Les derniers secrets de la préhistoire - Déjà, le réchauffement climatique...

Publié le par Adriana Evangelizt




Les derniers secrets de la préhistoire

Déjà, le réchauffement climatique...



Il y a 12 000 ans, le niveau des mers s'est brutalement élevé de plus de 100 mètres à la suite de la fonte des glaces. Le paléolithique s'achevait et la brillante civilisation de Lascaux disparaissait.


Sous l'effet du réchauffement climatique actuel, le niveau des mers va-t-il s'élever de 3 mètres d'ici à 2100 ? Le cri d'alarme aujourd'hui poussé par les scientifiques ferait bien rire nos lointains ancêtres de la préhistoire. Car l'espèce humaine, limitée à 2 ou 3 millions d'individus pour l'ensemble de la planète, a dû alors survivre à un changement climatique d'une ampleur dantesque, sans commune mesure avec celui causé aujourd'hui par les gaz à effet de serre.

Ce bouleversement écologique - à l'origine de notre climat actuel - s'est produit aux alentours de 10000-9000 avant Jésus-Christ, non pas brutalement, semble-t-il, mais par lentes oscillations. On a émis plusieurs hypothèses pour l'expliquer : déplacement de l'axe terrestre, gigantesque éruption volcanique, action de taches solaires... Quoi qu'il en soit, en fondant, les glaciers - qui recouvraient notamment tout le nord de l'Europe - ont libéré d'énormes masses liquides. Les eaux ont envahi de nombreuses terres, avançant de plus de 100 kilomètres sur certaines côtes, éliminant sans doute de nombreux groupes humains. Des collines sont devenues des îles, des plaines se sont transformées en marécages ou en lacs. C'est alors, par exemple, que l'entrée et la plupart des galeries de la grotte Cosquer, à Marseille, aujourd'hui située à 37 mètres sous le niveau de la mer, ont été submergées.


De froid, sec et ensoleillé, le climat est peu à peu devenu tempéré, semblable à celui qu'on connaît aujourd'hui. La faune adaptée à la steppe et à la toundra, notamment les rennes, est remontée vers le nord, tandis que les mammouths n'ont pas survécu à la fin de la glaciation. C'est tout le mode de vie de Cro-Magnon, fondé sur la chasse au grand gibier, qui a ainsi périclité.


Pour des milliers d'années, l'homme va cependant rester un chasseur nomade, mais, hormis chez certains groupes qualifiés d'« épipaléolithiques », restés fidèles au mode de vie antérieur, il va se transformer de plus en plus en cueilleur, en pêcheur et en ramasseur de mollusques. La sagaie, adaptée à la chasse aux grands animaux en milieu découvert, va être remplacée par l'arc, qui permet le tir de précision dans le couvert forestier. Les pointes et instruments de silex se miniaturisent alors à l'extrême, au point qu'on les qualifie de « microlithes ».


L'homme du mésolithique (du grec « mesos », intermédiaire) change également de croyances
. Le monde conceptuel, religieux et idéologique des chasseurs archaïques était en effet étroitement lié au bestiaire figuré sur les parois de Chauvet ou de Lascaux. Comme l'écrit le préhistorien Jean Airvaux, « la raréfaction puis la disparition de la grande faune ont sûrement causé un profond désarroi chez ces hommes, auxquels le monde des ancêtres, des esprits et les animaux tant vénérés échappait à tout jamais. Mais l'homme a de grandes facultés d'adaptation : il a su faire face à la nouvelle situation en puisant dans les ressources qui se trouvaient déjà en gestation dans les anciennes cultures ». Sur le territoire français, les grottes sanctuaires et leurs somptueuses peintures une fois abandonnées, l'art des cavernes cède la place à un art schématique, plus ingrat, tirant vers l'abstraction, sur des galets gravés.


L'apparition de l'agriculture, ce changement décisif dans l'histoire de l'humanité, est aussi considérée par certains chercheurs comme une conséquence à long terme de ce bouleversement. Dès 12000 avant Jésus-Christ, l'homme avait testé localement un mode de vie sédentaire près des points d'eau, dans des sites favorisés. Contraint de s'adapter à la nouvelle donne, il va, de fil en aiguille, domestiquer plantes et animaux. Née simultanément dans différents foyers à partir de 8000 avant Jésus-Christ, cette « révolution néolithique » se propagera lentement en Europe à partir du Moyen-Orient, sous forme d'un front pionnier, refoulant les dernières populations de chasseurs-cueilleurs. Mais l'homme ne perdra pas la mémoire du traumatisme climatique qui a changé le cours de son histoire. Car, dans le mythe universel du Déluge, narré par la Bible ou par les légendes incas, certains préhistoriens voient bel et bien le souvenir de ce cataclysme et des changements radicaux qu'il a entraînés.

Sources
L'Express

Posté par Adriana Evangelizt

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