Un Hommage à Sagan

Publié le par Adriana Evangelizt

Allez... un hommage à une auteure dont j'ai particulièrement aimé dévorer les livres.... Sagan, la fureur de vivre... grandeur et décadence... on a connu ça.  Repose en paix... ici on relit encore Bonjour tristesse... et la larme nous vient en souvenir de toi...

 

Lire aussi Rebonjour Sagan

 

 

 

Françoise Sagan, biographie et confidences, trois ans après sa mort

 

 

Trois ans après sa mort, l'écrivain Françoise Sagan revient en force avec une biographie, des témoignages et un téléfilm, qui ressuscitent le destin exceptionnel d'une adolescente d'après-guerre devenue une légende des lettres françaises.

Son premier roman, "Bonjour tristesse", a fait d'elle une vedette à l'âge de 19 ans. Mais le goût de la vitesse, l'alcool et les substances illicites ont vite métamorphosé le "charmant petit monstre".

Deux photos, en couverture de "Sagan à toute allure" (Editions Denoël), la biographie que lui consacre Marie-Dominique Lelièvre, et d'"Un amour de Sagan" d'Annick Geille (Pauvert), résument ce parcours, de la grâce des débuts à la dégringolade des dernières années. D'un côté, une gamine rieuse, cheveux courts ébouriffés, qui était l'attraction des fêtes de Saint-Tropez. De l'autre, le visage inquiet d'une femme aux yeux rougis, le front barré d'une lourde frange.

Entre temps, Françoise Sagan (1935-2004) a pulvérisé plusieurs voitures de sport, fait la mode des années 1950 et écrit une quarantaine de romans et de pièces de théâtre.

La saga Sagan - née Françoise Quoirez - débute en mars 1954. La France d'après-guerre découvre alors cette adolescente de bonne famille, dont le premier roman fait scandale et rencontre un succès foudroyant.

"Avant l'été, Françoise est une vedette", écrit Marie-Dominique Lelièvre. "La voiture, le blue-jean, les copains, le jeu, la danse, le whisky et les disques sont ses totems, elle personnifie la jeunesse française d'après-guerre".

Une vie "à toute allure", qui s'abime une première fois en avril 1957, quand elle fracasse son Aston Martin sur une route de campagne. Grièvement blessée, elle sort de l'hôpital accro à un dérivé de la morphine et ne laissera plus les drogues dures.

Le nom de Sagan est dès lors associé à la vitesse et aux fêtes "aussi chic qu'excitantes" avec des célébrités oubliées depuis longtemps. Son amie Florence Malraux explique cette fuite en avant par son incapacité à rester seule : "plus que de la drogue, elle ne pouvait se passer de compagnie".

Sagan l'écrivain a enchaîné pendant trente ans romans et pièces de théâtre à succès : "Château en Suède", "La chamade", "Aimez-vous Brahms"... Son recueil de portraits paru en 1985, "Avec mon meilleur souvenir", est considéré comme un de ses livres majeurs.

Mais les dernières années sont difficiles. A l'automne 1985, elle est victime d'une overdose de cocaïne alors qu'elle accompagne le président François Mitterrand en voyage officiel en Colombie. Et son nom apparaît au début des années 1990 dans l'affaire Elf, quand elle tente maladroitement de jouer les femmes d'influence pour la compagnie pétrolière auprès du président socialiste de l'époque.

A sa mort en septembre 2004, Françoise Sagan laisse 600.000 euros de dettes fiscales et nombre de ses livres sont depuis introuvables.

Le retour en grâce actuel de Sagan se prolongera au premier semestre 2008, avec la réédition par les éditions Julliard de dix de ses titres parus entre 1954 et 1976. Et la comédienne Sylvie Testud incarnera la romancière dans un téléfilm réalisé par Diane Kurys, qui doit être diffusé sur la chaîne publique France 2.

Sources AFP

 

Denis Westhoff *, son fils


par Christine Kerdellant



«A Bercy, le dossier de ma mère brûlait les doigts»

Pourquoi avez-vous hésité pendant trois ans avant d'accepter la succession de votre mère?
La succession, c'était avant tout une dette fiscale de 600 000 euros. Pendant les dernières années de sa vie, maman avait dû quitter son appartement de la rue de l'Université pour habiter chez une amie, car tous les droits d'auteur qu'elle percevait étaient saisis par le fisc.

Pourquoi?
Un contrôle fiscal avait été déclenché à l'arrivée de Jacques Chirac au pouvoir. C'étaient les suites de l'affaire Elf. Quand maman est tombée très malade, au printemps 2004, le ministère de la Culture, qui prenait enfin conscience de sa situation, a mandaté quelqu'un pour discuter d'un rééchelonnement de sa dette, afin de lui permettre de vivre plus décemment. Mais elle est décédée en septembre... Ensuite, j'ai vu moi-même Renaud Donnedieu de Vabres, qui n'a rien pu faire, puis j'ai écrit à Thierry Breton à Bercy et nous avons élaboré avec son ministère un protocole permettant d'étaler les remboursements et de négocier les intérêts de retard. Mais, une nouvelle fois, le dossier a été bloqué: tous les gens qui le touchaient semblaient s'y brûler les doigts. Je n'ai jamais compris pourquoi. A cause d'Elf? Une personnalité importante était-elle impliquée?

Vous avez ensuite écrit à Nicolas Sarkozy...
Oui, au début de 2007, lorsqu'il était au ministère de l'Intérieur. Il a répondu aussitôt, puis il y eut la présidentielle, et ce fut à nouveau le silence. Je l'ai relancé; j'ai été convoqué au ministère des Finances avec mon avocat, et, cette fois, j'ai eu le sentiment d'avoir été écouté. J'attends maintenant avec impatience le feu vert de Bercy pour relancer l'oeuvre de ma mère...

Qu'allez-vous faire précisément?
Tous les comptes de Françoise Sagan chez les éditeurs ont été bloqués à son décès, en 2004, jusqu'à ce que j'accepte la succession. L'oeuvre n'a pas été vraiment exploitée pendant ces trois années. Maman a écrit 38 oeuvres, mais aujourd'hui seules 7 ou 8 sont disponibles! Cela dit, ses contrats d'édition étaient très avantageux: à ma connaissance, elle était le seul auteur, avec André Malraux, à toucher 20% de droits d'auteur sur la vente d'un livre.

Quels rapports entreteniez-vous avec elle?
Privilégiés. Même lorsque j'étais enfant, nous avions de vraies conversations: elle n'hésitait pas à me parler de l'amour, de la mort ou des derniers romans que nous avions aimés. Ce n'était pas le genre de mère qui recousait les fonds de pantalon ou faisait la cuisine: les besoins basiques ne l'intéressaient pas beaucoup. Mais cela ne nous empêchait pas de nous aimer. Nous nous fâchions aussi parfois.

Votre mère, comme beaucoup de gens dans son entourage, était bisexuelle. Etait-ce lourd à porter, à cette époque?
Cela ne me regardait pas. Je voyais Peggy [NDLR: Peggy Roche, compagne de Françoise Sagan] comme une amie de la famille. Elle m'a aussi un peu élevé. Je n'ai jamais considéré leur relation comme sexuelle. Amoureuse, éventuellement. Cela dit, mon père et ma mère, qui avaient divorcé juste après leur mariage mais ne se sont séparés que lorsque j'avais 6 ans, étaient restés très proches: ils se voyaient et s'appelaient régulièrement.

Etiez-vous à ses côtés à la fin?
Oui. Elle était hospitalisée à Honfleur pour des problèmes respiratoires, et je faisais des allers-retours entre Paris et Honfleur tous les deux ou trois jours. J'étais convaincu qu'elle se remettrait, et je n'étais pas le seul: elle s'était tirée de tant de mauvais pas auparavant. Les médecins disaient toujours qu'ils n'avaient jamais vu quelqu'un d'une telle force - en dépit de ses 48 kilos. Elle avait d'ailleurs reçu deux fois l'extrême-onction au cours de sa vie.

Elle n'était pourtant pas croyante...
Non, ce n'était pas elle qui avait demandé ce sacrement. Elle disait: «Dieu est peut-être une solution, mais pas la mienne.»

* Denis Westhoff est à l'origine d'une série de recueils de petits textes de Françoise Sagan dont le premier, Bonjour New York, vient de paraître à L'Herne.

Sources Livres Express

Posté par Adriana Evangelizt

Publié dans Patrimoine - Culture

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article