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Jeudi 27 mars 2008

Je suis tombée par hasard sur un article qui date mais qui montre les conditions de détention en Afrique. Il est question ici du Congo mais c'est, de toute façon, partout pareil. Quand on pense que ce continent fut le berceau de l'Humanité d'où a émergé une grande Connaissance, d'Ethiopie notamment, et que l'on voit ce qu'il est devenu, on ne peut qu'être atterré. Les Occidentaux se contentent de porter au pouvoir des dictateurs qui n'en ont rien à faire des besoins du Peuple. Ils prennent les subventions que leur envoie le monde entier et se les mettent à la fouille. Aucune route, aucune école, aucune structure visant à améliorer la vie des habitants n'est construite. Quant aux prisons, il n'y a même pas d'argent pour nourrir les prisonniers. C'est dire comme ces satrapes indignes n'ont cure de rien ni de personne. Vous pouvez les regarder en photo, tous, ils sont bien gras. Eux, ne crèvent pas de faim, c'est certain.


16 détenus morts de faim et faute de soin dans une prison


Kinshasa, 25/02/2008

La situation de la prison de Mbuji-Mayi est devenue catastrophique ; du 1er janvier au 19 février 2008, 16 détenus ont trouvé la mort dans cette institution pénitentiaire pour cause de malnutrition, de famine et l'absence de soins de santé. C'est une déclaration du porte-parole de la Monuc.
Seize détenus sont morts de faim et-ou faute de soins depuis début janvier à la prison centrale de Mbuji-Mayi, capitale du Ka­saï oriental, dans le centre de la République démocratique du Congo (RDC), a annoncé mer­credi la Mission de l'ONU en RDC (Monuc).

« La situation de la pri­son de Mbuji-Mavi est deve­nue catastrophique (...). Du 1er janvier au 19 février 2008, 16 détenus (9 condamnés et 7 prévenus) ont trouvé la mort dans cette institution pénitentiaire pour cause de malnutrition, de famine et d'absence de soins de santé, a déclaré le porte-parole de la Monuc, Kemal Saïki, au cours d'un point presse à Kins­hasa. Cette « nouvelle vague de décès » a été enregistrée après le départ d'un conseiller interna­tional de la section Etat de droit de la Monuc, qui avait été dé­ployé dès l'été 2006 à début jan­vier 2008 à Mbuji-Mayi et avait contribué à l'amélioration de la situation des détenus, a indiqué M. Saïki.

« Grâce à l'intervention de ce conseiller, les autorités locales ont été encouragées à entrer en relation avec les communautés humanitaires et rel­igieuses. avec pour résultat la mise en place d un mécanisme coordonné pour la livraison régulière de nourriture à la prison centrale », a-t-il expliqué.

Les auditions des tribu­naux civils comme militaires s'étaient aussi multipliées, ce qui avait conduit « à une baisse con­sidérable des détentions illéga­les ou inutiles ».

En dépit de ces efforts, les conditions actuelles de détention à la prison de Mbuji-Mayi sont « exécrables ». D'une capacité d'une centaine de prisonniers. La prison compte actuellement 398 personnes, dont 11 femmes, Se­lon la Monuc.

« Il n'existe aucun bud­get pour subvenir à l'alimentation ni au soin des pension­naires » et les violations des droits de l'Homme sont monnaie courante, déplore la Monuc.

A titre d'exemple, chaque visiteur doit payer entre 200 et 500 francs congolais (FC, soit entre 0,4 et 1 dollar) pour avoir accès à un parent détenu. Avant tout entrée de repas, « certains surveillants exigent 500 FC » , une somme considérable en mi­lieu rural. Dans un pays où 75% des 60 millions d'habitants vivent avec moins de 1 dollar pan jour.

La prison de Mbuji-Mayi, « cras­seuse, malodorante », expose les détenus à de nombreuses mala­dies, dont la gale et les poux, en plus d'un paludisme endémique. Depuis 2007, les causes de dé­cès dans cette prison « sont con­nues sans qu'aucune action offi­cielle ne soit menée pour circons­crire le mal », déplore la section droits de l'Homme de la Monuc, qui a déjà alerté à plusieurs re­prises de la situation dramatique des détenus dans cette prison, où la Monuc a récemment acheminé des vivres et de l'eau.

En juillet 2007, le ministre congolais de la Justice - alors Georges Minsay - avait pourtant dit sa détermination à reformer en profondeur le système carcé­ral « innommable » de son pays. Cela ne suffit pas.

Le gouvernement provin­cial, pour sa part, devra égale­ment prendre toutes ses disposi­tions. A défaut, il doit être inter­pellé par l'Assemblée provin­ciale.

Sources Digital Congo

http://www.digitalcongo.net/article/50023

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana Evangelizt publié dans : Prisons dans le monde
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Dimanche 11 février 2007

L'univers carcéral japonais

 



Dirigé par une administration pénitentiaire au pouvoir discrétionnaire, les prisons japonaises sont remises en cause. Soumises à une discipline de fer, interdictions de parler, peines d’isolement très longues, brimades et accidents sont le quotidien des détenus.

Le système carcéral japonais connaît depuis quelques temps une sérieuse remise en question de son mode d’administration. En effet, des constats alarmants attirent l’œil des organisations humanitaires qui se font plus pressantes vis à vis du gouvernement.

Au cours des dernières années, le taux d’occupation des prisons est passé de 84% à 110%, avec des exceptions comme à Shizuoka et Niigata où le taux a dépassé les 134 %. Le nombre en constante augmentation des détenus (environs 67 000 pour 15 225 gardiens en juin 2002) provoque une surpopulation qui, chose surprenante, a amené le Japon, pour la première fois en vingt ans à construire deux nouvelles prisons qui seront achevées en 2005.



Les ateliers de travail. Les prisonniers n'ont pas le droit de lever la tête et de regarder leur geôliers


La prison de Fuchu, la plus grande du Japon (23 hectares, 3 000 détenus) ne ressemble guère à Alcatraz pourtant. Avec ses bâtiments administratifs flambant neufs, ses grands arbres et ses logements collectifs destinés au personnel, elle ressemblerait plutôt à un campus universitaire. Non vraiment, les prisons japonaises semblent paisibles: les gardiens ne sont pas armés, les rixes sont rares et les évasions également.

Entrée de la prison de Fuchu



L’instauration en 1960 d’une discipline militaire y est probablement pour quelque chose: à Fuchu, il est placardé partout dans les couloirs et les escaliers qu’il est « interdit de parler » et de « regarder ailleurs que devant soi ».

Tout est silencieux, ateliers, cuisines, cantine, cellules n’échappent pas à cette règle. Un mot d’ordre respecté à la lettre, rien d’autre n’est audible que la cadence de la marche militaire à laquelle sont soumis les détenus ou les bruits des plats lorsque ceux-ci mangent.

Seules les pauses de 15 minutes autorisent les détenus à se parler. Une discipline de rigueur qui, lorsqu’elle n’est pas respectée entraîne de lourdes conséquences pour le détenu fautif: le quartier d’isolement.



En uniformes, les prisonniers se déplacent comme des soldats.


Et oui, tout n’est pas aussi paisible que l’atmosphère qui se dégage de la prison de Fuchu. Derrière une routine minutieuse, les prisonniers sont soumis à des règles draconiennes, archaïques et humiliantes.

Le pliage des couvertures, qui ne doivent pas, lors du sommeil des prisonniers dépasser le nez du prisonnier. Une fouille au corps a lieu deux fois par jour pendant lesquelles les prisonniers, nus doivent lever la jambe, tirer la langue. Gare à celui qui se trompe dans l’ordre des mouvements, il est contraint de recommencer.

La règle du silence et l’uniforme de prisonnier constituent également une forme d’opacité qui prive les détenus de toute liberté d’expression et masque bien souvent
les sévices dont ils sont victimes.

La prison de Nagoya en est la preuve par excellence. Le directeur a été renvoyé et cinq gardiens ont été inculpés
pour abus et violence sur des détenus avec pour conséquence la mort de ceux-ci.

Depuis 1999, de nombreux détenus sont morts en cellules d’isolement sans que les causes de décès n’aient été révélées par les autorités. Cependant, il a été remis en question l’usage du ceinturon à menottes qui, fixé sur un détenu le prive de tout mouvement et lui comprime fortement l’abdomen, menant parfois jusqu’à la suffocation, l’hémorragie interne ou la mort.

Les témoignages d’anciens détenus ayant vécu le quartier d’isolement sont souvent bouleversants et très similaires. Il est notamment question de violences extrêmes qui mènent le détenu dans la majorité des cas à l’hôpital à la fin de son isolation.

Certains racontent même que lors de l’isolement il faut rester assis sur les talons et regarder droit devant soi. Privé de lumière, la notion du temps est alors très vite perdue.

Selon les associations luttant pour les droits des prisonniers, environ 2000 prisonniers seraient mis en isolement, 26 y seraient depuis plus de 10 ans dont un depuis 38 ans. Amnesty International est la première des association à dénoncer ces actes de tortures
dégradants, cruels et barbares.

Après la diffusion d’un rapport en 1998 des Nation Unies, dénonçant les mauvais traitements subis par les prisonniers, l’usage du ceinturon à menottes a diminué
mais est toujours présent.

D’autre part, la liberté d’expression des détenus, droit fondamental de tout être humain se trouve complètement bafoué par les gardiens, qui lisent le courrier des prisonniers et retranscrivent les conversations avec leurs proches lors des visites. Les cellules sont inspectées chaque jour, toute décoration personnelle, y compris les photos de famille y est formellement interdite.



Cellules de la prison de Fuchu, les futons sont pliés à la perfection et les inspections des chambres sont régulières.



Dernièrement, des membres de la Chambre du Comité juridique ont visité la prison de Fuchu de Tokyo pour examiner les conditions de détentions des prisonniers.

Les autorités de la prison, prétendent avoir perdu les dossiers de neuf détenus, morts entre 1996 à 2000. Mais les dossiers auraient été volontairement perdus selon les inspecteurs et une enquête a été menée sur la façon dont les documents sont conservés, et notamment le système de restriction d’accès aux dossiers.

La prison de Fuchu compte un total de 93 morts sur 1 592 décès lors des 10 dernières années dans les prisons et centres de détention dans tout le pays. Des gardes de la prison de Nagoya auraient également été arrêtés,
soupçonnés de maltraiter des détenus.

La prison japonaise semble être devenue une machine à punir, où violence rime avec silence. Longtemps acceptée par l’opinion publique, elle suscite aujourd’hui une véritable question de société à laquelle le gouvernement se heurte, tentant de se redonner une crédibilité en dénonçant les fautes graves commises sur les détenus.


Sources :
Nihon

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana Evangelizt publié dans : Prisons dans le monde
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