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Samedi 20 janvier 2007

L’agriculture emploie 70% des enfants

qui travaillent dans le monde

par Teresa Buerkle pour Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture

 

Que faire pour abolir les travaux dangereux pour les enfants ?
 
L’agriculture emploie quelque 70 pour cent des enfants qui travaillent dans le monde. De nombreux enfants sont astreints à un travail forcé et dangereux, souvent contraints à travailler de longues heures, à utiliser des outils affilés conçus pour des adultes, à porter des charges trop lourdes pour leurs petits corps immatures et à manipuler des machines dangereuses. Les enfants travaillant dans l’agriculture sont également exposés aux pesticides toxiques, aux poussières nocives, aux maladies et à des conditions hygiéniques malsaines.

Réduire le travail des enfants dans l’agriculture était le thème d’une réunion qui a rassemblé à Rome des représentants de la FAO et d’autres organisations agricoles internationales ainsi que l’Organisation internationale du travail (OIT) pour examiner comment affronter le problème en coordonnant leurs efforts.

Travail à risque

L’agriculture est un des trois secteurs les plus dangereux – avec les mines et le bâtiment – en termes de morts et de blessés au travail, et ceci est particulièrement vrai pour les enfants dont le corps est en pleine croissance et qui manquent d’expérience ou de formation.

Certaines activités agricoles— comme mélanger et appliquer les pesticides, utiliser certains types de machines agricoles – sont si dangereuses qu’il devrait être interdit d’y employer des enfants, indique Parviz Koohafkan, Directeur de la Division du développement rural de la FAO.

Mais, précise-t-il, tout le travail que les enfants accomplissent ne nuit pas à leur épanouissement et à leur bien-être.

Quand on parle d’agriculture de subsistance et d’agriculture familiale, la participation des enfants aux activités agricoles les aide à acquérir des techniques précieuses, à prendre confiance en soi et à contribuer à la création de revenus du ménage, ce qui a un impact positif sur leurs propres moyens d’existence, ajoute M. Koohafkan. C’est donc une question très complexe qui devrait être examinée au cas par cas pour éviter les généralisations.

Qu’est-ce que le travail des enfants ?

Toutes les formes de travail exercées par les enfants ne leur portent pas préjudice, selon l’OIT. Des travaux légers qui ne perturbent pas la scolarité sont autorisés dès l’âge de 12 ans, de même que les travaux n’appartenant pas à la catégorie dangereux pour les jeunes de 15 ans et plus.

Le travail des enfants dont il est question dans les conventions de l’OIT est tout travail dommageable à leur bien-être, qui entrave leur éducation, leur développement et leurs moyens d’existence futurs. Lorsque les enfants sont forcés à travailler de longues heures dans les champs, cela nuit à leur assiduité scolaire ou à leur formation professionnelle et, en conséquence, à leurs possibilités de mobilité économique et sociale et à leur futur.

Le rôle de la FAO

Le travail des enfants dans l’agriculture est lié aux systèmes de subsistance des zones rurales et à la vulnérabilité économique des familles. Créer d’autres sources de revenus pour les ménages réduirait la nécessité de faire travailler les enfants et permettrait à leurs familles de les envoyer à l’école.

En favorisant des stratégies et programmes de développement rural visant à améliorer les moyens d’existence ruraux, à créer des activités rémunératrices et à affronter les questions de santé et de sécurité dans l’agriculture, la FAO a un rôle important à jouer pour aider à réduire le travail des enfants et le niveau de risque qui s’y rapporte, selon M. Koohafkan. Les efforts de la FAO pour améliorer la gestion des pesticides, par exemple, aident à protéger les jeunes travailleurs d’un des principaux dangers auxquels ils sont confrontés.

L’instruction est une condition essentielle à la réduction de la pauvreté, à l’amélioration de l’agriculture et des conditions de vie des ruraux et à la construction d’un monde à l’abri de la faim. Mais les enfants ruraux ont généralement peu accès à une instruction de qualité en raison du manque d’écoles, d’enseignants, ou d’un enseignement scolaire peu adapté, ou tout simplement parce que leurs familles n’ont pas les moyens de payer les frais de scolarité.

En tant qu’organisme chef de file des Nations Unies dans le partenariat mondial sur l’Éducation pour les ruraux, la FAO travaille avec l’Unesco et d’autres partenaires pour combler le fossé urbain/rural en matière d’éducation et améliorer la qualité de l’enseignement rural de base ainsi que son accès.

Le plus gros enjeu: l’Afrique

L’enjeu consistant à éliminer les travaux dangereux des enfants est une véritable gageure en Afrique, où l’agriculture est l’activité économique dominante; et des facteurs comme la pauvreté persistante et l’insécurité alimentaire, une instruction médiocre et le VIH/SIDA viennent aggraver le problème.

Les enfants orphelins du sida souffrent doublement: ils perdent non seulement leurs parents, mais aussi la possibilité de faire leur apprentissage dans la vie et de recevoir les savoirs agricoles qui sont transmis traditionnellement de génération en génération. Sans accès aux biens, ils se retrouvent souvent avec la responsabilité d’un foyer et de frères et soeurs plus jeunes dont il faut s’occuper. Ainsi, beaucoup n’ont d’autre choix que le travail et sont particulièrement sujets à l’exploitation et à l’harcèlement.

Les Écoles pratiques d’agriculture et de vie pour les jeunes de la FAO opérant dans plusieurs pays africains dispensent aux orphelins du sida et autres enfants vulnérables des techniques agricoles et un apprentissage à la vie, et aident à renforcer la cohésion sociale au sein de communautés durement frappées par le VIH/SIDA.

Renforcer la sensibilisation

Les participants à la réunion de la FAO ont convenu que la diffusion de l’information et des campagnes de plaidoyer étaient nécessaires pour attirer l’attention sur le problème du travail des enfants dans l’agriculture. En 2007, la Journée mondiale d’action contre le travail des enfants, tenue chaque année le 12 juin, portera sur le secteur agricole pour sensibiliser davantage à ce problème.

La plupart des enfants qui travaillent dans le monde sont concentrés dans les fermes et les plantations, pas dans les usines ou les zones urbaines, explique Jennie Dey DePryck, Chef du Service FAO des Institutions rurales et de la participation. Si nous voulons éliminer les pires formes de travail infantile, il faut multiplier les efforts dans le secteur agricole.

Parmi les participants à la réunion figuraient des représentants de l’OIT, du Fonds international pour le développement agricole (FIDA), du Programme alimentaire mondial (PAM), de la FAO, de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), de la Fédération internationale des producteurs agricoles (FIPA) et de l’Union internationale des travailleurs de l'alimentation, de l'agriculture, de l'hôtellerie-restauration, du tabac et des branches connexes (UITA).

Sources Planète Urgence

Posté par Adriana Evangelizt


par Adriana Evangelizt publié dans : Enfance en danger
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Jeudi 19 octobre 2006

18 000 enfants meurent de faim chaque jour

A l'occasion de la Journée Mondiale de l’Alimentation le 16 octobre, le Directeur exécutif du Programme Alimentaire Mondial, M. James Morris, a lancé un appel aux pays développés pour donner une chance aux 400 millions d’enfants qui ont faim dans le monde et dont la vie est anéantie par la malnutrition dès les premiers mois de leur existence.

. Morris s’est exprimé devant le Comité des Affaires étrangères du Sénat américain aux cotés d’Ann Veneman, Directrice Exécutive de l’UNICEF et de plusieurs partenaires de l’Initiative pour mettre un terme à la faim et à la dénutrition chez l’enfant. Les deux directeurs des agences onusiennes se battent pour trouver des partenaires dans le monde de l’humanitaire – des organisations humanitaires, des fondations et des entreprises, aussi bien que des gouvernements – pour éradiquer la faim extrême qui menace toujours la vie d’environ 400 millions d'enfants dans les pays en voie de développement.

"Environ 18 000 enfants mourront de faim et de malnutrition aujourd'hui. Ce n’est pas facile à réaliser pour des gens aux Etats-Unis ou en Europe" a déclaré M. Morris. "Mais d’ici un mois, il y aura plus d'enfants qui seront morts de faim qu'il n’y a d’habitants à Washington. Pourtant il n'y a ni gros titre, ni tollé. Au lieu de cela, ces enfants pauvres et oubliés meurent discrètement dans des pays comme le Guatemala, le Bangladesh et la Zambie - loin de nos yeux. Cela ne devrait pas arriver : nous avons tous les outils nécessaires pour en finir avec la faim."

La faim nuit au développement du cerveau

L'impact de la faim et de la malnutrition est souvent grave pour les enfants. Une récente étude a montré une fois encore que le développement cognitif pendant les premiers mois et années de la vie est crucial et influence l'apprentissage, le comportement et la santé tout au long de la vie. La faim nuit au développement du cerveau des enfants, diminuant leurs chances de succès pour l’avenir.
La sous-alimentation affecte chaque étape et aspect de la vie , en ralentissant non seulement la croissance physique mais aussi le développement mental – le Q.I. chute de 10 à 15 points, voire plus. Dans certains pays, les taux de retard de croissance dépassent 60 pour cent. "Imaginez l'impact sur les pays pauvres qui cherchent à développer leur économie" a ajouté M. Morris. "Comment leur population active peut-elle être compétitive ? L’éducation et le développement sont tout simplement impossibles dans un pays où l’on a faim."
"Étant donné que 70 pourcent du développement cognitif a lieu au cours des deux premières années de notre vie, la malnutrition précoce peut avoir un effet dévastateur" a déclaré M. Morris. "Avant même de savoir parler et marcher, ces gosses ont déjà une longueur de retard."

Des chercheurs chiliens ont démontré que les enfants qui ont souffert de la malnutrition avant l’âge de deux ans tendent à avoir des cerveaux plus petits et moins développés et des quotients intellectuels inférieurs à ceux qui ont été bien nourris.

Enfants bien nourris meilleurs à l'école


D'autres études montrent que la carence en fer chez les enfants de moins de deux ans peut être associée à de mauvaises performances scolaires une fois qu'ils atteignent l'âge d’aller à l’école. De même, les enfants en retard de croissance peuvent perdre des années d’éducation parce qu'ils sont scolarisés plus tard qu'ils ne devraient. En revanche, les enfants bien nourris sont sensiblement meilleurs à l'école.

« La conclusion que nous pouvons en tirer est qu’il est primordial d'intégrer l’alimentation dans les programmes d'éducation - alimentation scolaire - avec des interventions pour la survie et la croissance des nourrissons afin d’avoir le plus grand impact alimentaire sur les enfants » a déclaré M. Morris. « Et les programmes contre la faim des enfants doivent commencer avant même que l'enfant ne vienne au monde - ils doivent commencer par la mère. »

Intégrer l'alimentation dans les programmes d'éducation


M. Morris a comparé les opportunités et les technologies éducatives actuelles dont les enfants disposent dans les pays développés pour concrétiser leur potentiel avec les ressources extrêmement limitées disponibles dans les pays les plus pauvres du monde. Dans les pays comme le Niger, le Tchad ou le Bangladesh, des millions d'enfants ne vont pas à l'école, car les familles ont besoin que chacun travaille pour joindre les deux bouts.

« Il n'y a rien de mal à vouloir le meilleur pour nos propres enfants, le contraire serait anormal. Mais la prochaine fois que vous achetez un nouvel ordinateur portable à votre enfant ou que vous programmez ses cours particuliers, ayez une pensée pour les millions d'enfants dont les doigts ne toucheront jamais un clavier – ceux qui auraient déjà de la chance s’ils avaient accès à l’alphabétisation et à l’arithmétique de base » a déclaré M. Morris.

Assez de nourriture pour tout le monde


« Nous pouvons faire une différence. Il y a plus qu'assez de nourriture dans le monde. Par exemple en Italie, une fois que les besoins alimentaires de la population sont satisfaits, il y resterait suffisamment de nourriture pour toutes les personnes sous-alimentées en Ethiopie ; les « restes » des français pourraient alimenter ceux qui souffrent de la faim en République Démocratique du Congo, et ceux des Etats-Unis pourraient nourrir tous les affamés d’Afrique. »

Mettre en place une politique alimentaire prioritaire


« L'aide publique au développement a connu une hausse constante pendant plusieurs années et plafonne maintenant à 100 milliards de dollars. Nous pouvons faire quelque chose, mais nous devons mettre en place une politique alimentaire prioritaire - on ne pourra pas éradiquer la pauvreté tant qu’on ne s’attaquera pas à la faim et la malnutrition. Et un bon début serait d’empêcher que la faim n’anéantisse toute lueur d’espoir des enfants. »

Sources :
NOTRE PLANETE

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana Evangelizt publié dans : Enfance en danger
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