Les fourmis ont du génie: elles bouchent les trous de la piste

Publié le par Adriana Evangelizt

Les humains feraient bien de prendre exemple, notamment en ce qui concerne la solidarité animale. De toute façon, quand on a lu le livre Les Fourmis de Bernard Werber, un de mes écrivains préférés, on ne peut que s'extasier devant l'ingéniosité de ces petites bêtes et de beaucoup d'autres. Il faut savoir, par exemple, que certaines fourmis servent de réservoir à sucre pour les "ouvrières", histoire de leur donner du tonus. Elles se gavent littéralement jusqu'à avoir un énorme abdomen suintant le glucose où les travailleuses viennent puiser des forces. On peut dire que le sens du sacrifice chez les fourmis et d'autres animaux n'est pas un vain mot. Aussi quand on voit comment se conduisent nos congénères, on reste dubidatif. On pense même que l'Homme est certainement l'animal le moins "perfectionné". C'est un prédateur qui vit égoïstement pour lui-même... pour 99;9 %.

Les fourmis ont du génie: elles bouchent les trous de la piste


Photo récente de fourmis bouchant des trous avec leur corps pour faciliter le passage de leurs congénères

Lors de leurs spectaculaires razzias alimentaires, les fourmis de l'espèce Eciton burchellii délèguent à quelques individus le soin de boucher de leur corps les trous de la piste afin de faciliter le retour vers la fourmilière de leurs congénères pesamment chargées.

"La modification de la surface de la piste permet aux individus portant les proies d'atteindre une vitesse maximale", révèlent les biologistes britanniques Scott Powell et Nigel Franks (Université de Bristol), dans une étude publiée dans le numéro de juin de la revue spécialisée Animal Behaviour.

Les colonies de E. burchellii peuvent rassembler jusqu'à 700.000 individus. Tous les jours ou tous les deux jours, selon les moments, un tiers de la fourmilière en sort à la recherche de nourriture. En "heure de pointe", jusqu'à 12 fourmis peuvent circuler de front sur les pistes principales, qui s'étendent jusqu'à une centaine de mètres de la fourmilière d'origine.

La taille des fourmis de cette espèce tropicale - celles de l'expérience britannique venaient du Panama - varie énormément d'un individu à l'autre, d'un facteur 1 à 5. Or, les scientifiques britanniques ont constaté que seules celles dont la taille correspondait à celle du trou à boucher faisaient don de leur échine. Les plus petites ou les plus grosses passent leur chemin.

Si la taille de la fourmi est idoine, celle-ci s'immobilise dans le trou, à l'exception d'un mouvement rapide des antennes. Un nouveau trou est bouché moins de 30 secondes après son apparition. La fourmi restera en place tant que ses congénères continueront à lui passer sur le corps. Après cinq secondes sans trafic, elle repartira vers la fourmilière comme si de rien n'était.

Les scientifiques britanniques, qui ont confronté leurs fourmis à toute une série d'obstacles artificiels, y voient "une rare preuve quantitative qu'une spécialisation extrême" de quelques individus améliore la performance d'ensemble du groupe. Si 7.500 individus font ainsi don de leur corps, sur un corps expéditionnaire de 200.000, la masse de provisions ramenée à la colonie s'en retrouve accrue de 26%, affirment les chercheurs.

Plus les quantités de nourritures ramenée à la fourmilière sont importantes et plus la colonie va se développer. D'où l'intérêt d'avoir recours à ces fourmis du génie pour aplanir le chemin...

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Mes Amis les bêtes

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