Le cyclone au Bangladesh a fait des milliers de morts

Publié le par Adriana Evangelizt

Le cyclone au Bangladesh a fait des milliers de morts

Près de 2.000 personnes ont été tuées mais le bilan pourrait s'alourdir et ce serait alors des milliers de personnes tuées par le cyclone Sidr qui a dévasté jeudi le sud du Bangladesh, faisant aussi des millions de sans abris, dans la pire tempête ayant frappé ce pays déshérité ces dernières années.

"Le nombre de morts, pour l'instant, est de 1.723 et cela continue à augmenter", a annoncé le major Emdadul Islam, de la salle de contrôle de l'armée, qui recense les victimes du cyclone.

Deux jours après la course meurtrière de Sidr, les autorités n'ont cessé de répéter samedi que le bilan s'alourdirait d'heure en heure, pour atteindre des "milliers de morts".

En effet, "nous nous attendons à découvrir des milliers de cadavres dans les jours qui viennent", a déclaré à l'AFP Shekhar Chandra Das, de la cellule de crise du gouvernement.

Pour l'instant, les autorités ont du mal à compter les victimes dans de nombreux districts dévastés, coupés du monde et que sauveteurs et armée ont toutes du mal à rejoindre.

Sidr, formant une impressionnante masse blanche de 500 km de diamètre, a frappé avec des vents de 240 km/h le sud côtier bangladais, près de l'Etat indien du Bengale occidental, qui a été épargné.

Mais au Bangladesh, Sidr n'a semé que mort et désolation. Les blessés devraient aussi se compter par centaines, voire par milliers.

Rien qu'à Charkhali, 100 villageois ont péri et 30 ont disparu après qu'un "mur d'eau de six mètres de hauteur a ravagé" la bourgade, a dit un responsable, K.M. Abdul Wadud.

Conformément au rite musulman, les victimes ont été vite enterrées dans une fosse commune.

La région méridionale la plus dévastée est peuplée de cinq millions de Bangladais, selon des estimations. Là, des dizaines de milliers de maisons en pisé, en bambou ou en paille, aux toits en tôle ou en chaume, ont été rayées de la carte, du moins dans les districts qui ont pu être inspectés.

"Des millions de gens sont sans abris et moins de 1% de cette population a été secourue", a évalué Hariprasad Pal, administrateur du district de Jhalokati, l'un des plus meurtris, avec celui de Barguna, à une centaine de km au sud de Dacca, la capitale.

"Chaque village, l'un après l'autre, a été rasé", a-t-il témoigné, qualifiant Sidr de "grande tragédie humaine", quand des survivants parlent du cyclone du "Jugement dernier".

Ils ont raconté leur "terreur" face à un vent "effrayant" accompagné de pluies torrentielles. "C'était l'enfer. J'ai vu des dizaines de toits de tôle s'envoler et les maisons soufflées", a témoigné Manik Roy, un homme d'affaires.

Sidr est la pire tempête de ces dernières années dans un pays ravagé par un ouragan en 1970, qui avait fait un demi-million de morts, et par un terrible raz-de-marée cyclonique en 1991, qui avait tué 138.000 personnes.

Pour éviter un bilan aussi monstrueux, les autorités avaient pris les devants en évacuant 1,5 million de personnes, lesquelles s'étaient réfugiées dans des bâtiments en dur et dans des abris anticycloniques construits sur la côte.

"Sinon, des dizaines de milliers de gens auraient été tués", a estimé un sous-préfet, K.M. Rahatul Islamadded Islam.

Pour porter secours aux sinistrés, la marine a envoyé des tonnes de vivres et de médicaments et l'armée a dépêché ses hélicoptères.

L'UE, l'Allemagne, la Suisse et l'Espagne ont débloqué au total près de trois millions d'euros. Les Etats-Unis ont proposé leur assistance.

Même si le bilan humain sera bien moins élevé qu'en 1970 et en 1991, le gouvernement craint aussi d'"énormes dégâts" économiques dans ce pays musulman laïc de 144 millions d'habitants, dont 40% vivent avec moins d'un dollar par jour, ce qui en fait l'un des plus pauvres au monde.

Sidr a provoqué par ailleurs un désastre écologique. Il a ravagé la plus grande mangrove du monde, les Sunderbans, inscrite au patrimoine mondial de l'humanité et réserve exceptionnelle de milliers d'espèces d'animaux rares, a annoncé l'Union mondiale pour la nature.

Le cyclone n'était plus samedi qu'une grosse dépression sur le nord-est de l'Inde.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt



Publié dans Catastrophes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article