L'île aux esclaves naufragés de Tromelin garde une partie de ses secrets

Publié le par Adriana Evangelizt

L'île aux esclaves naufragés de Tromelin

garde une partie de ses secrets

Photo non datée des vestiges d'une habitation construite par les naufragés du navire "l'Utile" échoué le 31 juillet 1761 sur l'îe de Tromelin, à 500 km de Madagascar et de La Réunion

 


L'île aux esclaves naufragés de Tromelin, dans l'océan Indien, conserve une partie de ses secrets après une première campagne de fouilles menée en octobre et novembre, ont reconnu mercredi les responsables de la mission lors d'une conférence de presse tenue à Paris.

Les recherches, menées à la fois sur terre et sous la mer, ont mis au jour un four, des soubassements d'habitation et divers objets issus de l'épave du navire "l'Utile", qui s'y était échoué le 31 juillet 1761.

Une partie de l'équipage et soixante esclaves originaires de Madagascar avaient réussi à prendre pied sur cet îlot désolé d'un kilomètre carré. L'équipage parvint à construire une embarcation de fortune et quitta les lieux en promettant aux esclaves de venir les rechercher. La promesse ne sera tenue que quinze ans plus tard: seuls sept femmes et un bébé purent être sauvés.

Les dix membres de l'équipe de fouille ne s'attendaient pas à de grandes découvertes sur le site de l'épave, battu par le ressac et situé dans une zone régulièrement balayées par les typhons. En revanche, ils espéraient trouver, ce qui n'a pas été le cas, des sépultures de naufragés décédés.

Les chercheurs ont bien retrouvé des structures de pierre faites avec grand soin par des mains humaines. "Leurs dimensions pouvaient laisser penser à une sépulture, mais elles étaient vides", a précisé l'archéologue Thomas Romon.

Pour le président de l'Institut national de recherches archéologiques préventives (Inrap) Jean-Paul Demoule, cet îlot situé à 500 kilomètres de Madagascar et de la Réunion a été "un laboratoire de re-fabrication d'une société humaine à partir de presque rien". "Les naufragés ont réinventé une culturelle matérielle et probablement spirituelle que nous pourrons appréhender lorsqu'on aura retrouvé les nécropoles", a-t-il souligné.

Le promoteur de l'expédition Max Guérout, du groupe de recherche en archéologie navale (Gran), a souligné qu'une nouvelle expédition était difficilement envisageable pour des raisons logistiques avant 2008.

"Ce sera une expédition plus légère que la première puisque la partie sous-marine ne reprendra pas", a-t-il dit. "Un temps contesté, l'intérêt archéologique de cette île est désormais prouvé et nous avons des chances réelles de retrouver des sépultures", a ajouté M. Guérout.

M. Guérout a relevé le "soin apporté à la construction des murs en blocs de corail, à la réparation des six gamelles" de cuivre retrouvées sur le site. "On n'a pas l'impression de gens écrasés par leur sort, mais de gens qui essayaient, avec ordre et méthode, de survivre".

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Histoire des hommes

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B
nous sommes une association artistique de la Réunion (ASOI) et nous avons demander à des artistes de s'exprimer à travers leurs arts respectifs sur l'histoire de ces Hommes et Femmes qui ont survécu 15 ans sur cette île inhospitalière.<br /> Ces gens considérés alors comme des objets, ont fait montre de leur trés grande Humanité!
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