Un embryon créé «in vitro» avec trois parents

Publié le par Adriana Evangelizt

On imagine sans peine les expériences auxquelles doivent se livrer les scientifiques. Ils disent qu'ils détruisent les embryons, mais nous n'en croyons pas un mot.

Un embryon créé «in vitro» avec trois parents

Cette première scientifique pourrait, selon les chercheurs, permettre de lutter contre la transmission de maladies génétiques à l'enfant.

Des chercheurs de l'université de Newcastle (nord de l'Angleterre) ont créé un embryon humain comprenant l'ADN d'une femme et d'un homme ainsi que les mitochondries d'une autre femme. Aucun détail n'a été fourni sur la technique employée. On peut penser néanmoins que comme dans une fécondation in vitro classique, ils ont fécondé l'ovule d'une femme avec le spermatozoïde d'un homme mais qu'à l'intérieur de cet embryon ils ont injecté une partie du cytoplasme prélevé dans l'ovule d'une autre femme.

Ils seraient ainsi parvenus à remplacer les mitochondries endommagées de la mère par celles en bonne santé de l'autre femme. Les embryons se sont développés pendant cinq jours, et ont ensuite été détruits.

Les mitochondries sont des éléments d'origine bactérienne qui jouent un rôle vital dans l'alimentation en énergie. Chez tous les organismes vivants, ce sont elles qui fournissent de l'énergie aux réactions chimiques. Si elles sont endommagées, elles peuvent générer une série de maladies neuromusculaires, des maladies du foie, la surdité, des attaques ou la cécité. On estime qu'une personne sur 6 500 est affectée par ce type de maladie.

Les chercheurs de l'université de Newcastle ont utilisé 10 embryons qui n'étaient pas utilisables pour la fécondation in vitro.

Cette avancée a été présentée à Londres la semaine dernière lors d'un débat à la Chambre des Lords mais n'a pas encore fait l'objet d'une publication scientifique, a indiqué l'université hier. Cette première scientifique pourrait, selon les chercheurs, permettre de lutter contre la transmission de maladies génétiques à l'enfant.


«Prévenir des maladies»

«Ces recherches visent à soigner et prévenir une série de maladies pas très courantes mais très graves qui touchent le système nerveux et les muscles», a expliqué le professeur Patrick Chinnery, neurogénéticien. Dans beaucoup de cas, ces maladies «sont mortelles et ne peuvent être soignées. Le but est de développer des façons d'éviter qu'elles soient transmises de la mère à l'enfant». Le scientifique souligne que le bébé issu d'un tel embryon n'héritera que des caractéristiques de son père et de sa mère, et que les mitochondries transplantées n'auront aucun effet sur la personnalité ou l'apparence de l'enfant.

Le remplacement de mitochondries défectueuses pourrait devenir une opération de routine effectuée lors des fécondations in vitro, souligne-t-il. On n'en est toutefois pas encore là.

Josephine Quintavelle, membre du groupe de pression Comment on Reproductive Ethics, antiavortement et défendant le «droit à la vie», a dénoncé ces recherches, «estimant qu'il s'agissait d'une avancée très risquée et dangereuse et que les chercheurs se sont lancés dans de l'expérimentation sur l'homme».

Sources Le Figaro

Posté par Adriana Evangelizt



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