni va découvrir que toute roche volcanique renferme sa propre aimantation. Et il fait l'hypothèse que cette aimantation a été acquise lors du refroidissement de la lave. Laquelle aurait ainsi enregistré le champ magnétique régnant à ce moment-là. La «mémoire magnétique» de la Terre était découverte. Mais il faudra attendre la mise au point par le physicien anglais Patrick Blackett d'un magnétomètre capable de mesurer des champs magnétiques très faibles pour que cette «mémoire» des roches puisse être réellement lue. On y trouve la position des pôles au cours du temps, la position du pôle Nord magnétique, qui zigzague autour du pôle Nord géographique, et l'intensité du champ magnétique. On a donc pu reconstituer une partie du «climat» magnétique de ces 600 derniers millions d'années en interrogeant les roches volcaniques.

 

Rayons solaires et cosmiques

 

D'après ce que l'on sait aujourd'hui, il n'y a apparemment pas de cycle fixe d'inversion. On estime qu'une inversion se fait sans doute en quelque 5 000 ans, mais que la polarité obtenue peut soit subsister des dizaines de millions d'années, soit osciller beaucoup plus rapidement, tous les 100 000 ans environ. Il semble aussi que l'intensité du champ puisse s'affaiblir d'un facteur 10 au cours de ces inversions, voire disparaître complètement pendant un court laps de temps.

Ce qui expliquerait, selon certains, des extinctions massives d'espèces. Car le champ magnétique de la Terre n'a pas pour seule utilité de diriger nos boussoles. Il nous protège également des rayons solaires et cosmiques particulièrement nocifs pour la vie terrestre. Sans compter qu'à l'ère de l'électronique une inversion des pôles ferait peut-être perdre la tête à bon nombre de nos ordinateurs. Une chose est sûre, il y aura encore inversion des pôles. Mais nul ne peut dire quand.


Sources
Le Figaro

Posté par Adriana Evangelizt  

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