Un poisson "préhistorique" capturé en Indonésie

Publié le par Adriana Evangelizt

Notre planète renferme bien des secrets et bien des mystères qui sont loin d'être élucidés. Mais en attendant, le pauvre poisson avec des pattes est mort en emportant les siens...

Les scientifiques passionnés par un poisson "préhistorique"

capturé en Indonésie

Photo Ronan Bourhis - AFP

Il y a deux mois un pêcheur indonésien nommé Justinus Lahama capturait un poisson si exceptionnel qu'il a suscité le déplacement d'une équipe internationale de scientifiques.

Face aux experts équipés d'un sondeur et d'un GPS, le pêcheur est prié de refaire, dans sa pirogue, les gestes qui lui ont permis de prendre un énorme coelacanthe, poisson "préhistorique" rarissime.

Ce 19 mai au matin, comme tous les jours, Justinus pousse sa frêle embarcation dans la rivière de Malalayang, à la sortie de la ville de Manado (nord de l'île de Célèbes), pour rejoindre la mer toute proche.

Accompagné de son fils Delvy, il rame une demi-heure. Ils commencent à pêcher à 200 mètres de la plage. "J'ai très vite déroulé la palangre habituelle avec trois hameçons, 70 brasses de fil (environ 110 mètres), et au bout de trois minutes j'ai senti une grosse prise".

La remontée est laborieuse: "J'avais les bras tétanisés... J'ai senti une telle résistance, je pensais que je remontais un morceau de corail".

Après trente minutes d'efforts sous le soleil, il aperçoit enfin le poisson à 20 mètres de profondeur: "La mer était très calme ce jour-là, il n'y avait pas de vent, pas de nuages, pas de courant, l'eau était très claire. Le poisson s'est laissé faire".

Le pêcheur croit rêver en voyant la créature au bout de sa ligne: "C'était un poisson énorme, il avait des yeux verts phosphorescents et des pattes! Si je l'avais remonté pendant la nuit, j'aurais eu peur et je l'aurais relâché!"

Agé de 48 ans, Justinus Lahama pêche depuis l'âge de 10 ans, comme son père et son grand-père. Mais eux n'ont jamais eu la chance de remonter un fossile vivant de 50 kilos et d'1,30 mètre.

De fait, seulement deux coelacanthes ont été pêchés en Asie, le premier au filet en 1998, également au large de Manado. Ces prises ont étonné les ichtyologistes, jusque-là convaincus que les derniers coelacanthes se trouvaient uniquement au large de l'Afrique orientale, principalement aux Comores.

Cela, Justinus l'ignorait. Il a d'abord pensé vendre ce gros poisson, marron clair avec des taches blanches, qui ne ressemblait à aucun autre. "Vu son poids, je me suis dit que ce serait une bonne affaire".

Rentré au port, il le montre au doyen des pêcheurs qui s'alarme: "C'est un poisson qui a des pattes, il faut le remettre à l'eau, il nous portera malheur".

Mais Justinus n'est pas superstitieux, il décide de le garder. Après avoir passé trente minutes hors de l'eau, le poisson, toujours vivant, est placé dans une clôture en filet devant un restaurant du bord de mer; il y survit 17 heures, montrant une résistance surprenante.

Les agents du service de la mer et de la pêche de Manado réussissent même à filmer longuement son comportement dans un mètre d'eau. Des images précieuses car les rares coelacanthes vivants ont été filmés dans des grottes, à de grandes profondeurs. Le poisson a ensuite été congelé.

Après l'interview du pêcheur, les scientifiques indonésiens, français et japonais venus spécialement à Manado ont tout récemment procédé à l'autopsie de l'animal. Des analyses génétiques devaient suivre.

Le site de capture, à 200 mètres de la plage et 105 mètres de profondeur, intrigue les scientifiques. Les coelacanthes sont généralement observés à des profondeurs dépassant les 150 mètres. Le coelacanthe indonésien affectionne-t-il des eaux moins profondes que son cousin des Comores, qui vit à 200 mètres, voire plus?

Le poisson de Justinus a été recongelé, il sera naturalisé et restera à Manado, a indiqué Sinyo Sarundajang, le gouverneur de la province de Célèbes Nord. La créature devrait ensuite trôner dans unmusée.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Animaux prehistoriques

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