Algues vertes : La polémique enfle en Bretagne

Publié le par Adriana Evangelizt








ALGUES VERTES



La polémique enfle en Bretagne




Des centaines de personnes ont manifesté dimanche sur la plage de Saint-Michel-en-Grève dans les Côtes d'Armor en soutien à son maire, après la mort sur cette plage d'un cheval qui pourrait avoir été tué par des gaz émanant d'algues vertes en décomposition. Venus en famille, ils étaient 400 à 500 manifestants selon la préfecture, un millier selon les organisateurs, réunis sur la plage de cette petite commune balnéaire où l'animal est mort début août après s'être enlisé dans une zone où se trouvaient des amas d'algues. Son cavalier, qui avait perdu connaissance, avait pu être sauvé par des témoins intervenus très rapidement.

L'un des manifestants, déguisé en l'Ankou (symbole breton de la mort), représentait la dangerosité de la prolifération de ces algues, les ulves, qui, en état de décomposition, dégagent de l'hydrogène sulfuré.

Présent au rassemblement, l'avocat du cavalier a indiqué que son client avait décidé de porter plainte contre X "dans les jours à venir" pour blessures involontaires, mise en danger de la vie d'autrui et mort involontaire du cheval. "Vincent Petit, le cavalier, ne met pas en cause personnellement le maire de Saint-Michel-en-Grève, mais le code des collectivités territoriales implique le maire comme responsable de la sécurité publique sur les plages", a précisé Me Vincent Le Luyer aux manifestants.

Des nitrates agricoles impliqués


Une dizaine de maires des communes voisines étaient venus soutenir leur collègue René Ropartz, réclamant "enfin des mesures" contre la prolifération des algues vertes liée à la pollution des eaux par l'agriculture et l'élevage intensifs, un casse-tête quotidien pour des dizaines de communes bretonnes depuis plus de 30 ans. Des associations écologistes présentes à la manifestation ont d'ailleurs appelé à signer des plaintes individuelles contre le préfet des Côtes d'Armor, accusé de n'avoir "pris aucune mesure visant à faire cesser cette pollution (...) des cours d'eau par les nitrates agricoles, à l'origine des marées vertes".

En octobre 2007, l'État, qui a fait appel de la décision, avait été jugé par le tribunal administratif de Rennes responsable de la prolifération des ulves sur le littoral breton.
"La mort du cheval peut être l'occasion pour que les choses bougent et que l'on fasse enfin quelque chose", a souligné de son côté M. Ropartz, maire de la commune de 480 habitants, qui va devoir dépenser 150.000 euros cette année pour le ramassage des algues indésirables. "Le sujet n'a même pas été abordé au Grenelle de l'environnement, on n'est pas entendus par les différentes autorités de l'État", a-t-il regretté.

Évoquant la situation sanitaire de cette côte bretonne, Pierre Philippe, médecin urgentiste à Lannion (Côtes d'Armor), a confirmé que les algues pouvaient être mortelles "dans certains cas en état de putréfaction", conseillant de "ne pas approcher d'un tas en décomposition". "Les algues vertes constituent un préjudice énorme", a déploré de son côté Mario Scotto, patron de l'hôtel de la Plage, dernier hôtel de la commune qui en comptait encore six dans les années 1950.

Sources
Le Point

Posté par Adriana Evangelizt
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