Moules et huîtres sont menacées par l'acidification des océans

Publié le par Adriana Evangelizt

Moules et huîtres sont menacées

par l'acidification des océans



Un exploitant ostréicole prélève des lignes d'huîtres, le 2 août 2006 sur l'étang de Thau

Les huîtres et les moules, dont l'élevage génère des milliers d'emplois sur les côtes françaises, sont menacées par l'acidification des océans découlant de l'augmentation des rejets de gaz carbonique, selon une étude scientifique publiée vendredi.

La calcification de la moule domestique (Mytilus edulis) et de l'huître du Pacifique (Crassostrea gigas) diminue de manière linéaire avec l'augmentation de l'acidité de l'eau de mer, a constaté une équipe internationale menée par Frédéric Gazeau, chercheur à l'Institut néerlandais d'écologie.

Chaque jour, plus de 25 millions de tonnes de gaz carbonique (CO2) produites par les activités humaines sont absorbées par les océans qu'elles contribuent à acidifier. On savait déjà qu'une augmentation de l'acidité de l'eau rendait plus difficile la fabrication des squelettes calcaires des coraux et du phytoplancton, mais aucune étude n'avait encore été menée sur des mollusques d'intérêt commercial, affirme le Centre national de la recherche scientifique.

Dans l'hypothèse moyenne d'une teneur en gaz carbonique (dans l'atmosphère) de 740 parties pour millions, contre 370 actuellement, la vitesse de fabrication des coquilles diminue de 25% pour la moule et de 10% pour l'huître.

Un tel phénomène pourrait avoir des conséquences sur la survie des larves, qui pourraient avoir plus de mal à se fixer sur les supports fournis par les éleveurs. Les coquillages devraient mettre plus de temps à atteindre une taille commerciale. Ils deviendraient aussi plus sensibles aux prédateurs, souligne l'un des chercheurs ayant participé à l'étude, Jean-Pierre Gattuso de l'Observatoire océanologique de Villefranche (CNRS/Université de Paris 6).

Au delà de leur intérêt commercial, les moules et les huîtres rendent des services écologiques très importants, relève le CNRS dans son communiqué.

L'élevage commercial de mollusques a augmenté de près de 8% par an au cours des trente dernières années. Avec près de 12 millions de tonnes produites, ce marché représentait un chiffre d'affaires de 10,5 milliards de dollars en 2002.

L'huître du Pacifique est la plus cultivée, y compris sur le littoral français, avec un volume total de 4,2 millions de tonnes (10,8% de la production aquacole mondiale). Près de 1,4 millions de tonnes de moules (3,6% de la production aquacole) sont également produites dans le monde.

"Il appartient désormais à d'autres équipes de s'emparer de ces travaux pour tenter d'en évaluer les conséquences économiques", a souligné M. Gattuso. On pourrait aussi s'interroger sur l'impact du phénomène sur la production de perles "qui pourrait être affectée et vaudrait la peine d'être étudiée".

Lors de l'expérience, les coquillages ont été stressés en étant soumis à une augmentation brutale de l'acidité de l'eau. Sur une plus longue durée, plus proche des conditions naturelles, il n'est pas impossible qu'un phénomène d'adaptation intervienne, a concédé le chercheur, interrogé par l'AFP.

Cette étude est publiée dans la revue Geophysical Research Letters.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Animaux en danger

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article