Les grandes sécheresses retracées en Asie depuis mille ans grâce aux arbres

Publié le par Adriana Evangelizt

 

 

 

Les grandes sécheresses retracées en Asie depuis mille ans grâce aux arbres

 

 

L'analyse des cercles de croissance des arbres en Asie dévoile l'évolution du climat sur dix siècles, révélant au moins quatre grandes sécheresses, selon une étude publiée jeudi qui permettra de mieux saisir l'impact du changement climatique sur la mousson.

 

La mousson amène des pluies saisonnières faisant pousser des récoltes qui nourrissent près de la moitié de la population de la planète. Toute perturbation peut avoir des conséquences socio-économiques considérables, comme le montre cette recherche conduite par Edward Cook du Earth Institute à Columbia University (New York, est).

 

Une des grandes sécheresses (1638-1641) citée par l'étude et mentionnée dans les textes historiques, pourrait avoir entraîné la fin de la dynastie Ming en Chine en 1644 et une autre aurait causé une famine responsable de plusieurs dizaines de millions de morts, surtout en Inde, à la fin des années 1870, écrivent ces chercheurs dont les travaux paraissent dans la revue américaine Science datée du 23 avril.

 

Le sud de la Chine connaît actuellement sa pire sécheresse depuis près de cent ans.

 

"Les modèles climatiques ne permettent pas de simuler avec exactitude la mousson en Asie et ces limitations empêchent d'anticiper des changements potentiellement rapides pouvant modifier de façon inattendue la mousson dans un monde qui se réchauffe", explique Edward Cook.

 

En échantillonnant les cercles de croissance de milliers d'arbres sur plus de 300 sites à travers l'Asie, de la Sibérie à l'Indonésie jusqu'au nord de l'Australie, les scientifiques ont élaboré un véritable atlas des sécheresses depuis mille ans.

 

Ils en ont mesuré la gravité relative durant une vaste période sur un espace géographique étendu et très diversifié allant des forêt tropicales aux hautes altitudes de l'Himalaya.

 

"Il y a une énorme diversité d'environnement, d'influences climatiques et d'espèces vivantes", relève Kevin Anchukaitis, du Earth Institute, un des co-auteurs de l'étude.

 

Avant cette recherche, les données fiables --température, pluviosité, vents etc..-- recueillies en Asie remontaient seulement à 1950.

 

Ces modèles devraient permettre de mieux comprendre les variations de la mousson en Asie, un système de vents périodiques des régions tropicales, surtout actif dans l'océan Indien.

 

Les changements de la mousson paraissent résulter, au moins en partie, des modifications cycliques des températures à la surface de l'océan.

 

Des climatologues ont avancé l'hypothèse que le réchauffement des températures du globe sous l'effet de l'accumulation des gaz à effet de serre, pourrait altérer ces cycles.

 

Mais jusqu'à présent, les experts ne sont pas tombés d'accord pour expliquer les changements affectant la mousson.

Les scientifiques ne sont pas exactement sûrs non plus du rôle combiné de facteurs comme les éruptions volcaniques, les gaz à effet de serre et les variations des activités solaires sur les nombreuses variations de la mousson sur une très longue période.

 

Sur des périodes de temps plus courts, les variations de la mousson paraissent étroitement liées aux courants marins chaud liés au phénomène El Niño dans la zone tropicale du Pacifique.

 

Selon d'autres études publiées précédemment, El Niño, coïncide souvent avec une mousson faible et des sécheresses.

 

Ainsi la sécheresse en Asie de 1876-1878 a correspondu au courant El Niño le plus extrême des 150 années précédantes et les effets ont été ressentis sur l'ensemble des tropiques.

 

Sources AFP

 

Posté par Adriana Evangelizt

 

 

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