Ces Chinois qui ne verront pas les Jeux

Publié le par Adriana Evangelizt

Le régime qui règne en Chine est odieux pour le Peuple.Quand on lit :  La plupart des Chinois sont désormais libres de choisir leur conjoint, leur lieu de résidence et leur travail. Ils peuvent également s'exprimer librement, du moins en privé. La politique, le monopole du pouvoir, le religieux et la souveraineté nationale demeurent toutefois des zones taboues, où la ligne rouge peut être vite franchie. Il n'existe pas davantage de liberté de la presse ni d'espace de débat démocratique. Ce sont les limites d'un Etat autoritaire." Pour nous, c'est un Etat totalitaire. Point. Vous rendez-vous compte... les Chinois sont désormais libres de choisir leur conjoint, leur lieu de résidence et leur travai. Pourquoi ? Avant ils n'avaient pas le droit ?


Ces Chinois qui ne verront pas les Jeux


par Frédéric Koller


Répression renforcée, arrestations nombreuses. Avec ou sans JO, la situation des droits de l'homme demeure médiocre et évolue très lentement en Chine.

Le 8 juillet, à un mois des Jeux olympiques, le Quotidien du peuple publiait un éditorial intitulé «Pékin embrasse le monde». Le principal organe de presse du Parti communiste chinois expliquait que la Chine serait en mesure d'organiser «un rendez-vous olympique de haut niveau avec des caractéristiques chinoises». C'est un bon résumé du malentendu qu'ont provoqué ces Jeux. Lors de sa candidature, Pékin laissait entendre que les JO favoriseraient un alignement de la Chine sur les pratiques internationales y compris en matière de droits de l'homme. Aujourd'hui, Pékin rappelle que tout ce que la Chine importe est adapté à ses conditions. Sous le couvert de discours culturalistes - discours en vogue en Asie aussi bien que dans les milieux économiques occidentaux -, la Chine justifie un régime répressif. Ces fameuses «caractéristiques chinoises» sont le faux nez de la dictature. 

  Pour qui avait pris les autorités chinoises - et le Comité international olympique (CIO) qui s'est fait leur fidèle propagandiste - au mot, la déception est aujourd'hui importante. Depuis l'automne, un nouveau cycle de répression frappe toute forme de contestation de l'ordre au nom de la «stabilité» des Jeux. On ne compte plus les arrestations, détentions arbitraires et intimidations à travers tout le pays. Au nom des Jeux, de nombreux Pékinois récalcitrants ont été «harmonisés» (en référence au slogan d'«harmonie sociale» du président Hu Jintao), c'est-à-dire déplacés ou muselés. Dernier exemple en date, l'avocate Ni Yulan, 48 ans, a été arrêtée en avril sous l'accusation de «complot». Torturée par la police il y a quelques années pour avoir dénoncé les violences policières dans le cadre de démolitions forcées d'habitats du vieux Pékin, elle s'était par la suite muée en activiste des droits de l'homme. Selon son mari, elle a à nouveau été battue lors de sa détention.

L'organisation non gouvernementale Amnesty International (AI) n'a pas tort d'affirmer que la répression à l'encontre des défenseurs des droits de l'homme s'est aggravée en Chine, et cela «non pas malgré les Jeux mais à cause des Jeux».

La secrétaire générale d'AI, Irène Khan, s'est fendue d'une lettre ouverte à Hu Jintao pour demander cinq mesures: libérer l'ensemble des prisonniers d'opinion; mettre un terme aux détentions arbitraires; publier les statistiques sur les peines capitales et imposer un moratoire sur les exécutions; offrir une liberté totale aux médias et, enfin, faire la lumière sur les arrestations et le nombre de morts lors des troubles de Lhassa en mars dernier.

«La Chine fait des progrès, et tous ceux qui sont dénués de préjugés peuvent le reconnaître», a rétorqué Qin Gang, le porte-parole du Ministère chinois des affaires étrangères. Affirmant que la Chine populaire avait toujours essayé d'améliorer les droits de l'homme, il a précisé: «Cela ne changera pas parce que nous organisons une activité particulière, et le développement de la Chine ne sera pas décidé, ou mesuré, en fonction des critères de certains pays, peuples ou organisations

Ce discours, qui a l'avantage d'être clair, rappelle que les Jeux olympiques n'auront aucun impact sur l'état des libertés et que la Chine suit son propre rythme dans le domaine des droits de l'homme. L'alibi de la transformation de la Chine par les JO est tombé. On peut en effet juger que l'ouverture de la Chine et l'évolution de l'espace des libertés en Chine ces dernières années n'avaient rien à voir avec les JO. Quant à la répression actuelle - à moins d'une crise -, elle devrait se relâcher dans les mois qui suivront les Jeux, lorsque le pouvoir n'aura plus à craindre de perdre la face. Reste, à la veille de ces JO, à évaluer l'état de ces libertés, qui seront l'envers du décor de la fête. Le pouvoir chinois et la grande majorité de la population les évaluent dans un temps long, ou à tout le moins en comparaison avec l'ère du maoïsme. De ce point de vue, il est indéniable que l'évolution est sensible. La Chine n'est plus un Etat totalitaire, bien que ses organes de sécurité en ait préservé certains réflexes qui redeviennent apparents ces jours-ci. La plupart des Chinois sont désormais libres de choisir leur conjoint, leur lieu de résidence et leur travail. Ils peuvent également s'exprimer librement, du moins en privé. La politique, le monopole du pouvoir, le religieux et la souveraineté nationale demeurent toutefois des zones taboues, où la ligne rouge peut être vite franchie. Il n'existe pas davantage de liberté de la presse ni d'espace de débat démocratique. Ce sont les limites d'un Etat autoritaire.

Sources
Le Temps

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Esclavage

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
Bonjour, Afin de faire avancer le débat sur les JO de Pékin, je viens de créer<br /> une communauté dédiée à cet événement. N'hésitez pas à nous rejoindre. http://www.over-blog.com/com-1055858682/Jeux_Olympiques_de_Pekin.html
Répondre