L'Astrolabe approche de la terre Adélie

Publié le par Adriana Evangelizt

 

 

Antarctique: après cinq jours de traversée,

 les scientifiques approchent de la base Dumont d'Urville

L'Astrolabe sur la base Dumont D'Urville en février 2004


Après cinq jours éprouvants de traversée de l'océan Austral, les scientifiques à bord de l'Astrolabe se harnachent pour approcher la base Dumont d'Urville, sur cette Terre Adélie que l'explorateur Paul-Emile Victor appelait "une autre planète".

Depuis le large, les bâtiments de la base scientifique se détachent en couleurs vives sur les rochers et la glace de l'île des Pétrels à quelques encâblures de la côte du continent antarctique.

Une dizaine de bâtiments rectangulaires aux parois rouges, vertes ou orangées tranchent sur la blancheur des glaciers et le gris de la roche de l'archipel de Pointe Géologie, dont fait partie cette île.

La station, qui porte le nom du navigateur français Jules Sébastien César Dumont d'Urville, découvreur de la Terre Adélie en 1840, ancre depuis l'Année géophysique internationale (AGI) 1956-1958 une présence française permanente sur le continent antarctique.

Une centaine de personnes pendant l'été austral et une trentaine l'hiver, scientifiques, techniciens, médecin, y vivent en autarcie la moitié de l'année.

"Dumont d'Urville, c'est en fait un campus de l'Institut polaire français Paul-Emile Victor (Ipev)", explique le directeur de cet organisme, Gérard Jugie. "Vous avez un endroit pour dormir, c'est la cité universitaire, un endroit pour manger, c'est le resto-U, une centrale d'énergie, et un service technique qui fait tourner tout ça. Et le reste, ce sont des laboratoires".

Les recherches portent aussi bien sur la géophysique (ionosphère, ozone, sismologie...) que la biologie animale, la médecine, la glaciologie.

Certaines études ont commencé il y a plus d'un demi siècle dans cette "oasis" pour des oiseaux dont les manchots empereurs (présents entre avril et décembre et rendus célèbres par le film "La marche de l'empereur", tourné ici), les omniprésents manchots Adélie ou les pétrels qui profitent des rochers proches pour se reproduire.

Dès 1950, une station scientifique avait été installée non loin de là par les Expéditions Polaires Françaises, à Port-Martin. Détruite en 1952 par un incendie, elle fut remplacée sur l'île des Pétrels par un observatoire temporaire, la Base Marret, fermée à son tour en 1953.

Les bâtiments de la base Dumont d'Urville actuelle, érigée depuis le milieu des années 50 représentent aujourd'hui 5.000 m2.

C'est "un petit village" avec son "maire", où il ne manque qu'une église et son clocher, décrit le chef de district, Franck Gérard: un bloc regroupe restaurant, cuisine, boulangerie, bibliothèque-auditorium, salle de jeux et de réunion, un autre abrite les chambres des hivernants et l'infirmerie. D'autres encore sont consacrées aux vivres, à la centrale électrique, etc.

Dumont d'Urville offre tout le confort possible pour subir les assauts du froid (- 37° Celsius en hiver) et des rafales à 300 km/h qui descendent la calotte glaciaire vers l'océan.

La station étant sur une île, il a fallu construire sur le continent une petite base annexe, Cap Prud'homme, utilisée comme support pour le départ des traversées de ravitaillement, les "raids", vers la base franco-italienne de Concordia, sur le Dôme C, à 1.100 km de là.

La piste aérienne près de la base Dumont d'Urville

qui n'a jamais été utilisée



Sur un autre îlot, du Lion, se trouvent les vestiges d'un aérodrome dont la construction avait été vivement contestée au début des années 1990. Endommagée en 1994, avant même sa mise en service, la piste n'a jamais servi. Inutile, la tour de contrôle se dresse encore, tel un phare aveugle sur une côte sans navigation.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Arctique-Antarctique

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