Israël ordonne à ses hôpitaux de se préparer à faire face à un séisme

Publié le par Adriana Evangelizt



Israël ordonne à ses hôpitaux de se préparer à faire face à un séisme après les nombreuses secousses au Liban-Sud


Sismologie - Les séismes à Srifa ne seraient pas dus à une petite faille, selon le CNRS


de Suzanne BAAKLINI


Les hôpitaux israéliens ont été appelés à faire face aux effets d’un éventuel séisme dévastateur dans le nord d’Israël, selon une lettre du directeur général du ministère de la Santé rendue publique hier.

« Depuis la mi-février 2008, une activité tellurique anormale a été relevée au sud du Liban, où quelque 500 séismes de magnitude 2 sur l’échelle de Richter ont été constatés en trois mois », écrit le professeur Avi Yisraeli dans cette lettre, dont une copie est parvenue à l’AFP.

« En mai, les secousses sont devenues plus importantes et ont été ressenties dans le nord d’Israël, étayant la possibilité qu’un tremblement de terre plus fort atteignant une magnitude de 6 degrés sur l’échelle de Richter ne se produise au Liban et qui aurait des effets sur les agglomérations du nord d’Israël et ses infrastructures », ajoute-t-il. Le professeur Yisraeli a en conséquence demandé aux responsables des hôpitaux du nord d’Israël de prendre les mesures adéquates « afin
de minimiser les risques ».

Interrogé à la radio publique, le ministre israélien des Infrastructures, Binyamin Ben Eliezer, a de son côté indiqué avoir récemment présenté un rapport en ce sens au gouvernement. L’Institut national israélien de géophysique a régulièrement signalé ces derniers mois de faibles secousses telluriques dont l’épicentre se trouvait au Liban.

Pour sa part, le Centre de géophysique du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS) au Liban a multiplié les mises en garde concernant cette activité tellurique hors du commun constatée au Sud (plus particulièrement à Srifa, caza de Tyr) depuis le 12 février, le séisme le plus puissant ayant eu lieu le 15 février, d’une magnitude de 5,1 degrés sur l’échelle de Richter. Depuis, comme l’a indiqué le secrétaire général du CNRS, Mouïn Hamzé, vendredi dernier, lors d’une réunion au Parlement, plus de 800 secousses ont été enregistrées. Par ailleurs, ce que cette réunion avait également démontré, comme nous l’avions alors remarqué, c’est que malgré les discussions qui se sont intensifiées dernièrement à ce niveau,
aucun véritable plan de sauvetage n’est au point en cas de séisme majeur.

Interrogé par L’Orient-Le Jour sur cette dépêche venue d’Israël, le directeur du Centre de géophysique, Iskandar Sursock, a assuré que sur le plan des événements sismiques au Liban, rien de nouveau n’est constaté par rapport au moment où le centre a lui-même alerté pour la première fois le gouvernement libanais sur les risques de la situation.
« Tout ce qu’il y a, c’est qu’Israël possède une autorité pour la prévention des catastrophes, estime-t-il. Ce sont des mesures ordinaires et basiques pour vérifier si leurs dispositifs de secours sont en place. »

M. Sursock explique que le Liban se trouve en présence d’une « activité sismique originale, dont nous n’avons pas vu de pareille en cent ans ». « De plus, poursuit-il, cette activité a lieu là où on ne l’attendait pas, au niveau de failles cachées sans rien de visible que les secousses à la surface. C’est une activité sismique que nous pouvons qualifier d’essaim, c’est-à-dire qu’elle procède par boursées, avec des événements sismiques très concentrés dans le temps. »

Comme rien n’est visible à la surface, attribuer cette activité sismique à une faille particulière devient un réel défi pour les sismologues. « Actuellement, nous nous basons sur l’analyse des sismographes pour estimer que cette activité ne peut être causée par une petite faille et peut être attribuée au grand système de failles libanais, sans que l’une ou l’autre de ces failles en soit seule responsable, poursuit-il. Ce qui nous fait envisager la probabilité d’un séisme pouvant causer de larges dommages dans ces régions et alentour, tout comme il y a probabilité que la terre s’agite comme cela durant des mois. Personne, dans ces cas, ne peut trancher. Mais il faut prendre les mesures de prévention dans tous les cas, c’est une occasion à saisir puisque la nature nous envoie un avertissement. »

M. Sursock a appelé à la mise en place d’un plan qui prendrait en compte un événement de cette ampleur, avec des prévisions pour l’évacuation, pour les secours, et pour les contacts avec l’étranger en prévision d’éventuelles aides, parce que nul pays ne peut faire face seul à une telle situation. En d’autres termes, prendre les choses au sérieux et se préparer à toutes les éventualités, notamment en vérifiant la capacité des hôpitaux à accueillir des blessés, les écoles à accueillir des réfugiés...

Sources
Lorient le Jour

Posté par Adriana Evangelizt

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