"L'éruption du siècle" se poursuit à la Réunion

Publié le par Adriana Evangelizt

"L'éruption du siècle" se poursuit à la Réunion





Dix jours après son réveil, le volcan du Piton de la Fournaise continuait à cracher de la lave dimanche à la Réunion, mais "l'éruption du siècle" a baissé d'intensité après avoir battu des records d'activité.

"On peut parler d'éruption du siècle. Jamais on n'avait observé un tel phénomène", a déclaré Zacharie Duputel, sismologue à l'Observatoire volcanologique de la Réunion. Il faut remonter, selon lui, au 19e siècle pour retrouver une activité identique à l'éruption en cours qui s'est traduite par le spectaculaire effondrement du cône sommital du volcan - le Dolomieu - situé à 2600 mètres d'altitude, dans une zone désertique.

Le plateau de cet immense cratère, lieu privilégié de randonnées touristiques, s'est affaissé sur une profondeur de 300 mètres et un diamètre de 700 mètres, selon les relevés de l'Observatoire. Un phénomène dû à la "vidange d'une importante chambre magmatique en profondeur qui a créé un vide et provoqué des séismes destructeurs", a expliqué M. Duputel.



Geysers de 200 m de haut
Dimanche, le cratère a commencé à se stabiliser, mais des pans entiers de ses parois internes continuaient à s'effondrer, selon l'Observatoire. A plusieurs kilomètres à vol d'oiseau, sur le littoral sud-est de l'île où, il y a dix jours, le magma est sorti d'une faille ouverte à 500 mètres de la route nationale 2, de la lave continuait à s'échapper dimanche. Mais l'activité n'avait plus rien à voir avec celle observée ces derniers jours où des geysers de lave atteignaient plus de 200 mètres de haut, alimentant des coulées qui ont dévalé les pentes vers la mer à près de 60 km/h. Des torrents de feu qui, sur leur passage, ont traversé la RN 2 sur une largeur de près de 2 km.


Situé en bordure de ces coulées, le petit village du Tremblet a dû être évacué vendredi pendant deux heures, mais une douzaine de familles n'avaient toujours pas regagné leur domicile dimanche. "Ils attendent que l'activité baisse encore avant de rentrer", a précisé à l'AFP Guy Rivière, adjoint au maire de Saint-Philippe et agent de l'Office nationale des forêts.



"Mal au coeur"
"L'atmosphère est lugubre dans le village. On entend encore au loin les grondements provoqués par la sortie de lave. Les maisons n'ont pas souffert, mais la forêt toute proche et les cultures ont été grillées par les projections de sable brûlant", a raconté M. Rivière. Plus de 30 hectares de vanille et de palmistes ont été détruits et près de 300 hectares de forêt primaire, selon ses estimations. "Ca me fait mal au coeur de voir ça", se désole-t-il après avoir également constaté les dégâts "irréparables" causés par le feu aux "nattes", un "bois de couleur typique du littoral" utilisé dans l'ébénisterie créole et qui n'existe nulle part ailleurs sur l'île.

Sources 7 sur 7

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Catastrophes

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