L'Astrolabe ou la délicate mission de ravitaillement des bases en Antarctique

Publié le par Adriana Evangelizt

L'Astrolabe ou la délicate mission de ravitaillement

 des bases en Antarctique


 



Le ravitailleur français l'Astrolabe en novembre 2006, dans la base Dumont d'Urville en Terre Adélie

 

 

 

Lourdement chargé, l'Astrolabe a quitté en cette mi-janvier le petit port d'Hobart, en Tasmanie (Australie), pour remplir une mission essentielle à la recherche en Antarctique: le ravitaillement des deux bases françaises, Dumont d'Urville et Concordia.

Construit à l'origine pour desservir des plates-formes pétrolières, le petit ravitailleur de 65 mètres de long effectue désormais chaque été austral cinq "rotations" entre Hobart et la Terre Adélie, des traversées effectuées
dans des mers souvent démontées où rôdent des icebergs.

"La présence de glaces n'a rien de stressant", note le commandant, Xavier Le Bras : les plus gros sont détectés au radar et les plus petits, non dangereux, scarifient à chaque saison la peinture de la coque.

Le navire est le seul moyen utilisé pour apporter leurs moyens de subsistance et de recherches aux scientifiques qui occupent les deux bases françaises toute l'année. Une piste d'aviation construite au début des années 1990 sur l'île du Lion, près de Dumont d'Urville, a en effet été irrémédiablement endommagée lors d'une tempête en 1994, avant même son inauguration.





Antarctique, principales bases et statut international

 

L'Astrolabe, du nom de l'un des deux navires commandés par Jules Sébastien César Dumont d'Urville lors de sa découverte de la Terre Adélie (1840) est affrété par l'Institut polaire français Paul-Emile Victor (Ipev). Pour ce voyage de la mi-janvier, il transporte plus de 120 tonnes de marchandises - matériels scientifiques, denrées alimentaires -, 350 tonnes de fuel pour les bases et 31 passagers - scientifiques, techniciens.

Lors de la première rotation de l'été austral, en octobre, la banquise formée l'hiver autour du continent antarctique n'a pas encore totalement dégelé. L'Astrolabe reste alors bloqué entre 30 et 60 km de la côte. Le débarquement des hommes et du matériel s'effectue alors par hélicoptère.

Le dernier départ de la station Dumont d'Urville, en mars, a lieu au début de l'embâcle, avant que les glaces de mer ne puissent resserrer leur étreinte sur le navire.

Pour les vivres, le fuel ou les appareillages destinés à la nouvelle base franco-italienne de Concordia, à 1.100 km à l'intérieur du continent, une autre aventure commence après leur débarquement. Chargés sur de gigantesques traîneaux tirés par des tracteurs à chenille, ils chemineront pendant 11 jours sur la calotte glaciaire à la vitesse de 10 km/h. Parfois dans le blizzard, toujours dans un froid de -20° à -40° C.

L'organisation de ce ravitaillement est extrêmement complexe. L'acheminement des charges les plus lourdes doit commencer en effet deux ans avant leur arrivée à destination à Concordia.

Parties de France pour Hobart vers le mois de juin, elles sont transportées en fin d'année jusqu'à Dumont d'Urville. Là, elles doivent attendre l'hiver austral pour être emportées, sur la banquise nouvellement formée entre l'île des Pétrels où se trouve Dumont d'Urville, et le continent, où a été montée la petite base logistique à Cap Prud'homme.

Puis il leur faut encore patienter jusqu'à l'été austral suivant pour gagner en traîneaux Concordia à travers la calotte glaciaire, en se jouant de crevasses pendant la première partie du trajet.

Chaque année, ce cordon ombilical est renouvelé pour apporter nourriture et matériel aux scientifiques qui, génération après génération, suivent sans interruption depuis 50 ans l'évolution du grand continent blanc.

Sources AFP


Posté par Adriana Evangelizt



Publié dans Arctique-Antarctique

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