Kenya : 50 000 hectares de terres arrachées aux mains des autochtones

Publié le par Adriana Evangelizt

Quand une société -qui se dit "civilisée"- ne respecte plus ni la Nature, ni la Vie, elle est condamnée à s'éteindre sans laisser de traces. Il ne restera rien, absolument rien de notre civilisation vouée à l'éphémère. Que restera-t-il de nos ridicules building comparés aux Pyramides de diverses civilisations qui ont défié non seulement les millénaires mais aussi les catastrophes ? Rien. Nous vivons une ère de régression totale. Ce monde est une horreur pour ceux qui ont encore du coeur et une Conscience. Une horreur. Crimes, vols, pillages, voilà ce à quoi nous avons droit chaque jour dans les nouvelles nous parvenant des quatre coins du monde. Il est vraiment temps que la Terre commence son Grand Nettoyage pour nous débarrasser de toute cette lie.

 

 

 

 

Kenya : 50 000 hectares de terres arrachées aux mains des autochtones

 

 

 

Au Kenya, l’accaparement des terres par de grandes entreprises au détriment des populations locales se poursuit dans l’incompréhension la plus totale. Ainsi, le gouvernement vient de « confier » 50 000 hectares de forêts, situés dans la région côtière de Malindi, à la Kenya Jatropha Energy Limited, entreprise privée détenue par la société italienne Nuove Iniziative Industriali SRL. Sans surprise, cette dernière est spécialisée dans la production d’énergies renouvelables, et notamment d’huile de palme qu’elle importe depuis les continents africain et asiatique.


Selon un document officiel fraîchement publié par les autorités, les terres en question sont louées pour une durée de 33 ans, sur la base tarifaire de 2 euros par hectare.


D’après Réseau Action Climat (RAC), la Kenya Jatropha Energy Limited projette de raser 30 000 hectares forestiers et d’exploiter les terres communales ainsi investies.

La finalité de cette installation trouve sa réponse dans la production du jatropha, une plante non comestible mais supposée offrir des rendements élevés en huile, vouée à alimenter la production d’agrocarburants (1).

Selon le réseau associatif, ce projet « a été élaboré sans que l’ensemble des consultations prévues par la constitution kenyane n’ait été mené ». En janvier 2010, les populations de la région de Malindi auraient ainsi été alertées par des fumées inhabituelles émanant de la forêt de Dakatcha, résultant du passage des bulldozers sur les arbres des territoires cédés par le gouvernement. D’après ActionAid Kenya, 20 000 personnes seront affectées par cette monopolisation, pour ne pas dire destruction, et devront être « éventuellement déplacées ». Parmi celles-ci, comptent de nombreux paysans, dépossédés de leurs productions vivrières dont dépendent également les populations autochtones. Communauté indigène, les Wa Sanya partagent un sort comparable, leur subsistance dépendant de la chasse et de la cueillette.

A l’inverse, du point de vue de l’entreprise italienne, l’opération devrait s’avérer ô combien lucrative, même si les profits générés varient selon la source d’informations. D’après les documents officiels, 30 % de l’huile produite au Kenya devrait être exportée vers l’Italie, les 70 % restants étant destinés à la consommation énergétique nationale. Mais des points restent volontairement dans l’ombre. Ainsi, ne sont précisés ni la manière dont sera transformée l’huile en territoire kenyan en l’absence d’infrastructures adéquates, ni les prix qui seront pratiqués par l’entreprise exploitante à destination du marché kenyan.


Contredisant ces déclarations, l’entreprise exploitante aurait récemment confié à la presse italienne que seuls 20 % de la production kenyane seraient consommés sur place contre 80 % se destinant à l’exportation en direction de l’Italie.

Ne s’avouant pas vaincues, les communautés locales, bénéficiant de l’appui des organisations de la société civile kenyane, ont exprimé leur opposition à ce projet auprès du gouvernement, faisant valoir leur droit à disposer de leurs terres. Fin mai, les premières consultations publiques ont attesté de l’ampleur des contestations. Les agences gouvernementales de protection des forêts ont également fait entendre leur mécontentement, affirmant ne pas avoir été préalablement consultées. Face à l’urgence, ActionAid Kenya, partenaire du RAC et impliqué dans les négociations entretenues avec le gouvernement, en appelle à la solidarité internationale afin de « défendre la souveraineté alimentaire des communautés de la région de Malindi et empêcher la destruction de la forêt de Dakatcha ».

Cécile Cassier

 

Sources Univers Nature

 

Posté par Adriana Evangelizt

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