Du Kilimandjaro aux Andes, le recul des glaciers témoigne du réchauffement

Publié le par Adriana Evangelizt

Et il y a fort à craindre que cela ne va pas aller en s'arrangeant vu que les pays les plus riches et les plus industrialisés préfèreront faire du business plutôt que de prendre des décisions positives vis-à-vis de notre Terre...

Du Kilimandjaro aux Andes le recul des glaciers

 témoigne du réchauffement

Des icebergs détachés d'une langue du glacier islandais le Vatnajökull se déplacent vers la mer en juillet 2006 Marcel Mochet(AFP/Archives)

Du mont Kilimandjaro aux Andes, la fonte accélérée des glaciers de montagne témoignent du réchauffement climatique de la planète avec de sérieuses conséquences sur les écosystèmes locaux et le reste du globe, ont déploré des scientifiques réunis cette semaine à San Francisco.


"La retraite généralisée des glaciers de montagne pourrait constituer l'indication la plus probante du réchauffement du climat terrestre alors que ce phénomène intègre de nombreuses variables climatiques", a expliqué Lonnie Thompson, un climatologue de l'Université de l'Ohio (est), lors d'une conférence de presse en marge de la conférence annuelle de l'Association américaine pour la promotion de la science (AAAS).

Le rythme de fonte est tel que le glacier Qori Kalis au Pérou, partie de la calotte glaciaire Quelccaya, la plus grande des Tropiques, pourrait avoir totalement disparu dans les cinq prochaines années, a-t-il dit.

Pour mesurer la fonte des glaciers, les scientifiques surveillent très régulièrement leur évolution par l'analyse d'échantillons de glace et d'eau ainsi que des surfaces du sol qui ne sont plus recouvertes.

Ils ont ainsi découvert des plantes anciennes qui selon une datation au carbone avaient été enterrées et préservées par la glace il y au moins 5.000 ans. Ceci signifie que la retraite actuelle des glaciers andins est la plus importante depuis au moins 50 siècles, soulignent ces scientifiques.

"Nos hautes montagnes sont comme le troisième pôle de la planète, ce sont les régions du globe les plus froides et aussi les plus sensibles au réchauffement", a relevé Henry Diaz, expert de l'Administration fédérale des océans et de l'atmopshère (NOAA) lors de la même conférence de presse.

Les modèles informatiques sur le réchauffement du climat indiquent que l'effet de serre atmosphérique fait monter les températures davantage à haute altitude, a-t-il souligné.

Cette projection est jusqu'à présent confirmée par le rythme de fonte tout aussi accéléré des glaces du Kilimandjaro, plus haute montagne d'Afrique (5.895 mètres), située en Tanzanie dont Lonnie Thompson craint qu'elles ne disparaissent complètement en moins de quinze ans.

"Les glaces du Kilimandjaro comme celle du Mont Kenya, du Rwenzori, également en Afrique, comme celles des Andes et de l'Himalaya sont en déroute".


La température moyenne du globe est aujourd'hui de quelques degrés inférieure à celles du moment le plus chaud de la période interglaciaire il y a environ 125.000 ans, a souligné ce climatologue. La fonte des calottes glaciaires avait alors fait monter les océans de près de six mètres.

Selon le dernier rapport du groupe d'experts de l'ONU sur le climat la température moyenne de la Terre pourrait être, d'ici la fin du siècle, de trois degrés supérieure à celle d'aujourd'hui.

Ce climatologue a aussi noté une autre évolution alarmante au Groenland où le plus grand glacier, le Jakobshavn, a déversé ses glaces dans l'océan deux fois plus rapidement ces dix dernières années.

Par ailleurs, une étude de la Nasa publiée jeudi montre un plus grand risque potentiel pour la stabilité des glaciers de l'Antarctique et leur possible effondrement qui pourrait faire monter fortement le niveau des océans. Environ 90% de la glace de la planète y sont contenus.

Mais à moins long terme, la fonte accélérée des glaciers de montagne risque d'affecter sévèrement des millions de personnes dont un grand nombre dans des pays pauvres qui dépendent notamment de l'eau provenant de ces glaciers pour cultiver leur terre et leur consommation.

La disparition des célèbres neiges du Kilimandjaro pourrait aussi porter un coup sévère à l'économie tanzanienne dont les recettes touristiques liées à cette montagne sont la principale source de revenu, selon Lonnie Thompson.

Sources
Edicom

Posté par Adriana Evangelizt

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