Histoire de l'Egypte ancienne 3ème partie

Publié le par Adriana Evangelizt

Avant-derniière partie des règnes de l'Egypte ancienne. Il y est question d'Akhénaton et de Moïse. Car n'oublions pas que Moïse était Egyptien.

Histoire de l'Egypte ancienne

Datation des règnes de l'Egypte ancienne

 

3éme partie

2ème partie

1ère partie

Tableau de Butvila le Magnifique

 

Deuxième période intermédiaire

La naissance de la XIIIème dynastie, qui correspond l'avènement de la Deuxième Période Intermédiaire, n'engendre aucun bouleversement particulier... Le Nouvel Empire constitue la période la mieux connue et la plus faste de l'Egypte ancienne.

XIIIème et XIVème dynastie

La liste des rois de la XIIIème et de la XIVème dynastie ainsi que l'ordre de succession présentent de très grandes incertitudes

La naissance de la XIIIème dynastie, qui correspond pour les historiens à l'avènement de la Deuxième Période Intermédiaire, n'engendre aucun bouleversement particulier. Les périodes d'équilibre et de stabilité alternent, en Egypte comme à l'extérieur des frontières. Les forces centrifuges provinciales contribuent à l'affaiblissement du pouvoir central des souverains d'origine thébaine qui succèdent à ceux de la XIIe dynastie. L'Egypte, qui se morcelle en plusieurs royaumes et principautés, devient une proie facile.

Ouégaf Ier


Sekhem-Rê-Khoutaoui


Amenemhat V Sekhemka-Rê
Le nom d'Amménémès ou Amenemhat signifie "Amon est en avant". Il a été porté par quatre pharaons de la XIIème dynastie et trois pharaons de la XIIIème dynastie.

Séhétépib-Rê


Amenemhat VI Séankhka-Rê
Le nom d'Amménémès ou Amenemhat signifie "Amon est en avant". Il a été porté par quatre pharaons de la XIIème dynastie et trois pharaons de la XIIIème dynastie.

Hornedjhéritef


Sébekhotep Ier


Réniseneb


Séhétépib-Rê


Hor Ier


Amenemhat VII Sedjefaka-Rê
Le nom d'Amménémès ou Amenemhat signifie "Amon est en avant". Il a été porté par quatre pharaons de la XIIème dynastie et trois pharaons de la XIIIème dynastie.

Sésostris IV Seneferib-Rê
Le nom Sésostris signifie "l'homme de la déesse Ousert ". Il a été porté par trois pharaons de la XIIème dynastie et deux pharaons de la XIIIème dynastie.

Khendjer


Smenkhka-Rê


Sébekhotep III


Néferhotep Ier
Le pouvoir de Neferhotep Ier, qui règnera 11 ans, se limite essentiellement au sud du pays. Le sixième nome de Basse-Egypte, dont le chef-lieu, Xoïs (Qedem, à proximité de Kafr el-Cheikh), est gouverné par une dynastie parallèle qui porte le nom de XIVème dynastie.

Sahathor


Sébekhotep IV
Le règne de Sobekhotep IV, frère de Neferhotep Ier, durera 8 ans. Il s'exercera sur une zone géographique réduite.
Salitis gouverne pendant vingt ans, probablement depuis Memphis, un royaume comprenant le Delta et la Vallée jusqu'à Gebelein ainsi que les pistes caravanières qui permettent de faire la jonction avec ses alliés nubiens. Cet état de fait durera jusqu'au règne d'Apophis Ier qui délèguera une partie de son autorité à une branche hyksôs vassale, improprement appelée XVIème dynastie par Manéthon.

Sébekhotep V


Aï succède à Sébekhotep V, successeur de Sobekhotep IV, frère de Neferhotep Ier qui régnera 8 ans sur une zone géographique réduite.

Néferhotep II


Néferhotep III Sekhemka-Rê Seankhtaoui


Iaib


Iy


Ini


Dédoumésiou


Sénebmiou


Montouemsaf

Les Hyksôs

L'afflux continu de main-d'oeuvre asiatique, particulièrement sous Amenemhat III, bouleverse les équilibres démographiques dans le Nord du pays. Les Hyksôs (déformation grecque du mot égyptien heqaoukhasout signifiant les chefs des pays étrangers), population d'origine asiatique implantée dans le Delta depuis plusieurs générations, mettent à profit l'arrivée de nouveaux migrants en provenance du Proche-Orient pour étendre leur influence et s'emparer progressivement du pouvoir. Ils provoquent une partition de fait d'un pays dont le pouvoir officiel sera cantonné dans le Sud. La chronologie de cette période est assez confuse. Manéthon énumère 34 rois qui auraient régnés sur le royaume du Sud, tandis que la liste des chroniques énumère 176 souverains hyksôs qui auraient régné 184 ans sur le royaume du Nord.

Les souverains Hyksôs se proclament alors pharaons à part entière et exercent leur influence jusqu'en Moyenne-Egypte à partir de leur capitale, Avaris (Hout-Ouret, "le grand château"), située dans le Delta oriental. Le royaume du Sud de l'Egypte est réduit aux huit premiers nomes situés entre Eléphantine et Abydos. Le roi hyksôs Yaqoub-Har (ou Iaqoub-Baal), vassal émancipé de Salitis, règnera environ dix-huit ans. Il entretiendra de bonnes relations avec les trois rois de Thèbes qui succèderont à Sékhem-Rê Ouahkha-Rê-Hotep : Antef V "l'Ancien", Antef VI puis Sobekemsaf II, le mieux connu des rois de la XVIIème dynastie. Khyan succèdera à Yaqoub-Har.

La progression des Hyksôs d'Avaris jusqu'au Nord d'Héliopolis s'étend sur une période d'environ un demi-siècle et semble avoir été réalisée de manière pacifique. L'organisation du pouvoir des Hyksôs adopte le moule politique égyptien. Leur culture sera épargnée par cette assimilation bien qu'ils adoptent l'écriture hiéroglyphique. Leur religion reprend en partie le panthéon égyptien autour de Seth d'Avaris et les pharaons hyksôs continuent à porter le nom de Rê dans leur titulature. Les autorités religieuses se contentent d'accentuer les caractères sémitisants des divinités. Les Hyksôs tenteront de s'allier aux Nubiens pour réduire les Thébains et unifier le pays à leur profit.

Le roi nubien nommé Nédjeh, qui prend le pouvoir et installe sa capitale à Bouhen, règne d'Eléphantine à la Deuxième Cataracte. Son alliance avec les Hyksôs, durera jusqu'à ce que Kamosé s'empare de Bouhen. Cette première victoire donnera naissance à la l'exploitation d'un sentiment nationaliste par les princes thébains déchus qui assimileront la lutte contre les Hyksôs à une guerre de religion. Le dieu Soleil appellera à chasser les ennemis et demandera le rétablissement du bel ordre égyptien contre les puissances du chaos. Le prince thébain Ahmosis remporte plusieurs victoires qui le conduiront aux portes de la ville d'Avaris. La capitale du delta finira par se rendre. La victoire sur les Hyksôs et leur expulsion marque la fin de la XVIIème dynastie et constitue le mythe fondateur du Nouvel Empire.

XVIIème dynastie

Période allant d'environ de 1650 à 1580 avant Jésus-Christ

Sékhem-Rê Ouahkha-Rê-Hotep

La XVIIème dynastie, issue d'une branche locale de la XIIIème dynastie, est fondée par Sékhem-Rê Ouahkha-Rê-Hotep dans la ville de Thèbes. Les souverains règneront pendant trois-quarts de siècle sur les huit premiers nomes de la Haute-Egypte, entre Eléphantine et Abydos. Privé de ressources économiques, ils maintiendront en vie le flambeau de la civilisation du Moyen Empire et donneront naissance au mouvement qui chassera les Hyksôs d'Egypte et assurera une nouvelle réunification du pays. Les successeurs de Sékhem-Rê Ouahkha-Rê-Hotep, Antef V "l'Ancien", Antef VI puis Sobekemsaf II, entretiennent de bonnes relations avec les Hyksôs. Le règne de Sobekemsaf II, d'une durée de 18 ans, est plutôt tranquille et prospère. Les règnes de Djéhouty, Montouhotep VII et Nebiryaou Ier, contemporains du roi hyksôs Khyan, ne marqueront pas l'histoire.

Antef VII

Les relations entre les royaumes de Haute et de Basse-Egypte semblent avoir été fertiles en échanges commerciaux au cours des règnes d'Antef VII à Thèbes et d'Apophis Ier du côté Hyksôs. Le climat changera radicalement à la fin du règne d'Apophis Ier et durant celui d'Apophis II. Taâ Ier, dit "l'Ancien " successeur d'Antef VII, laissera sa place à Séqénenrê Taâ II, dit "le Brave".

Ouadjkheper-Rê Kamès (Kamôsis)
Date de fin règne approximative : 1580 avant Jésus-Christ

Kamôsis, fils d'Antef VII, prendra le contrôle des pistes caravanières qui assurent les communications entre le Nord et la Nubie.

Le Nouvel Empire

Période allant d'environ de 1570 à 1085 avant Jésus-Christ

XVIIIème dynastie thébaine

Période allant d'environ de 1570 à 1320 avant Jésus-Christ

La XVIIIème dynastie compte parmi les mieux connues et les plus grandioses de l'Egypte ancienne. Les Ahmosides donneront naissance à une lignée de souverains (quatre Thoutmosis et trois Aménophis, sans oublier la célèbre Hatchepsout) qui marqueront l'histoire. La reconquête du pays est suivie de sa réorganisation. Les structures administratives mises en place par les Hyksôs, qui avaient prouvé leur efficacité, semblent avoir été partiellement reprises.

Libérée et réunifiée, l'Egypte part à la conquête des pays ennemis qui l'entourent afin de couper court à tout risque de menaces extérieures. Les campagnes d'expansion et d'appropriation vont assurer plusieurs décennies de prospérité. L'ouverture sur le Proche-Orient entraîne la reprise de l'importation de matières premières, notamment l'argent et l'or d'Asie et de Nubie, le lapis-lazuli d'Asie centrale, la turquoise du Sinaï. Des alliances avec des souverains vassaux permettent d'étendre l'influence du Nouvel Empire jusqu'aux rives de l'Euphrate.

Thèbes, ville dans laquelle se déversent les butins rapportés et le produits des nombreux échanges commerciaux, accumule les richesses. Memphis en profite également. Les temples, monuments et statues colossales sortent de terre. L'élévation du niveau de vie entraîne le recrutement de mercenaires étrangers qui viennent renforcer l'armée égyptienne et participent à la colonisation des terres conquises. Le clergé d'Amon, le dieu thébain, devient une puissance à part entière qui étend son pouvoir à l'administration de la ville.

Nebpehti-Rê Ahmès
Nom grec : Ahmôsis
Période de règne approximative : 1570 à 1546 avant Jésus-Christ

L'heure de la reconquête a sonné. Elle sera l'oeuvre d'Ahmosis et s'échelonne sur plusieurs années dans le Delta, conduisant successivement à la prise de Memphis puis d'Avaris. La domination hyksôs ne sera réellement anéantie que lorsque les troupes égyptiennes s'empareront de la place forte de Charouhen, base arrière des Hyksôs dans le Sud-Ouest palestinien. Le Nord du pays libéré, Ahmosis part à la conquête de la Nubie afin d'achever l'oeuvre de réunification du pays. Il laissera à son fils Aménophis Ier, à l'issue d'un règne de 25 années, un pays libéré ayant retrouvé les frontières qui étaient les siennes à la fin du Moyen Empire.

Ahmès-Néfertary

A la mort d'Ahmosis, son épouse Ahmès-Néfertary assure la régence pour son fils, Aménophis Ier.

Djeserka-Rê Amenhotep
Nom grec : Aménophis Ier
Période de règne approximative : 1546 à 1526 avant Jésus-Christ

Le règne de ce dernier, qui durera 21 ans, sera épargné de conflits militaires. Mitanni commence cependant à contester la présence égyptienne à proximité de l'Euphrate. L ?Egypte connaît une période prospère même si cette période ne laisse derrière elle que peu de monuments. La tombe d'Aménophis Ier, qui n'a pas été localisée, se trouve peut être à Dra Abou'l-Naga. Le souverain est le premier à séparer sa sépulture du temple funéraire. Cette initiative sera reprise par ses successeurs qui construiront sur la rive occidentale de Thèbes leur "Demeure des Millions d'Années". Son successeur Thoutmosis Ier inaugurera la nécropole de la Vallée des Rois. Aménophis Ier disparaîtra sans laisser d'héritier direct. Son fils Amenemhat est mort avant lui.

Aakhéperka-Rê Thoutmès
Nom grec : Thoutmosis Ier
Période de règne approximative : 1525 à 1512 avant Jésus-Christ

La succession revient à Thoutmosis Ier, descendant d'une branche collatérale. Thoutmosis Ier est très certainement le fils qu'Aménophis Ier a engendré avec l'une de ses concubines, Seneneb. Il hérite du trône par son mariage avec la princesse héréditaire Ahmès, sa demi-soeur. Il mène une campagne dans le Sud et terrasse une révolte nubienne en l'an 2 de son règne. La Nubie est divisée en cinq principautés dont le gouvernement est confié à des nubiens soumis. Il fait campagne dans le pays de Kouch, au-delà de la quatrième cataracte qui constituait la frontière du pays. De retour, il fait dégager le canal Sehel.

Ses campagnes militaires dans le Nord du pays le conduisent en Syrie, dans le Retenou, et en pays de Canaan. Il poursuit jusqu'à la rive Ouest de l'Euphrate dans le pays de Naharina. Il fera creuser sa tombe dans la Vallée des Rois. Elle porte aujourd'hui le numéro 38. Sa momie sera découverte dans la cachette de Deir el-Bahari. Thoutmosis Ier compte parmi les pharaons qui ont entrepris de nombreux travaux d'agrandissement et d'embellissement à Karnak. Le temple primitif sera entouré d'un péristyle dans lequel il déposera des statues du roi représenté en Osiris. Les 4ème et 5ème pylônes sont également contemporains de sa période de règne ainsi que les deux obélisques de granit rose devant le 4ème pylône.

Aakhéperen-Rê Thoutmès
Nom grec : Thoutmosis II
Période de règne approximative : 1512 à 1504 avant Jésus-Christ

Le couple formé par Thoutmosis Ier et Ahmès donnera naissance à une fille, Hatchepsout, et un garçon, Aménémès, qui ne régnera pas. Hatchepsout épouse son demi-frère, né d'une relation entre Thoutmosis Ier et sa concubine, qui monte sur le trône sous le nom de Thoutmosis II. Ce pharaon poursuit l'oeuvre de son père et maintien la domination égyptienne dans la région en prenant la tête de deux campagnes militaires, l'une en Nubie, l'autre en Palestine. Il disparaît prématurément. Thoutmosis II et Hatchepsout n'auront pas d'héritiers mâles mais une fille, Néférourê. Le roi aura par ailleurs un fils d'une épouse secondaire, Thoutmosis III qui épousera sa demi-soeur Néférourê.

Maka-Rê Hatschepsout
Période de règne approximative : 1503 à 1482 avant Jésus-Christ

Thoutmosis III est trop jeune pour succéder à son père. Hatchepsout épouse alors son énergique et ambitieux neveu et exerce la régence avant de se faire couronner et prendre la titulature de pharaon. Thoutmosis III n'assumera qu'un rôle de corégent dépourvu de pouvoirs. La nouvelle reine justifie cette usurpation en mettant entre parenthèses le règne de son époux, Thoutmosis II, et en s'inventant une corégence avec son père Thoutmosis Ier. Ce " texte de la jeunesse d'Hatchepsout " se trouve dans le temple funéraire qu'elle se fera construire à Deir el-Bahari.

La reine s'entoure d'une poignée de hauts dignitaires compétents et dévoués parmi lesquels son architecte et intendant Senenmout qui sera chargé de l'éducation de sa fille Neferure. On compte, dans son entourage, Pouymrê, deuxième prophète d'Amon et grand architecte également, Nehesy, chancelier qui prendra la tête de l'expédition commerciale en direction du pays du Pount, et Hapouseneb, son vizir et grand prêtre d'Amon qui supervisera l'essentiel des grands travaux et des expéditions. L'Egypte connaît une période de grande prospérité marquée par une activité commerciale intense en direction de l'Asie, du Sinaï et du Pount. Les frontières s'étendent alors des cataractes supérieures du Nil en Nubie jusqu'à l'Euphrate en Asie.

L'expédition en direction du pays du Pount, "pays de dieu" à l'intérieur de la Mer Rouge à proximité l'Éthiopie actuelle, revêt un caractère essentiellement commercial. Le pays regorge de parfums et d'huiles de sycomore, d'ébène et de bois aromatiques, d'or, d'ivoire, de fourrures et d'animaux. Le trésor rapporté ira enrichir celui de Karnak où elle fera construire le Saint des Saints, la Chapelle Rouge et deux obélisques "doigts des dieux" dont l'un est encore dressé. Les vestiges de l'autre porte l'inscription suivante : "Tous les pays étrangers me sont soumis. Ma frontière Sud atteint la région du Pount, celle de l'Est les marais d'Asie. Les habitants du Sinaï sont sous ma domination. À l'Ouest, mon Royaume s'étend jusqu'au Manu. Je domine la Libye. Je règne sur les Bédouins, les habitants du désert. On m'apporte la myrrhe du Pount...". Les représentations du deuxième portique du temple de Deir el-Bahari, également appelé portique du Pount, retracent les expédions en direction des mines du Sinaï et du Pount.

Les travaux entrepris durant son règne concerneront également la restauration des monuments détruits par les Hyksos, la construction d'une chapelle en grès et de deux obélisques en l'honneur de Khnoum à Eléphantine, l'aménagement d'une grotte à Spéos Artemidos en Moyenne Égypte consacrée à la déesse Pachet et surtout son temple funéraire de Deir el-Bahari que les Egyptiens nommaient "djéer djéserou" (le magnifique des magnifiques), taillé dans le roc d'une montagne et composé de trois terrasses. Elle fera aménager une tombe entre la Vallée des rois et la Vallée des reines dans laquelle on trouvera un sarcophage en quartzite jaune. Cette construction sera abandonnée après son couronnement et remplacée par une tombe creusée dans la Vallée des Rois. Les circonstances de sa mort restent inconnues. L'empressement de son successeur à faire disparaître l'essentiel des traces du règne de sa tante plaide malgré tout pour une disparition violente dans le cadre d'une révolution de palais.

MenKhéper-Rê Thoutmès
Nom grec : Thoutmosis III
Période de règne approximative : 1504 à 1450 avant Jésus-Christ

Lors de son accession au trône, Thoutmosis III doit faire face à une révolte des principautés asiatiques, coalisées autour du prince de Qadech sous l'influence du Mitanni. Les ennemis vont s'affronter au cours de 17 campagnes militaires. L'affrontement entre Egyptiens et Mitanniens est rapporté par les Annales que Thoutmosis III fera graver dans le temple d'Amon Rê de Karnak. Le pharaon partira du Delta oriental, remontera par Gaza, atteindra la plaine de Megiddo avant d'assiéger la ville qui finira par tomber. Le roi poursuivra alors vers Tyr. Il brisera au cours des trois campagnes suivantes, la branche occidentale de la coalition. Thoutmosis III s'attaquera, les années suivantes, au Djahy et à Qadech. Il prend Oullaza et Ardata.

Les Egyptiens arrivent en Syrie par la mer l'année suivante, au cours de la sixième campagne. Ils remontent jusqu'à Qadech puis reviennent sur leurs pas et marchent sur Simyra au Nord de l'embouchure du Nahr el-Kébir. Les ports phéniciens se soumettent au cours de la septième campagne, un an plus tard, après la chute de Oullaza. Les guerres d'Asie débouchent, en l'an 33, à une confrontation directe avec le Mitanni. L'armée transportera des bateaux fluviaux à travers la Syrie afin de franchir la barrière naturelle constituée par l'Euphrate. Les Egyptiens atteignent Qatna à l'Est de l'Oronte puis franchissent le fleuve. Thoutmosis III consacre une stèle commémorative à côté de celle érigée jadis par son grand-père. Il remonte vers le Nord, ravage la région de Karkémish puis retourne sur l'Oronte. Les neuf campagnes suivantes s'efforceront de cantonner les forces mitanniennes en Naharina. Le règne s'achève dans une paix relative. L'Egypte domine le Proche-Orient et les relations avec les pays de la mer Egée sont cordiales. A sa mort, Thoutmosis III entre dans la légende. La tradition lui reconnaît également le goût pour la botanique et l'art de la littérature.

Aakhéperou-Rê Amenhotep
Nom grec : Aménophis II
Période de règne approximative : 1450 à 1425 avant Jésus-Christ

Thoutmosis III associe au pouvoir Aakhéperou-Rê Amenhotep, le fils qu'il a eu de sa seconde épouse, Hatchepsout II Mérirê. Moins intellectuel et plus porté sur les armes, le jeune souverain mène trois campagnes en Syrie. Les affrontements contre le Mitanni, qui se soldent par la perte de la zone comprise entre l'Oronte et l'Euphrate, seront les derniers qui opposeront les deux adversaires. Le nouvel empire hittite fondé par Tudhaliya II menace le Mitanni. La paix règne en Nubie. Aménophis II décore en partie Kalabsha et poursuit les travaux entrepris par Thoutmosis III à Amada. Il entreprendra également plusieurs chantiers en Thébaïde.

Menkhéperou-Rê Thoutmès
Nom grec : Thoutmosis IV
Période de règne approximative : 1425 à 1405 avant Jésus-Christ

Thoutmosis IV succède à Aménophis II. La stèle qu'il fera graver entre les pattes du sphinx de Gîza relate que le dieu lui promettra en songe la royauté s'il le désensablait. Son règne ne dura que neuf ans. Le roi disparaîtra vers l'âge de trente ans.

Nebma-Rê Amenhotep
Nom grec : Aménophis III
Période de règne approximative : 1405 à 1367 avant Jésus-Christ

Aménophis III est le fils de Thoutmosis IV et de sa concubine Moutemouia. Cette dernière assume la régence lorsqu'il monte sur le trône à l'âge de douze ans. Il épouse une femme d'origine non royale, la reine Tiy, fille d'Youya et de Touya. Le frère de la reine Tiy, le divin Ay, succédera plus tard à Toutankhamon. La Grande Epouse du Roi joue un rôle de premier plan et prend le pas sur la reine mère. Le règne d'Aménophis III n'est marqué d'aucun conflit. L'Egypte étend son influence très au-delà de ses frontières.

Le nom du pharaon est attesté en Crête, à Mycène, en Etolie, en Anatolie, au Yémen et à Babylone. Aménophis III épouse Gilu-Heba puis Tadu-Heba, les filles de rois du Mitanni, en signe d'alliance et fait de même avec deux princesses de Babylone. Les rois hittites se renforcent et viendront bientôt menacer la toute puissance de l'Egypte. Aménophis III compte parmi les plus grands constructeurs de l'Egypte ancienne. Il entreprend de nombreux chantiers en Nubie et dans le Nord du pays, à Athribis et à Bubastis.

Les grands travaux du Serapeum à Saqqarah débutent. Les monuments dans la vallée, à Elkab, Souménou, Abydos et Hermopolis, sortent de terre. Le pharaon fait construire à Thèbes un temple censé être le "harem méridional " d'Amon Rê et fait ériger dans le temple de Mout, au Sud de l'enceinte de Karnak, six cents statues de la déesse Sekhmet. Il se fait édifier, sur la rive occidentale, un palais à Malgata et un gigantesque temple funéraire dont il ne reste que les deux statues monumentales appelées colosses de Memnon. Il meurt en l'an 39 de son règne.

Néferkhéperou-Rê Amenhotep
Akhenaton
Nom grec : Aménophis IV
Période de règne approximative : 1379 à 1362 avant Jésus-Christ

Aménophis IV sera le premier souverain au monde à instaurer le monothéisme. Il devient pharaon à 15 ans, à la mort de son père Aménophis III dont c'est le fils unique. La corégence entre le père et le fils n'est pas certaine. Le nouveau pharaon se fait couronner à Karnak, sous le nom d'Aménophis IV "Celui qui satisfait Amon", signe qu'au départ, il n'était pas en lutte ouverte avec le clergé d'Amon Rê. Il épouse sa cousine Nefertiti (La belle est venue), fille de Ay et de Tiy II, donc petite-fille de Youya et Touya. Aménophis IV et Nefertiti forment un couple encore plus étroitement lié politiquement que celui Aménophis III et Tiy.

Le pharaon vénère l'ensemble du panthéon égyptien jusqu'en l'an 4 de son règne et entreprend un programme de construction traditionnel. Sans doute lasser de la puissance du clergé d'Amon, le dieu le plus puissant, il impose le culte d'Aton (le dieu au disque solaire) comme dieu unique. Il fait détruire, en les martelant, les noms et les images d'Amon et quitte Thèbes, capitale de l'Empire et siège du Temple d'Amon (Karnak). Il prend alors le nom d'Akhenaton "Celui qui est bénéfique pour Aton" et fait construire une ville nouvelle, à 320 km plus au Nord. Elle portera le nom de Akhet-aton "l'Horizon d'Aton", connue aujourd'hui sous le nom de Tell Amarna. Un nouvel art armanien voit le jour, moins rigide, et surtout moins conventionnel que par le passé. Les formes deviennent réalistes, pouvant aller jusqu'à la caricature. Les crânes s'allongent anormalement vers l'arrière, la poitrine se rétrécit, le ventre ballonne au-dessus du pagne. Chose nouvelle, l'art officiel représente dès le début la famille royale dans des scènes jugées jusque là trop intimes.

L'épouse royale Néfertiti et les six princesses nées de son union avec le roi sont omniprésentes. La reine Tiy s'installe à la cour d'Armana en l'an 12 ce qui permet à certains d'affirmer qu'Akhenaton n'a régné seul qu'à partir de cette date. L'une des six filles du couple royal, Mékétaton, meurt la même année. Nefertiti semble jouer un rôle réduit à partir de cet instant et se serait peut-être éloignée. L'une de ses filles, Méritaton, la remplace dans les cérémonies auprès du roi. Les trois dernières années du règne sont troublées par les persécutions contre les défenseurs du culte d'Amon.

Très mystique, Akhenaton compose certains hymnes à la gloire d'Aton que l'on retrouve à l'état presque original dans les Psaumes de la Bible. Moïse, élevé comme un prince égyptien et presque contemporain du roi Akhenaton, a peut-être été inspiré par ce dernier. Les principes du monothéisme existaient à l'état latent dans la religion égyptienne et étaient à la base de l'enseignement secret des temples depuis des siècles. La réforme d'Akhenaton n'est, en réalité, qu'une divulgation des mystères de l'ancien enseignement et une profanation de ce qu'il contenait de plus sacré. Les initiés qui partageaient le secret considéraient l'initiative comme un sacrilège. Pacifiste avant l'heure, le roi refuse de faire la guerre pour défendre les frontières de l'Egypte. Les incursions ennemies se succèdent provoquant la colère des égyptiens. Ce mécontentement sera exploité par les prêtres d'Amon qui mirent sur pied une conjuration pour éliminer le roi.

L'autorité du pharaon était indiscutable de son vivant. Akhenaton qui ne se déplaçait qu'à l'intérieur de ses stèles, les frontières de Tell El-Armana, semblait ignorer le vent de révolte parti de Thèbes et qui gagnait toutes les provinces. La reine-mère Tiy viendra personnellement à Tell El-Armana pour informer son fils qui semblait ne pas saisir la gravité de la situation. Il enverra Smenkhkarê, son demi-frère ou cousin nommé corégent, pour négocier avec le clergé thébain une tolérance pour la restauration du culte d'Amon et d'Osiris. On ignore les conditions exactes de la mort du roi. Sa tombe ainsi que celle de Néfertiti n'ont jamais été découvertes. Celles qui ont été construites à Amarna étaient vides. Leurs dépouilles ont sans doute été transportées dans un lieu secret par des fidèles.

Smenkhkarê
Période de règne approximative : 1363 à 1362 avant Jésus-Christ

Smenkhkarê qui succède à Akhenaton, légitimera sa montée sur le trône en épousant l'une des filles du roi. Il ne règnera pas plus de deux ans. Sa dépouille a été retrouvée dans une tombe construite dans la Vallée des Rois. Elle contenait d'autres restes qui sont peut-être ceux de la reine Tiy.

Nebkhéperou-Rê Toutankhaton
Toutankhamon
Période de règne approximative : 1361 à 1352 avant Jésus-Christ

Toutankhaton, qui prendra le nom de Toutankhamon par la suite, naît en l'an 34 ou 35 du règne d'Aménophis III. Sa filiation est une énigme. Il appartient à la maison royale mais plusieurs hypothèses circulent sur son ascendance. Il semblerait que ses parents soient Tiyi, la grande veuve royale d'Aménophis III, et Akhenaton. La ressemblance de Toutankhaton avec Tiyi, Akhenaton et Sémenkéré, frère ou demi-frère d'Akhenaton, renforce cette hypothèse. L'enfant est confié à Maya, sa nourrice. Il vit au sein du harem royal en compagnie des six filles d'Akhenaton et de Nefertiti. Son éducation commence à 4 ans. Il fréquentera plus tard la "maison de vie", l'école des scribes et des magiciens, pour apprendre les dogmes royaux, l'unique loi égyptienne. Akhenaton meurt à 30 ans, en l'an 1347 avant Jésus-Christ, des suites d'une longue maladie.

Toutankhaton monte sur le trône de la Haute et Basse Égypte à l'âge de 9 ans, et prend pour reine et grande épouse royale, Ankhesenpaton, la troisième fille d'Akhenaton et de Nefertiti. Très rapidement, il quitte Amarna pour Memphis. La ville d'Akhetaton est abandonnée après seulement une trentaine d'années d'existence. La période hérétique prend fin. L'intendant Ay, homme faible, et l'ambitieux général Horemheb, engagent la contre-réforme. Le jeune pharaon prend alors le nom de Toutankhamon, signe d'Amon. Memphis redevient la capitale du royaume. Toutankhamon meurt à l'âge de 18 ans, par accident ou assassiné, sans avoir eu d'enfant de son épouse Ankhesenpaton.

Khéperkhéperou-Rê
Ay
Période de règne approximative : 1352 à 1348 avant Jésus-Christ

La lignée d'Ahmosis est éteinte. Sa veuve supplie le roi hittite Suppiluliuma de lui envoyer l'un de ses fils pour l'épouser et en faire le pharaon d'Egypte. Le prince sera tué à la frontière égyptienne. L'union entre les empires hittites et égyptiens n'aura pas lieu. Ankhesenpaton épouse alors peut-être le vizir de son défunt mari, le vieil intendant Ay qui s'empare du pouvoir pour une durée de 4 ans.

Djeserkhéperou-Rê
Horemheb
Période de règne approximative : 1348 à 1320 avant Jésus-Christ

La réelle coupure dynastique a lieu lorsque le commandant en chef de l'armée, Horemheb, prend le pouvoir et se présente comme restaurateur de l'ordre établi. Il fut un grand constructeur, surtout à Karnak. Après vingt-sept ans de règne, il sera enterré à Thèbes, dans la Vallée des Rois. N'ayant pas d'héritier mâle, Horemheb transmet le pouvoir à un autre militaire, un général originaire du Delta qui va fonder une nouvelle dynastie, celle des Ramsès.

A suivre...

Sources Insecula

Posté par Adriana Evangelizt


Publié dans Egypte

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