Absence du capitaine de l'Erika au procès

Publié le par Adriana Evangelizt

On incrimine bien évidemment un pauvre hère comme si le bâteau lui appartenait. Le coupable c'est celui qui a loué ce bâteau pour transporter le mazout. Point. On imagine sans  peine les pressions qu'il a dû, de surcroît, recevoir après avoir vu les fissures de la coque. Le propriétaire  a dû lui dire de faire comme si rien n'était. Mais tout ça est passé sous silence.

Absence du capitaine de l'Erika au procès :

 pauvreté et méfiance invoquées




Naufrage de l'Erika le 12 décembre 1999 au large de Penmarc'h en Bretagne

Les avocats du capitaine de l'Erika, l'Indien Karun Mathur, ont affirmé mardi que si leur client n'était pas sur le banc des prévenus c'était parce qu'il était trop pauvre pour se rendre à Paris et méfiant vis-à-vis de la justice française.

Pour la première fois depuis l'ouverture du procès du naufrage devant le tribunal correctionnel de Paris il y a près de trois semaines, la défense de ce marin de 42 ans, contre lequel un mandat international a été lancé, a tenté de justifier son absence.

"Il faut avoir les moyens de faire le déplacement et de vivre à Paris pendant six mois", pour assister à un procès devant durer jusqu'à la mi-juin, a expliqué Me Jean-Paul Levy, qui affirme défendre gracieusement son client.

M. Mathur a aujourd'hui "un emploi à terre en Inde qu'il a eu du mal à trouver. Du jour au lendemain, sa vie s'est effondrée", a souligné un autre de ses avocats. "Celui que nous représentons n'est pas un nanti, c'est un damné de la terre", a renchéri Me Levy.

"Cet homme extrait d'un naufrage, parti le dernier de son navire, on l'a jeté en prison dans les 24 heures" ayant suivi la catastrophe, "comment voulez-vous qu'il fasse crédit à la justice française", a-t-il également lancé, dénonçant le sort de ce marin "précipité de l'épave jusque dans les geôles de la (prison de la) Santé" à Paris.

Après le naufrage du pétrolier le 12 décembre 1999, prélude à une immense marée noire qui allait ravager 400 km de côtes françaises, le capitaine avait été placé sous mandat de dépôt, du 15 au 22 décembre. Un mandat d'arrêt international avait été lancé contre lui deux ans plus tard, le 17 décembre 2001.

Même s'il venait, Karun Mathur ne disposerait pas d'un procès équitable parce que des pièces essentielles du dossier n'ont pas été traduites en langue hindi, a estimé Me Levy, déposant donc un recours en nullité, que le président Jean-Baptiste Parlos tranchera en même temps que son jugement final.

"Je rappelle quand même que M. Mathur est en fuite", s'est insurgé le procureur Laurent Michel.

Le capitaine indien est soupçonné d'avoir mis en danger la vie d'autrui, en l'occurence celle de l'équipage, en violant délibérément les règles de sécurité, et d'avoir été "par imprudence et négligence" à l'origine d'une pollution.

On l'accuse essentiellement d'avoir quitté Dunkerque par une mer démontée alors qu'il avait lui-même signalé, le mois précédent, ses inquiétudes devant la corrosion du bateau. Et ce, alors qu'il n'avait aucune expérience de la navigation dans l'Atlantique malgré 17 ans de marine marchande.

La justice aimerait aussi savoir pourquoi il a caché aux secours la gravité du péril, "laissant croire aux autorités maritimes qu'il contrôlait la situation", selon l'accusation.

Celle-ci lui reproche encore d'avoir caché des changements de cap aux autorités maritimes puis d'avoir tenté de rallier le port de Donges, sur l'embouchure de la Loire, fragilisant le bateau en recevant le grain latéralement, au lieu de Brest plus facile d'accès.

Pourquoi a-t-il signalé les fissures de la coque seulement plusieurs heures après les avoir découvertes ? Pourquoi a-t-il annulé un premier message de détresse puis émis un deuxième trop tardivement ? Telles sont quelques-unes des questions soulevées par l'accusation.

Dans une autre salle du Palais de Justice, au même moment, la Cour de Cassation examinait un recours de la petite ville bretonne de Mesquer, qui tente vainement depuis sept ans de faire appliquer au drame de l'Erika les dispositions de la loi de 1975 sur les déchets qui institue le principe "pollueur-payeur"

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Catastrophes

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