L'Antarctique

Publié le par Adriana Evangelizt

Le premier drapeau posé sur l'Antarctique fût français...

L'Antarctique

L’Antarctique (substantif féminin, du grec ἀνταρκτικός, « opposé à l’Arctique ») est un continent situé au pôle Sud de la Terre. Il est presque entièrement recouvert de glace, et comprend les régions les plus froides de la planète.

Avec une superficie de 13,9 millions de kilomètres carrés, l’Antarctique est plus petit que l’Asie, l’Afrique, l’Amérique du Nord et l'Amérique du Sud. Il ne possède aucune population permanente, mais un millier d'habitants temporaires qui sont des personnes travaillant dans le cadre de missions scientifiques.


Histoire 

Une histoire liée à la forme de la Terre


Son histoire est très liée aux nombreuses hypothèses concernant la forme de la Terre.

La plupart des sources s'accordent pour affirmer que c'est Aristote qui nomme le premier ce continent. En effet, les Grecs pensent à l'époque que la Terre étant une sphère symétrique, il lui faut nécessairement un point d'équilibre, un ""pivot" (polos en grec) de part et d'autre de l'équateur : l'Arctique (Arktos en grec) et son opposé (anti), l'Antarctique (Antarktos). Arktos signifie « ours », en référence à la constellation d'étoiles indiquant le nord, encore appelée aujourd'hui « Petite Ourse ».

Au IIe siècle, Ptolémée (astronome grec), est persuadé que le continent existe, au point d'affirmer que ses terres sont habitées et cultivées, mais restent inaccessibles au reste de la Terre à cause d'une grande bande de terre infranchissable abritant des monstres.

Mais au Moyen Âge, les savants abandonnent les réflexions sur ce continent, trouvant étrange que Dieu ait oublié une partie de sa Création sur ces terres si reculées. On se met à repenser que la Terre est plate, ce qui exclut l'existence de l'Antarctique (d'un point de vue géographique).
On y repense à partir du XVe siècle, lorsque Bartolomeu Dias de Noveas et Vasco de Gama découvrent de nouvelles terres. Ces derniers dépassent le cap de Bonne Espérance (au sud de l'Afrique) et réfutent ainsi l'hypothèse d'un continent africain étendu jusqu'aux plus hautes latitudes Sud. Néanmoins, lorsque Ferdinand Magellan contourne le sud du continent américain, il découvre qu'il y existe un détroit difficile à franchir, et au-delà duquel un épais manteau neigeux apparaît sous un climat très froid.

Du coup les géographes de l'époque émettent l'hypothèse qu'un immense continent appelé continent Austral sur les planisphères de l'époque existe et qu'il serait continu de la Terre de Feu à l'Australie.





Les premiers pas vers la découverte

Dès 1578, Francis Drake, envoyé par le gouvernement anglais pour explorer le Pacifique, est entraîné par la tempête au sud de la Terre de feu. Il aperçoit des manchots sur une île.


En 1599, le Hollandais Dirk Gerritz (nl:Dirck Gerritsz), emporté par une tempête loin de son escadre jusqu'aux îles Shetland du Sud, est le premier navigateur à franchir le cercle polaire antarctique (latitude 66° 33' sud).

Au cours du XVIIe siècle, d’autres navigateurs, en tentant de franchir le cap Horn, sont poussés vers l'Antarctique par des tempêtes et aperçoivent des montagnes recouvertes de neiges et de glaces.

En 1738, Jean-Baptiste Charles Bouvet de Lozier, missionné par la Compagnie des Indes pour découvrir des terres inconnues et y établir des comptoirs, découvre une île brumeuse qu'il prendra pour un continent : l'actuelle île Bouvet (54° 26' de latitude Sud).

En 1772, Nicolas Thomas Marion-Dufresne, secondé par le capitaine Julien Crozet à bord du Mascarin, découvre les îles Froides (aujourd’hui l’archipel du Prince-Édouard) et l’île Aride (l’actuelle île de l'Est de l’archipel Crozet).

Au cours de sa deuxième expédition, comprenant les navires la Resolution et l'Adventure, James Cook explore les mers australes à la recherche d'un hypothétique continent austral.

Parti du cap de Bonne-Espérance le 22 septembre 1772, il est arrêté à deux reprises par la banquise et regagne la Nouvelle-Zélande après avoir dépassé le 61e parallèle.

Le 30 janvier 1774, la Resolution rencontre la banquise après deux mois de navigation au sud de la Nouvelle-Zélande et avoir franchi le 70e parallèle pour la première fois dans l'histoire. Cook découvre alors une plaine de glace, dans laquelle il compte quatre-ving-dix-sept montagnes de glace, très larges et ressemblant à une chaîne de montagne s'élevant les unes sur les autres et se perdant dans les nuages.

S'avançant jusqu'à 71° 10' de latitude sud et 106° 54' de longitude ouest (position proche de l'île Thurston, mer d'Amundsen), il entend des « penguins » (manchots) et aperçoit quelques oiseaux, mais se persuade de l'absence de terres dans cette mer et renonce à chercher un passage vers le sud à travers les glaces.

La barrière de Ross en 1997




L'exploration du continent

Au XIXe siècle, de nombreux bateaux viennent pêcher le phoque le long des rives du continent.

C'est le 21 janvier 1840 que des explorateurs français, commandés par Dumont d'Urville plantent leur drapeau sur les terres antarctiques. Quelques jours plus tard, c'est au tour de la flotte américaine de Charles Wilkes d'y parvenir. La découverte est alors controversée.

La première expédition scientifique est envoyée en 1839 par les Britanniques, grâce à une association entre la British Association for the Advancement of Science et la Royal Society. Elle comprend des médecins, des naturalistes et des botanistes.

En 1897-1898, l'expédition d'exploration scientifique du Belgica, menée par le commandant Adrien de Gerlache, se compose d'un équipage international avec Roald Amundsen pour second lieutenant. Ce dernier participera à la course au pôle Sud géographique, et sera le premier à y parvenir, le 15 décembre 1911, en un temps réduit grâce à l'usage de skis et de chiens de traineau.

En 1946, les États-Unis, à l'initiative de l'amiral Richard Evelyn Byrd, organisent la plus importante expédition qui sera jamais envoyée dans l'Antarctique, l’opération Highjump :

4 700 personnes ;
13 bateaux dont un porte-avions ; 25 avions, dont deux hydravions PBY Mariner.
L'opération Highjump sera suivie l’été austral suivant (1947-1948), par l’opération Windmill au motif de sous-exposition des clichés pris lors de la campagne précédente.



La conquête scientifique du continent

Une base scientifique


Le Traité sur l'Antarctique est signé le 1er décembre 1959 à Washington par 12 pays (l'Argentine, l'Australie, la Belgique, le Chili, la France, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la Norvège, l'Afrique du Sud, l'URSS (actuelle Russie), le Royaume-Uni, l'Irlande du Nord et les États-Unis. À l'heure actuelle, 45 États l'ont ratifié.

Géographie

Situation

L'Antarctique est entouré par l'océan Antarctique, recouvert par une banquise d'épaisseur et d'étendue variable en fonction de la saison, mais qui peut dépasser le 60e parallèle au printemps austral.

Les navigateurs à la recherche du continent austral ont donc d'abord rencontré les îles (cf. liste des îles de l'Antarctique) libres de glace pendant la plus grande partie de l'année, comme :

#
l'île Bouvet ;

# la Géorgie du Sud ;

# les îles Shetland du Sud ;

# les îles Orcades du Sud.


Relief

Monts Erebus, île de Ross

 

L'Antarctique est coupé en deux parties inégales par les Monts Transantarctiques, chaîne de montagne de 2500 km de long, formant une courbe en « S » depuis la côte de la mer de Weddell (face à l’île Berkner) jusqu'à la côte de l'océan Antarctique face aux îles Balleny. Ces monts bordent la barrière de Ross sur près de 1000 km ; c'est là que se trouvent les plus hauts sommets (en s'éloignant du pôle Sud) :

- le mont Fridtjof-Nansen, 4069 m ;
- le mont Kirkpatrick, 4569 m ;
- le mont Markham, 4351 m.


Cependant, le point culminant de l'Antarctique se trouve dans les monts d'Ellsworth, au massif Vinson à 4897 m ; ces monts dominent la partie la plus occidentale de la mer de Weddell (barrière de Ronne).

La partie du continent délimitée par les monts Transantarctiques et qui fait face aux océans Atlantique et Indien est appelée Antarctique orientale. Elle forme un plateau d'environ 10 millions de kilomètres carrés, recouvert d'une importante couche de glace : celle-ci atteint ainsi une altitude maximale de 4030 m à proximité du centre de ce plateau, alors que le soubassement rocheux ne dépasse guère les 1000 m.

L'autre partie du continent est appelée Antarctique occidentale ; elle comprend la terre Marie Byrd, la terre d’Ellsworth et la péninsule Antarctique, dont la partie la plus large est la terre de Palmer, alors que son étroite extrémité nord constitue la terre de Graham.

C'est dans la péninsule Antarctique que se trouvent la plupart des zones non glacées du continent, où affleure la roche. Cette péninsule est environnée de nombreuses îles, dont la plus grande île de l'Antarctique, l’île Alexandre-Ier (49 070 km²), qui borde à l'ouest la terre de Palmer ; reliée au continent par une étendue glacée (le détroit George-V), cette île fut appelée terre Alexandre-Ier jusqu'à la mise en évidence de son insularité.

Glace australe

L'inlandsis, qui recouvre la majeure partie des terres, s'étend localement sur la mer en barrières de glace permanentes, comme les barrières de Ronne et de Filchner sur la mer de Weddell (à l'est de la péninsule Antarctique), ou la barrière de Ross sur la mer de Ross ; ces barrières de glace flottante se confondent presque avec la partie continentale glacée sur l'image de gauche (ci-dessus), mais ressortent en bleu-vert sur l'image de droite.

Volume des glaces continentales
Couche de glace de l’Antarctique orientale 26 039 200 km³
Couche de glace de l’Antarctique occidentale 3 262 000 km³
Péninsule Antarctique 227 100 km³

Le volume des glaces qui recouvre le continent Antarctique approche les 30 000 000 km³, ce qui correspond à une épaisseur moyenne de l'inlandsis supérieure à 2000 m.

L’altitude moyenne calculée au-dessus du niveau de la glace étant voisine de 2300 m, l’altitude moyenne du continent (le soubassement rocheux) ne dépasse donc pas quelques centaines de mètres, ceci même sans comptabiliser les régions « continentales » dont l’altitude est inférieure au niveau de la mer (comme la fosse subglaciale de Bentley, en Antarctique orientale, dont le point le plus bas se trouve à 2499 m en-dessous du niveau de la mer).

L’Antarctique comporte également de nombreuses étendues d’eau subglaciaires, dont la plus grande est le lac Vostok, avec une superficie de 14 000 km². Les forages dans cette région ont permis de mesurer l'épaisseur de la calotte de glace qui est de 3,6 Km.

Climat

Le continent Antarctique détient le record de la température la plus basse du monde, avec -89 °C à la base de Vostok (base russe installée en 1957) :

# pendant l'hiver austral, la température peut atteindre -70 °C dans les terres et -35 °C sur les côtes ;

# en été, la température varie entre -35 °C dans les terres et 5 °C sur les côtes.

# L'inlandsis qui recouvre la quasi totalité de la superficie du continent, atteint plus de 4500 m d'épaisseur par endroits ; elle constitue 90 % de l'eau douce du globe.

Malgré toute la neige et la glace qui recouvre l'Antarctique, une partie importante du continent, dont les précipitations annuelles sont inférieures à 50 mm, peut être assimilée à un désert.

En tant que zone géographique au climat polaire, l'Antarctique est ainsi peu propice à la vie et aux activités humaines.

Flore et faune

L'Antarctique est l'une des huit écozones ou régions biogéographiques terrestres.

L’océan Antarctique contient une biomasse importante grâce à des eaux très riches en nutriments et en oxygène. Une véritable frontière de brume le sépare des autres océans quand la température passe en quelques kilomètres de 6 à 16 °C en moyenne.

La faune marine, très poissonneuse, comprend également :

- cachalots
- calmars
- dauphins
- orques
- rorquals
- et surtout le krill, constitué de petits crustacés, qui est la nourriture de base des baleines, manchots, phoques.


Les côtes et les îles renferment de nombreux oiseaux :

- albatros
- cormorans
- fulmars
- manchots
- pétrels
Enfin, plusieurs espèces de phoques peuplent le littoral. En revanche, il n'y a que très peu d'animaux au milieu des terres continentales, et ceux-ci restent proches d'organismes microscopiques. Quelques espèces de plantes poussent en Antarctique.

Activité économique

Certains états maintiennent une présence humaine permanente ou semi-permanente, dans des bases à vocation essentiellement scientifique. Ces bases sont ravitaillées par la mer pendant l'été polaire, lorsque le retrait ou la diminution de l'épaisseur de la banquise permet aux navires de s'approcher suffisamment des côtes.

Des expéditions scientifiques sont notamment envoyées dans le cadre du programme ANSMET pour la recherche et la récolte de météorites, disponibles en quantité sur le continent.

La beauté des paysages et la richesse de la faune favorisent une activité touristique modeste, car non encouragée.

Politique

Le continent antarctique fait actuellement l'objet d'un régime juridique défini par le Traité sur l'Antarctique de 1959. Ce traité reconnaît le continent comme une terre propice à la recherche scientifique, et dans ce cadre, à la coopération internationale.

Le Traité sur l'Antarctique établit également un "gel" des prétentions territoriales. En effet, en raison de la proximité géographique de leur métropole ou par intérêt géostratégique ou économique (au vu des probables ressources naturelles que comporte son sous-sol), des États ont revendiqué des portions du continent.

La plupart des portions sont des sortes de tranches partant du pôle Sud, allant jusqu'à l'océan, et dont les bords sont des méridiens. Dans certains cas, ces secteurs sont même revendiqués par plusieurs États (la péninsule Antarctique est ainsi revendiquée par l'Argentine, le Chili et le Royaume-Uni).

Les sept États qui revendiquent une partie du continent austral sont :

# l'Argentine, depuis 1943 : revendique un secteur couvrant la quasi totalité du Territoire britannique de

# l'Antarctique, l'Antarctique argentine ;

# l'Australie, depuis 1933 : 2 secteurs situés de part et d'autre de la Terre Adélie constituant le Territoire australien de l'Antarctique (6 119 818 km²) ;

# le Chili, depuis 1940 : revendique un secteur compris entre le méridien 90° de longitude Ouest et un méridien passant légèrement à l'est de l'archipel des îles Shetland du Sud, le Territoire chilien de l'Antarctique ;

# la France, depuis 1924 et 1938 : territoire de 432 000 km² appelé Terre Adélie, et district des Terres australes et antarctiques françaises ;

# la Norvège, depuis 1939 : territoire de 2 000 000 km² appelé Terre de la Reine-Maud, ainsi que l'île Pierre-Ier (243 km²), à l'ouest de la péninsule Antarctique ;

# la Nouvelle-Zélande, depuis 1923 : territoire de 450 000 km² appelé Dépendance de Ross ;

# le Royaume-Uni, depuis 1908 : territoire d'1 950 000 km² appelé Territoire britannique de l'Antarctique

Fiction

  • La Nuit des temps, de René Barjavel où les Expéditions polaires françaises découvrent deux cryonautes humains appartenant à une civilisation vieille de 900 000 ans surprise par la rotation soudaine de l’axe terrestre.

  • Antarctica, surnommée Mars la blanche, un roman par Kim Stanley Robinson

  • Les Sarcophages du 6e continent, tomes 1 et 2, une bande dessinée de Blake et Mortimer par Yves Sente et André Juillard.

  • Les Montagnes hallucinées, (At the Mountains of Madness, 1931), une nouvelle de Howard Phillips Lovecraft dans laquelle une expédition scientifique découvre une cité perdue au milieu de l'Antarctique.

Sources Wikipedia

Posté par Adriana Evangelizt



Publié dans Arctique-Antarctique

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