L'Indonésie sous la menace d'un nouveau grand séisme

Publié le par Adriana Evangelizt



L'Indonésie sous la menace d'un nouveau grand séisme


Le tremblement de terre à l'origine du tsunami de décembre 2004 n'a relâché qu'une petite partie des contraintes qui se concentrent le long de la faille où la plaque indienne glisse sous l'Indonésie.

Un séisme aussi puissant que celui qui avait provoqué le tsunami de décembre 2004 au large de l'île de Sumatra est susceptible de se reproduire dans la région (Nature, 4 décembre 2008). De magnitude 9,2 sur l'échelle de Richter, il a causé, selon les estimations actuelles, la mort de 216 000 à 232 000 personnes en Asie du Sud, principalement en Indonésie. C'est l'un des quatre plus importants survenus au cours des cent dernières années.


Quand ce nouveau séisme pourrait-il se produire ? Les auteurs de l'étude pilotée par Jean-Philippe Avouac, un géologue français qui dirige l'observatoire de tectonique rattaché au Caltech (Institut de Californie de Technologie), se gardent bien d'avancer une date. Mais, pour eux, il est clair que l'événement catastrophique de décembre 2004, survenu dans le nord à la hauteur de Banda Aceh, et les autres séismes importants qui se sont produits ensuite n'ont pas relâché toutes les contraintes. Ces dernières s'accumulent à cet endroit de la croûte terrestre depuis 1833, année où s'est produit un énorme séisme. À chaque fois qu'un segment «craque», la tension s'accroît sur ceux qui n'ont pas encore rompu, et beaucoup d'énergie reste ainsi accumulée.

«Il reste énormément d'énergie»

La zone la plus exposée se trouve maintenant près des îles Mentawai, en face de la grande ville côtière de Padang comptant 800 000 à 900 000 habitants. «C'est le seul segment qui n'a pas encore relâché grand-chose. Il reste énormément d'énergie», explique Jean-Philippe Avouac. La rupture brutale de décembre 2004 avait provoqué des mouvements verticaux de plusieurs mètres sur des milliers de kilomètres. Un événement identique pourrait donc se produire là-bas.


Dans cette partie du globe, la plaque indienne plonge sous la plaque indonésienne à la vitesse de 5 centimètres par an le long d'une faille longue elle aussi de plusieurs milliers de kilomètres. Dans cette zone dite de subduction, au large des côtes de Sumatra, les séismes sont extrêmement fréquents. C'est ainsi qu'en septembre 2007 deux tremblements de terre de magnitude 8,4 et 7,9 sur l'échelle de Richter ont été enregistrés en deux jours. On assiste actuellement à une sorte de crise sismique et celle-ci n'est pas encore terminée, estime Jean-Philippe Avouac.


Pour mener à bien leurs travaux, les sismologues s'appuient sur des mesures géodésiques des déplacements horizontaux et verticaux des plaques effectuées au GPS à partir de stations permanentes ainsi que sur des données radar et satellite, des mesures de terrain à partir de coraux indicateurs de soulèvement, des enregistrements sismiques. Pour finir, la modélisation permet de traiter l'ensemble des données et de bâtir des scénarios.


À l'image de ce qui se passe au large de Sumatra, il existe d'autres régions du monde où s'accumulent des contraintes très fortes : au large du Pérou, dans le nord de l'Inde et au Népal, ainsi qu'en Californie.

Publié dans Catastrophes

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