Les propos de Bush sur l'énergie déçoivent les défenseurs du climat

Publié le par Adriana Evangelizt

On en revient à ce que je disais là...

Les propos de Bush sur l'énergie

déçoivent les défenseurs du climat


Les défenseurs du climat ont été déçus : George Bush, dont le pays reste le premier émetteur de gaz à effet de serre, s'est davantage focalisé mardi soir sur l'indépendance énergétique des Etats-Unis que sur la lutte contre le réchauffement.

Dans son discours annuel sur l'état de l'Union, qui suscitait beaucoup d'attentes sur le sujet, le président américain a toutefois qualifié le changement climatique de "problème mondial sérieux".

"Un pas dans la bonne direction", a soutenu l'économiste britannique Nicholas Stern, auteur du rapport Stern sur le coût du changement climatique, qui se trouvait mercredi au Forum économique de Davos.

Le plus haut responsable du climat aux Nations unies, Yvo de Boer, a également jugé ces propos "très encourageants", notamment l'objectif annoncé de réduire de 20% la consommation d'essence aux Etats-Unis en dix ans en misant sur l'éthanol. Et la député française de droite Nathalie Kosciusko-Morizet, rapporteur de la mission parlementaire sur l'effet de serre, a salué "un changement de pied remarquable".

M. de Boer escompte toujours que les Etats-Unis rejoindront les négociations climatiques multilatérales engagées sous l'égide de l'Onu : "Essayer de combattre le changement climatique sans la participation des Etats-Unis n'a pas de sens", souligne-t-il, alors qu'est attendu début février à Paris le verdict de la communauté scientifique sur l'ampleur du phénomène.

Et c'est là que les attentes des ONG environnementalistes ont été déçues.

"Il s'est arrangé pour continuer d'éviter le problème, garantissant aux fermiers américains de nouvelles subventions sous couvert d'agir en faveur de la crise énergétique", a estimé Steve Sawyer, responsable Climat à Greenpeace international.

"Mais rien n'indique que ça aura le moindre effet sur les émissions américaines et en l'absence d'objectifs contraignants, il n'y aura aucun moyen de le mesurer", a-t-il ajouté.

Les Etats-Unis sont responsables d'environ un quart des émissions mondiales de dioxyde de carbone (CO2), le principal des gaz à effet de serre liés à la consommation de pétrole, de gaz et de charbon.

Les mesures annoncées ne visent que le secteur des transports, responsable d'un tiers environ des émissions américaines de GES, remarque Eileen Claussen, présidente du Pew Institute on Global climate change.

"Si nous voulons vraiment lutter de manière raisonnable, il nous faut une approche à la fois économique et contraignante", estime-t-elle.

C'est ce qu'ont plaidé lundi neuf grands groupes américains parmi lesquels Alcoa, General Electrics et DuPont, rassemblés sous la bannière du Partenariat américain en faveur d'une action pour le climat (USCAP), en réclamant des objectifs de réduction des GES et la création d'un mécanisme permettant le commerce des droits d'émissions, comparable au marché européen du carbone.

"En celà, il est complètement à la traîne de l'opinion américaine et du Congrès, désormais prêts à agir contre le changement climatique, c'est-à-dire au-delà des seules initiatives technologiques", a commenté Jennifer Morgan, experte Climat-Energie de l'ONG E3G, basée à Londres.

"L'approche sérieuse consisterait à adopter des réductions obligatoires et à accroître l'efficacité énergétique et la part des énergies renouvelables".

Les démocrates, qui contrôlent le congrès depuis le début de l'année, espèrent d'ailleurs imposer un objectif de réduction des émissions, et la présidente de la Chambre des Représentants, Nancy Pelosi, a annoncé la création d'une commission parlementaire consacrée au réchauffement climatique et à l'indépendance énergétique.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article