Dieu aime-t-il les femmes ?

Publié le par Adriana Evangelizt

 Après la condition des femmes dans l'Islam et le Judaïsme, je ne pouvais pas ne pas m'attarder aussi sur l'Eglise Catholique Romaine où règne un patriarcat ensoutanné et empourpré où la femme n'a aucune place. C'est là d'ailleurs que l'on comprend bien à quel point cette entité a trahi l'Enseignement de Ieschoua quand on sait la proximité qu'Il avait avec les femmes, comme elles Le suivaient et combien elles L'aimaient. Déjà si vous lisez l'Ancien Testament, vous avez une idée du traitement qui leur était réservé... Voici ce que l'on trouve dans le Deutéronome...  Une femme ne portera point un habillement d'homme, et un homme ne mettra point des vêtements de femme; car quiconque fait ces choses est en abomination à l'Eternel, ton Dieu. (Deut 22/5) Où l'on voit que Dieu -par la plume des scribes mosaïques- s'intéresse aux tenues vestimentaires de ces sujets alors que le domaine de la déité se situe dans le céleste et non dans le temporel.

J'aurai pu prendre 10 000 exemples sur la misogynie de la Loi de Moïse... mais déjà bien avant lui, Yahweh avait montré la voie... en disant à Ève: "ton désir se portera vers ton mari et lui te dominera."  suite au fameux pseudo "péché Originel" dont la femme se serait rendue coupable. L'histoire de la domination masculine a commencé dans le Jardin d'Eden... de par sa nature, la femme est "impure"... La femme qui aura un flux, un flux de sang en sa chair, restera sept jours dans son impureté. Quiconque la touchera sera impur jusqu'au soir. / Tout lit sur lequel elle couchera pendant son impureté sera impur, et tout objet sur lequel elle s'assiéra sera impur. / Quiconque touchera son lit lavera ses vêtements, se lavera dans l'eau, et sera impur jusqu'au soir. / Quiconque touchera un objet sur lequel elle s'est assise lavera ses vêtements, se lavera dans l'eau, et sera impur jusqu'au soir. (Levit. 15/19-22)

Et que dire de la virginité ? Si un homme, qui a pris une femme et est allé vers elle, éprouve ensuite de l'aversion pour sa personne, / s'il lui impute des choses criminelles et porte atteinte à sa réputation, en disant: J'ai pris cette femme, je me suis approché d'elle, et je ne l'ai pas trouvée vierge, / alors le père et la mère de la jeune femme prendront les signes de sa virginité et les produiront devant les anciens de la ville, à la porte. /Le père de la jeune femme dira aux anciens: J'ai donné ma fille pour femme à cet homme, et il l'a prise en aversion; / il lui impute des choses criminelles, en disant: Je n'ai pas trouvé ta fille vierge. Or voici les signes de virginité de ma fille. Et ils déploieront son vêtement devant les anciens de la ville. / Mais si le fait est vrai, si la jeune femme ne s'est point trouvée vierge, / on fera sortir la jeune femme à l'entrée de la maison de son père; elle sera lapidée par les gens de la ville, et elle mourra, parce qu'elle a commis une infamie en Israël, en se prostituant dans la maison de son père. Tu ôteras ainsi le mal du milieu de toi. (Deut. 22/13-21) Il nous semble là que côté lapidation, ce n'est pas l'Islam qui ait commencé. Ce qu'oublient trop souvent leurs détracteurs. On les entend parler pis que pendre de Mahomet, qu'ils lisent donc l'Ancien Testament pour y lire les méfaits de Yahweh qui lui, contrairement à Mahomet, n'était pas un prophète fait de chair et de sang selon les croyants. Car pour moi, Yahweh n'est pas Dieu. Yahweh est plutôt Moïse l'Egyptien, un personnage misogyne et autoritaire qui fut d'ailleurs assassiné par son Peuple. Ce cher Yahweh qui a décidé que les femmes, de toute façon, valaient moins cher que les hommes... Si tu as à faire l'estimation d'un mâle de vingt à soixante ans, ton estimation sera de cinquante sicles d'argent, selon le sicle du sanctuaire; / si c'est une femme, ton estimation sera de trente sicles. (Levit 27/3-4) Voyez un peu le genre d'aberrations que suscitent les mots de la Bible dans les esprits primaires et arriérés, je me répète.

Le Nouveau Testament n'étant pas en reste bien que plus édulcoré côté misogynie... Ainsi dans Pierre 1 peut-on lire...  Femmes, soyez de même soumises à vos maris.../ Ayez, non cette parure extérieure qui consiste dans les cheveux tressés, les ornements d'or, ou les habits qu'on revêt, / mais la parure intérieure et cachée dans le cœur, la pureté incorruptible d'un esprit doux et paisible, qui est d'un grand prix devant Dieu. / Ainsi se paraient autrefois les saintes femmes qui espéraient en Dieu, soumises à leurs maris, / comme Sara, qui obéissait à Abraham et l'appelait son seigneur. C'est d'elle que vous êtes devenues les filles, en faisant ce qui est bien, sans vous laisser troubler par aucune crainte. (Pierre1 3/1-6) Où l'on voit la filiation entre le Nouveau Testament et l'Ancien ainsi que la mauvaise interprétation qui en a été faite quand on sait que Sara étaient plutôt en avant-garde dans les moeurs libertaires ainsi qu'Abraham d'ailleurs. Ayons souvenance qu'en Egypte il l'avait faite passer pour sa soeur -ce qu'elle était quelque part, elle était sa demi-soeur- et avait laissé le pharaon la prendre dans son harem. Sara, quant à elle, ne pouvant pas avoir d'enfant avait "prêté" à Abraham sa servante, Agar l'Egyptienne. Il me semble que côté liberté sexuelle nos premiers ancêtres étaient beaucoup plus libérés que nous le sommes actuellement. Souvenons nous aussi des filles de Loth qui font boire leurs pères et abusent de lui pour avoir des enfants... la consanguinité était très présente chez nos ascendants... ceci est bien sûr passé sous silence au nom d'une morale venue sur le tard alors qu'en Egypte, par exemple, il n'était pas rare que le frère épouse la soeur ou le père la fille tout en ayant plusieurs épouses et un harem...

Au XXIème siècle, on en est à prendre le voile et à enfermer les femmes comme dans un couvent... ce qui prouve bien la deliquescence des valeurs originelles où tout n'était pas péché, loin s'en faut. Attention, je ne prêche ni pour l'inceste ni pour les unions consanguines mais je constate qu'au Commencement, toutes ces pratiques étaient à la mode. D'ailleurs presque tous les rois et reines de notre monde ont des liens de parenté...

 

 

Dieu aime-t-il les femmes ?

par Marie-Thérèse van Lunen Chenu

théologienne catholique

 

Le commentaire

Paul parle de
la parfaite égalité homme/femme : « Il n’y a plus ni juif ni grec, ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous n’êtes qu’un en Jésus-Christ » (Galates 3,28).


Les dons de Dieu sur toute créature ! Ne découvre-t-on pas aujourd’hui avec émerveillement cette diversité des dons,
non plus selon les sexes, mais selon les personnes ? Voici des hommes s’occupant avec joie et compétence de leurs nouveaux-nés, faisant la vaisselle sans se sentir humiliés, choisissant d’être infirmiers, aide-soignants… Et voici des femmes qui, tout en gardant féminité et maternité, acquièrent des compétences et responsabilités autrefois réservées aux hommes dans les familles, les entreprises, l’armée, la police, la politique. Les grandes écoles sont mixtes ; les organes de recherche, les groupes d’amis, les associations civiques, humanitaires, religieuses aussi. Les tabous sexuels tombent avec les risques d’excès que l’on connaît et dont on regrette certains dommages pour les jeunes. Mais qui dit « jeune » parle d’une jeune personne, fille ou garçon, et doit apprendre qu’aucun des deux sexes ne progresse, ou ne se dégrade, sans que l’Autre ne soit atteint. L’apprentissage de la concertation et de l’échange entre les sexes est une merveilleuse leçon de vie qui trace notre histoire humaine. Et va de pair aujourd’hui avec ce progrès de la parité entre les sexes comme référence de valeur et nouvelle norme de droit.


Et l’Église catholique en tout ceci ? À beaucoup, elle apparaît comme étouffée, et son témoignage annihilé, par le nœud de tensions et de contradictions qui l’enserre désormais sur le fait de son attitude exceptionnelle envers les femmes…


Oui,
l’écart se manifeste de plus en plus crûment sur la scène internationale entre les religions qui tiennent encore pour essentielle – et donc raison de foi – leur structuration patriarcale, et d’autres qui ont su la dépasser en la jugeant caduque : ainsi, l’Église catholique « maîtresse en humanité » est-elle prise en défaut d’humanisation par rapport à la société civile, et en défi œcuménique par rapport à d’autres Églises sœurs qui ont su intégrer le nouveau rapport hommes/femmes dans leur vie évangélique et communautaire.


Une autre contradiction ne manque pas de choquer le sens commun des croyants et non-croyants : c’est cette ligne de partage si voyante (et la télévision y aide beaucoup !) entre
une institution cléricale, autoritaire et masculine, qui gouverne depuis Rome en répétant ses interdits sur les femmes, et cette autre part de vie ecclésiale sur le terrain, là où des femmes sont de plus en plus nombreuses, appelées et reconnues dans leur dignité, leurs compétences, leur autorité et leur témoignage.


Enfin, l’institution
s’inscrit contre son message évangélique essentiel et renie ses propres affirmations sur l’égale dignité de tous les être humains. On l’a vu, les essais d’argumentation théologique ont peu convaincu… À qui faire croire que la fidélité au Christ demanderait aujourd’hui l’exclusion ou la marginalisation des femmes ? Christ suivi des femmes « avec les douze » (Lc 8, 1-3) (1). Christ apparu en premier à Marie de Magdala et qu’il a chargé d’annoncer son message essentiel. Christ d’une première Église où les femmes avaient part à la communauté.


Ainsi, au lieu de se demander si Dieu aime les femmes, ne faut-il pas se demander plutôt
si Dieu aime cette institution romaine qui ne les aime pas ? Qui – entre hommes – les aime si mal. Trop, quand elle décrète leur « sainteté ». Trop peu pour les écouter et partager avec elles le souci de toute l’Église, remettant en question, hommes et femmes ensemble, les tristes et néfastes méfaits d’une supériorité masculine qui s’attarde…

1. Lire les livres de Suzanne Tunc : Des femmes aussi suivaient Jésus (Desclée de Brouwers 1998) ; Brève histoire des femmes chrétiennes(Cerf, 1989).

Sources Témoignage chrétien

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Religions Extrêmisme

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