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  • : Blog d'Adriana Evangelizt. La planète, notre Terre-Mère est en danger. Que faut-il faire pour la sauver ? Parler ne suffit plus, il faut que chacun s'investisse et agisse pour le bien être commun et celui de l'humanité.
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Mardi 29 mai 2007

Et après la Toundra, on passe à la Taïga...

La Taïga


La taïga (du russe Тайга) est un biome et une formation végétale caractérisé par ses forêts boréales de conifères, scientifiquement appelées Aciculisylvae.

C'est une région biogéographique nordique subarctique dans laquelle la flore est principalement composée de sapins et autres conifères à feuilles persistantes, qui sont adaptés au climat froid. La taïga est la zone la plus septentrionale de la planète encore boisée.

Les marais et leurs plantes associées sont également communs dans cette zone, qui couvre la majorité des terres intérieures du Canada, de la Scandinavie et du nord de la Russie.

Il s'agit de l'une des principales réserves d'oxygène de la planète.

Situation

La taïga dessine en fait une large bande sous la toundra[1] des régions arctiques. La taïga apparaît dans l’hémisphère Nord comme un vaste anneau circumpolaire, presque continu sur 50 km (60 km en Eurasie, 3 5 en Amérique du Nord), simplement interrompu par le détroit de Béring et par l’océan Atlantique. Cette zone couvre donc la majorité des terres intérieures du Canada, de la Scandinavie et du nord de la Russie.

Climat

Les écosystèmes de la taïga connaissent des températures annuelles moyennes se situant entre –1°C et 0°C. Les températures moyennes d’été se situent entre 10 et 15°C, mais les moyennes minimales d'hiver peuvent descendre au-dessous de -3°C. Les précipitations, régulières tout au long de l’année, sont de l'ordre de 4 à 8 mm par an. Le temps alterne brouillard,  neige et pluie. On peut donc parler de climat continental plutôt affirmé.

Sol

Le sol de la taïga est très acide, en raison du climat et de la végétation, il est dénommé podzol ou podzosol.

Sous un climat froid, les matières organiques (feuilles, bois) issus des végétaux se décomposent lentement en dégageant des acides organiques. Ces acides réagissent avec les quelques bases restant dans le sol (calcaire ou autre) et les entrainent vers les nappes et rivières par le phénomène du lessivage. Résultat, les sols sont à la fois pauvres en éléments minéraux utiles aux arbres et très acides.

Ce sol acide se retrouve également dans les régions tempérées à conifères, cette pédogenèse en partie dûe aux persistants (notamment les grands conifères tels les épicéa et pins).

Végétation

Les arbres les plus répandus dans la taïga sont des conifères adaptés au froid, comme les mélèzes, les épicéas, les pins et les sapins. On y trouve également des feuillus, notamment les bouleaux, les saules, les peupliers et les sorbiers.

Il y a également des marais, avec toute la végétation qui leur sont associées.

Faune

C'est la zone la plus au Nord dans laquelle les espèces qui ont besoin de quelques arbres peuvent survivre. Un nombre considérable d'oiseaux tels que la grive sibérienne (ou grive obscure), la grive blanche et la grive à gorge foncée émigrent vers cet habitat pour tirer profit des longues journées d'été et de la nourriture abondante en insectes durant cette saison.

Quelques oiseaux carnivores et certains grands oiseaux omnivores qui peuvent y trouver des proies vivantes ou des carcasses sont également présents dans cette zone pendant l'hiver. Parmi ceux-ci, le bec croisé, l'aigle doré et le busard.

Relativement peu de mammifères peuvent faire face aux durs hivers. Parmi ceux qui le peuvent, on trouve l'élan, le lynx, le loup, le castor,  le lièvre des neiges, le lemming, le caribou et plusieurs membres de la famille des mustélidés tels que le glouton et la martre des pins.

Dégâts liées aux activités humaines

Du fait d'une nature très fragile, les atteintes d'origine anthropique sur les zones de taiga restent visibles très longtemps. Il faut plusieurs siècles pour que les arbres repoussent jusqu'a leur hauteur adulte.

Sources Wikipedia

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana Evangelizt publié dans : Déserts et plaines
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Mardi 29 mai 2007

Où mène la découverte d'un mammouth... par un meneur de rennes du Peuple Nenets que l'on surnomme Les Princes de la Toundra... mais qu'est-ce que la toundra ?

La Toundra

Le terme d'origine russe toundra désigne la formation végétale circumpolaire qui succède vers le nord à la taïga. Du fait de la localisation des terres émergées, la toundra n'existe pratiquement que dans l'hémisphère nord. La toundra est également la dénomination de l'un des 14 grands biomes terrestres de part ses écosystèmes qui ont pour particularité commune l'existence d'une strate végétale unique: une strate basse composée d'herbacées et de sous-frutescentes. Elle forme un cercle autour du pôle de plus de 8 millions de km² soit 6% des terres émergées.

Climat

Les conditions climatiques rudes sont marquées par un long hiver de gel et une courte période végétative -généralement 3 mois- pendant laquelle la température moyenne ne dépasse pas 10°C. Les précipitations, variables, ne dépassent pas en général 600 mm par année, ce qui donne un climat plutôt sec. L'eau tombe essentiellement sous forme de neige. Enfin, le vent y est le plus souvent violent et se nomme blizzard.

C'est dans la zone de la toundra que l'on rencontre les pergélisols, des sols qui ne dégèlent qu'en surface. Ils sont jeunes et minces car peu de matières organiques s'y sont déposées. Ils dégèlent en partie durant l'été. On parle de mollisol.

Biocénose

Flore

La flore de la toundra est très restreinte par rapport à des zones comme le bassin méditerranéen. Du sud au nord, on rencontre des landes à arbustes de la famille des salicacées avec de nombreuses espèces de saules herbacés nains, des landes où se trouvent encore quelques arbres comme les bouleaux, puis des pelouses à cypéracées et joncacées, enfin des zones où la végétation n'est plus représentée que par des mousses et des lichens (certains consommés par les rennes). Toutes ces plantes ont une croissance ralentie par les conditions climatiques extrêmes.

Faune

La courte période végétative est cependant suffisante pour attirer de nombreux oiseaux migrateurs (eider, bernache, oie des neiges, etc.) et en faire une zone de vie animale intense et de reproduction.

La faune est peu diversifiée mais très bien adaptée aux conditions de vie. Elle porte le plus souvent une fourrure ou un plumage épais et blanc en hiver ainsi qu'une grosse couche de graisse pour se protéger du froid.

La chouette harfang et le tétras sont des oiseaux sédentaires qui réussissent à résister aux conditions climatiques. Des hardes de grands ruminants exploitent aussi la toundra et migrent en fonction des ressources alimentaires. On peut citer les caribous en Amérique du Nord, les rennes en Eurasie, les bœufs musqués. Les carnivores sont représentés par les ours blancs, les loups ou les renards polaires. Une partie de leur alimentation est constituée par des petits rongeurs appelés lemmings.

Le court été boréal est aussi l'occasion du développement d'insectes comme les moustiqus.

Biomasse

La biomasse de cet environnement est très faible à cause de la vitesse de croissance lente des végétaux. Elle représente environ 5 tonnes par hectares et se localise dans le système racinaire.

Équivalences biogéographiques

Dans les zones tempérées, l'équivalent de la toundra peut se retrouver en montagne avec l'étage alpin. Cependant, les espèces végétales et surtout animales sont bien différentes.

Sources Wikipedia

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana Evangelizt publié dans : Déserts et plaines
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Mercredi 31 janvier 2007

Le Sahara, définir le désert ?


par Daniel Elouard

Ancien rédacteur en chef des revues Ulysse et Notre Histoire




Le Sahara, contrairement à une image simpliste qui s'est perpétuée durant des siècles, n'est pas qu'un moutonnement infini de dunes de sable. Les rallyes qui, chaque année, le traversent et le dénaturent en donnent au moins des images de plus en plus contrastées. De l'océan Atlantique, à l'ouest, jusqu'à l'Égypte, à l'est, voire jusqu'à la péninsule Arabique, bien rares sont les endroits d'où végétaux, animaux et hommes sont totalement exclus. Quasiment partout, une végétation adaptée nourrit un nombre étonnant d'animaux sauvages et domestiques… Daniel Elouard nous permet aujourd'hui de dépasser nos préjugés et d'appréhender à la lumière des dernières connaissances ce lieu mythique.

Rien n'est plus difficile à définir qu'un désert

Rien n'est apparemment plus facile à définir qu'un désert, car on pense qu'il « suffit » d'imaginer un espace sans vie. Or il n'existe jamais de lieu totalement privé de vie, et le souffle du vent sur quelques grains de sable suffit à donner une chance au destin. De la steppe pierreuse aux montagnes dénudées, des immenses dunes aux étendues glacées, il peut prendre des milliers de formes.

D'ailleurs, jusqu'au XVIIe siècle, le mot « désert » n'avait rien à voir avec ces étendues prétendument mortes, que l'on ne connaissait d'ailleurs pas vraiment en Occident. Au Moyen Âge par exemple, ce mot désignait des lieux écartés, souvent une forêt, une lande, voire des marécages, où s'isolaient des personnes recherchant le silence pour méditer et prier avant, bien souvent, d'y fonder des monastères. Au début de notre ère, le désert de Scété en Égypte et, nettement plus tard, le Sahara ont ainsi accueilli des solitaires cherchant à se retirer du « monde » pour y rencontrer Dieu. Mais depuis des temps immémoriaux ce Sahara, après qu'il eut perdu sa verdure et ses eaux, fut parcouru par des nomades chameliers capables de lire leur chemin dans les étoiles, et de conduire sûrement leurs troupeaux de source en puits, de maigre pâture en steppe broussailleuse. Ils suivaient les pistes incertaines qui mènent vers les oasis, se reposant à l'ombre de leurs palmiers, s'y approvisionnant en légumes, fruits et eau fraîche.

Une économie rurale conditionnée par le climat

Ils partaient vers les confins méditerranéens, au nord, ou bien vers le Sahel, au sud, au-delà desquels des pluies plus abondantes transformaient les conditions de vie, permettant aux populations sédentaires d'exploiter des pâturages et de cultiver des champs. Même si maintenant l'économie de la région ne repose plus sur les mêmes ressources – les dattes et le sel, peu rentables, ont laissé la place aux phosphates et au pétrole –, ce sont toujours des conditions climatiques extrêmes qui définissent le désert, et en particulier les précipitations. Lorsqu'il tombe moins de cent cinquante millimètres d'eau par an, les cultures deviennent impossibles et les pâturages, incapables de se régénérer, ne peuvent alimenter qu'épisodiquement les troupeaux, après que des pluies les ont fait reverdir.

Dans la partie la plus septentrionale du Sahara soumise aux influences méditerranéennes, l'automne est le moment où, les bonnes années, les pluies peuvent tomber. Dans cette zone, le Sahara commence dès qu'il reçoit annuellement moins de cent millimètres d'eau ; cette limite correspond en gros à celle de l'Atlas, où les palmiers dattiers ne peuvent plus donner de fruits, mais où commence la culture de l'olivier. Plus on progresse vers le sud, et plus les précipitations s'affaiblissent, n'atteignant, dans les endroits les plus bas – Tanezrouft, pied de l'Aïr, Ténéré – que cinq millimètres en moyenne, ce qui signifie qu'il y règne certaines années une sécheresse absolue. Même si les reliefs reçoivent un peu plus d'eau, cela ne permet pas le développement d'une agriculture capable de nourrir des populations importantes. Seuls les nomades, dont le mode de vie errant est adapté à des ressources en eau réduites, peuvent y séjourner temporairement.

Vers le sud, le Sahara s'arrête dès que le niveau des précipitations dépasse deux cents à trois cents millimètres d'eau, car il est alors possible de pratiquer une agriculture sèche. La « frontière » est très difficile à définir, car elle varie d'année en année au gré de pluies plus ou moins abondantes ; le passage du désert sans végétation à la steppe se fait toujours progressivement. Les années humides, le Sahel ainsi que le sud du Sahara reçoivent des pluies estivales caractéristiques des régions tropicales, mais cette pluviosité très irrégulière ne compense pas les années de sécheresse qui les ont précédées. Ce déficit en eau entraîne une extension du désert et chasse les populations vers le sud, y créant une surcharge démographique qui met en danger une économie fragile.

Rare donc précieuse, l'eau reste la clé de la survie

Absente en surface, elle existe en profondeur, sous forme de nappes fossiles qui se sont constituées à l'époque où les précipitations étaient abondantes. Ces réserves furent régénérées par les pluies occasionnelles. Lorsque le climat devint de plus en plus aride, les populations migrèrent, ne laissant dans quelques oasis qu'un nombre limité de sédentaires – éleveurs ou cultivateurs de jardins et de palmeraies – susceptibles d'en vivre. Ils creusèrent d'ingénieux systèmes de puits et de foggaras (galeries souterraines) permettant d'atteindre l'eau, de la répartir et de la faire circuler en surface. Mais ces techniques, bien que très élaborées, ne permettaient qu'une consommation modérée, et les prélèvements ne mirent jamais en danger les ressources profondes. Or, depuis les années 90, les techniques modernes permettent d'utiliser massivement les réserves d'eau fossile. Ainsi, en Libye, elles alimentent d'énormes conduits (des voitures pourraient y circuler) qui les conduisent vers le littoral pour abreuver la population et y développer l'agriculture. Cela permettra-t-il de modifier le climat de la région, accroissant la pluviosité et réalimentant ces nappes fossiles, ou bien cela entraînera-t-il la perte irrémédiable d'une des plus grandes réserves d'eau douce de la terre ?

Au cours des temps, périodes humides et périodes sèches se sont succédées

Si le Sahara n'a pas toujours connu un climat aussi aride, son histoire ne se résume pas en l'alternance d'une période humide ancienne, dont témoigneraient ses vallées ainsi que ses gravures rupestres, avec une période sèche qui se poursuivrait actuellement. Ainsi, il y a quelque 800 000 à un million d'années, les conditions étaient telles que de premiers hominidés purent s'y établir. De même plus tard, entre 100 000 et 25 000 ans, des néandertaliens y vécurent ; jusqu'à 8 000 ans avant notre ère, des homo sapiens fréquentaient le nord du Sahara qui vit, de 8 000 à 2 000 ans avant notre ère, de nouveaux peuples arriver de l'est et du nord. Il fallait bien alors que le climat leur permît de survivre. Mais l'histoire humaine est trop lacunaire, et les analyses trop controversées, pour retracer, depuis les temps les plus reculés, l'évolution précise du climat.

Pour les périodes relativement récentes, il est possible de définir, quelque 20 000 ans avant notre ère, une période humide suivie, vers 17 000 ans, d'une très grande sécheresse. La fin des glaciations, vers 12 000 ans, provoqua une autre période d'humidité qui se prolongea jusqu'au milieu du sixième millénaire, où une nouvelle période sèche s'étendit à tout le pourtour méditerranéen, créant des bouleversements humains qui furent l'une des causes de la naissance des civilisations de la Mésopotamie et du Nil. Vers 4500, une nouvelle période humide attira au Sahara des peuples qui s'en éloignèrent lorsque la sécheresse s'accentua, au milieu du troisième millénaire. Vers 1000 ans et jusqu'au tout début de notre ère, des pluies revinrent, et le Sahara fut moins désertique. Si l'histoire récente montre donc une alternance entre des périodes plus ou moins arrosées, globalement, depuis quelques milliers d'années, la désertification a progressé, les périodes humides l'étant de moins en moins, et les périodes sèches, de plus en plus.

Une action incessante des vents

Les aléas de la pluviosité ne permettent pas à eux seuls de caractériser le Sahara. Traversé au sud par le tropique du Cancer, le désert subit les hautes pressions de l'anticyclone tropical qui apportent une forte chaleur et éloignent les nuages. Sous abri, la température s'élève à plus de 40°, voire 50°, alors qu'au niveau du sol, où la chaleur se réverbère, elle devient telle que la moindre humidité disparaît. La dessiccation est accentuée par les effets du vent, lorsque, par exemple, l'harmattan souffle du nord-est sur le Sahel. L'Europe méridionale connaît le sirocco, autre vent saharien qu'attirent les basses pressions de la Méditerranée, et qui apporte poussière et chaleur suffocante. Les vents érodent les reliefs, décapent les sols, et accumulent de fines particules – le sable – qui, lors de tempêtes, peuvent étouffer la moindre végétation, combler les trous d'eau, former ou déplacer des dunes.

Sans intervention humaine, les variations brutales de l'amplitude thermique – chaleur extrême le jour et froid la nuit – l'action des vents violents et des eaux torrentielles se sont combinées à divers facteurs chimiques et aux mouvements de l'écorce terrestre, pour façonner des paysages qui ne cessent d'évoluer. Les roches résistantes qui forment le socle africain ont donné des chaînes de montagnes qui ont subi une très longue érosion, et qui ont été ensuite maintes fois déformées. Elles affleurent parfois en gros massifs traversés de vallées ou de gorges, lesquels se fissurent pour dégager des pitons isolés ou des blocs érodés aux formes douces. Dans les cas extrêmes, les roches métamorphiques comme le granite affleurent, et il ne reste plus aucun relief.

Il arrive aussi que le socle ancien ait été soulevé, exposé ainsi à de nouvelles érosions, ou soit recouvert, en raison d'éruptions volcaniques, de matériaux plus ou moins résistants qui, avec le temps, dans le Hoggar par exemple, ont donné naissance à d'extraordinaires reliefs. En général, les roches dures primitives ont été recouvertes par des sables issus de leur propre désagrégation ; ils se sont agglomérés en grès, eux aussi affectés par l'érosion et les fractures. Autour des montagnes centrales, ils composent des plateaux pittoresques – les tassilis – traversés de vallées profondes où l'eau se cache en quelques bassins – les gueltas. Les failles sont bordées de falaises abruptes. Des éboulements, des grottes sont entourés de rochers étrangement sculptés ; plus loin encore du centre, autour des tassilis, les schistes ont subi les mêmes métamorphoses, qui les ont fissurés, crevassés, parfois déchiquetés.

À l'ouest et au nord, le Sahara forme de vastes plateaux où alternent des roches dures qui dessinent des corniches nettement découpées, et d'autres plus tendres qui donnent des talus plus fragiles, au relief moins accusé. L'Ahnet, le Tademaït, le M'zab, le Tinrhert composent ainsi des hamadas – c'est-à-dire des plateaux calcaires dont les bords ondulent sur des centaines de kilomètres. À l'intérieur s'étendent de vastes dépressions – d'anciennes vallées – où les eaux ont déposé leurs alluvions et leurs sels, ce sont les chotts, les sebkhas. Aux époques pluvieuses, elles formaient de véritables mers vers lesquelles convergeaient des fleuves grossis de leurs affluents. Au nord, venant des montagnes de l'Atlas ou de la hamada du Tademaït, les oueds, qui ne coulent plus maintenant qu'en cas de grosses pluies, se déversaient dans les chotts algériens et tunisiens. Comme ces dépressions se trouvaient en deçà du niveau de la mer (jusqu'à moins trente mètres), les eaux n'aboutissaient jamais à la mer. Au sud, les eaux dévalant du Hoggar ou de l'Aïr rejoignaient le bassin du Niger.

De dérisoires efforts pour dominer la nature

La faiblesse actuelle des pluies ne permet pas de drainage régulier, si bien que les eaux déposent leurs alluvions dans les moindres dépressions qu'elles comblent peu à peu. De même, le vent contribue à l'aplanissement du relief. Il attaque les roches qui perdent peu à peu leur volume et emporte sur les regs – plaines de cailloux – les éléments les plus fins. Inversement, ce même vent contribue à la formation de véritables collines de sable (jusqu'à cent mètres de hauteur) composées justement de ces particules. Les accumulations de dunes – les ergs – adoptent les formes les plus variées : cordons, filets, croissants…, changent de forme constamment et peuvent se déplacer. Elles ne se stabilisent que lorsque des vents contraires annihilent leur effet, ou qu'elles se heurtent à des reliefs importants.

Le Grand Erg occidental, l'Erg oriental, ou le Tanezrouft ont profité des atterrissements des oueds et des apports du vent. Ils forment les paysages dunaires les plus importants et les plus célèbres du Sahara, mais le sable s'accumule en bien d'autres endroits, et prend les formes les plus variées. Les voies de communication en pâtissent constamment. Il faut dégager les routes asphaltées et tenter de contenir les dunes avoisinantes par des plantations – lorsqu'il y a suffisamment d'eau – ou des « barrières » de roseaux secs qui atténuent les effets du vent à la surface du sol. Il faut aussi retrouver les pistes, en dessiner d'autres. Les efforts doivent être sans cesse poursuivis, mais lorsque souffle une tempête de sable, rien ne peut l'interrompre, toute activité cesse… et tout est à recommencer.

Le monde moderne tente bien de maîtriser certaines franges du Sahara, d'arrêter la désertification du Sahel, de tracer des routes, de forer des puits ou d'exploiter certaines richesses minières. Pour le moment, le Sahara reste si puissant que les efforts pour le dominer semblent dérisoires. Ainsi, l'on a tenté de recourir aux camions pour exploiter les gisements de sel malien ; beaucoup plus riche en éléments minéraux que le sel de mer, il est particulièrement apprécié des populations qui vivent en marge du désert. Mais ce mode de transport, pour moderne qu'il fût, revenait cher et se révélait peu sûr : les camions tonitruants, confrontés à des conditions climatiques extrêmes, tombaient en panne. Ce qui explique que l'on recourt encore aux antiques caravanes de chameaux, lentes mais bon marché, archaïques mais sûres. Dans le Sahara, le temps n'a plus de prise…

Sources Clio

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana Evangelizt publié dans : Déserts et plaines
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