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Lundi 21 mai 2007

Des maires du monde entier appellent le G8 à agir sur le climat

L'ancien président américain Bill Clinton (c), le maire de New York Michael Bloomberg (g) et le maire de Londres Ken Livingstone, le 16 mai 2007 à New York

Des maires de grandes métropoles du monde entier ont appelé jeudi les leaders des grands pays industrialisés du G8 à agir dès maintenant contre le réchauffement climatique, au terme d'un sommet de quatre jours à New York sur le climat.

Ce sommet, dit "C40", a regroupé les dirigeants de 46 cités les plus importantes et les plus polluées du monde qui ont désigné, parfois en des termes plus engagés que leurs propres gouvernements, la lutte contre le réchauffement climatique comme une priorité.

"Nous demandons aux leaders du G8 lors du prochain sommet de Heiligendamm (Allemagne) de s'engager sur un objectif à long terme d'une stabilisation de la concentration des gaz à effet de serre", ont indiqué les maires dans un communiqué conjoint.

Le maire de Londres, Ken Livingstone, a exprimé l'espoir que le groupe des huit grands pays industrialisés, qui doit se rencontrer début juin en Allemagne, trouve un consensus sur le sujet. Il a aussi critiqué le président américain George W. Bush pour son opposition continue à la plupart des propositions visant à combattre le réchauffement du climat.

"Je ne sais pas ce qu'ils vont faire avec le président Bush, mais peut-être que les autres pourraient se mettre d'accord et se fixer un objectif réaliste", a indiqué le maire de Londres, ajoutant que M. Bush était en état de "dénégation" sur la question.

Le sommet de New-York a dévoilé mercredi un ambitieux programme de 5 milliards de dollars pour réhabiliter des bâtiments dans 16 métropoles du monde afin que leur coût de fonctionnement en énergie soit fortement réduit.

M. Livingstone, un des principaux instigateurs de ce programme présenté mercredi avec l'ancien président américain Bill Clinton, pourrait permettre de réduire les émissions de gaz à effet de serre d'un dixième sur dix ans.

"Si on regarde la tendance des émissions de gaz carboniques à travers le monde au cours de la décennie qui suit cette décision (...) nous pouvons réduire les émissions globales de gaz carboniques de 10%", a-t-il affirmé.

Ce programme de réhabilitation écologique des bâtiments rassemble la fondation privée de Bill Clinton, quatre des plus grandes compagnies énergétiques, cinq grandes banques et des villes des quatre continents.

"Ce n'est pas seulement une initiative, c'est la démarche la plus importante pour s'attaquer au réchauffement du climat réalisée dans le monde par plusieurs administrations conjointes depuis que le débat sur le climat a été lancé", a noté le maire de Londres.

Les villes usent plus de 75% de l'énergie mondiale et génèrent aussi plus de 75% des gaz à effet de serre, a affirmé Bill Clinton.

"Si tous les bâtiments étaient aussi écologiques que possible, nous économiserions une énorme quantité d'énergie et réduirions les émissions de gaz carboniques de manière significative", a déclaré l'ancien président.

L'initiative devrait apporter des fonds aux municipalités et aux propriétaires de bâtiments privés pour introduire des techniques modernes d'économie d'énergie, allant des ampoules fluorescentes aux mesures d'isolation et de chauffage économiques.

A terme, les économies d'énergie devraient excéder en valeur le coût du programme, ont indiqué les maires, sans toutefois donner de date butoir pour atteindre cet objectif.

Les métropoles impliquées dans cette initiative sont Bangkok, Berlin, Chicago, Houston, Johannesburg, Karachi, Londres, Melbourne, Mexico, Bombay, New York, Rome, Sao Paulo, Séoul, Tokyo et Toronto.

Le prochain sommet "C40" se tiendra à Séoul dans deux ans.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana Evangelizt publié dans : Al Gore
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Dimanche 13 mai 2007

Eh oui... Al Gore a raison mais tout le monde s'en fout. Ceci dit, je vais poser juste après une video que j'ai déjà posé sur un autre blog où il est bien expliqué que si la terre se réchauffe, c'est surtout dû au système solaire qui est en plein chamboulement.

Climat: Al Gore dresse un tableau apocalyptique

 et appelle à la mobilisation




L'ancien vice-président américain Al Gore, à Buenos Aires le 11 mai 2007

L'ancien vice-président américain Al Gore a dressé vendredi à Buenos Aires un tableau apocalyptique de la planète face aux conséquences du réchauffement climatique tout en soulignant qu'il n'était pas trop tard pour en venir à bout, à condition de faire preuve de volonté politique.

Le réchauffement climatique est "la crise la plus dangereuse à laquelle nous devons faire face en tant que civilisation", a déclaré d'emblée M. Gore devant un parterre d'hommes politiques et d'hommes d'affaire, réunis dans le cadre de la 1ère Conférence américaine sur les bio-carburants.

Avec force exemples et images chocs de fonte des glaciers ou de banquise, l'ancien vice-président et candidat malheureux à la présidence en 2000, a fait la démonstration de la réalité du réchauffement climatique, sur lequel il y a, dit-il, consensus total parmi les scientifiques, soulignant avec force l'urgence morale à le combattre.

"Le réchauffement climatique n'est pas un problème politique, c'est un problème moral, un problème de survie", a-t-il martelé.

Les conséquences sont déjà visibles et mesurables par tous, a-t-il expliqué. 2005 a été l'année la plus chaude jamais enregistrée sur la planète. La glace des pôles est en train de fondre avec pour conséquence à venir une hausse du niveau des mers. Or, si ce niveau augmente d'un seul mètre, la planète comptera 100 millions de réfugiés en plus; avec six mètres, ils seront 400 millions, a assuré M. Gore.

Cette fonte des glaces est déjà une réalité, a souligné l'ancien vice-président en montrant des images de plusieurs glaciers réduits en moins d'un siècle à la portion congrue, voire ayant totalement disparu. L'immense banquise Larsen B située sur la péninsule antarctique a disparu en 35 jours quand le monde scientifique pensait qu'elle tiendrait au moins un siècle, a encore dit M. Gore.

"Allons nous dire à nos enfants que nous étions trop occupés pour faire attention" à ce problème, a-t-il demandé. "Il n'est pas trop tard" pour en venir à bout, soulignant à cet égard qu'il n'y avait aucune incompatibilité entre l'économie et la défense de l'environnement. Tous les moyens sont à notre disposition pour inverser la tendance, à l'exception de la volonté politique, a-t-il souligné.

"Si nous permettons que tout cela se produise, ce sera alors la décision la plus immorale et contre l'éthique jamais prise dans l'histoire de l'humanité", a conclu M. Gore.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt

par Adriana Evangelizt publié dans : Al Gore
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Lundi 30 avril 2007

Protocole de Kyoto :

 Al Gore accuse Ottawa de "tromper" les Canadiens


L'ancien vice-président démocrate américain Al Gore, le 25 avril 2007 à New York

L'ancien vice-président démocrate américain Al Gore a accusé samedi le gouvernement canadien de "tromper" la population avec son nouveau plan pour réduire les gaz à effet de serre (GES), une prise de position jugée "regrettable" par Ottawa.

Venu présenter à Toronto "Une vérité qui dérange", son documentaire sur le réchauffement climatique, M. Gore a vivement critiqué ce plan présenté jeudi par le ministre canadien de l'Environnement, John Baird.

Le plan d'Ottawa vise à réduire les émissions du pays de 20% ou 150 mégatonnes d'ici 2020 par rapport à leur niveau de 2006, plutôt que 1990, année de référence du protocole de Kyoto.

M. Gore a critiqué le fait qu'il ne contient pas d'objectifs absolus de réduction des émissions, mais vise une simple diminution de leur "intensité".

Les écologistes canadiens ont déjà fait savoir que si l'on diminue les émissions de GES pour produire un baril de pétrole par exemple, cela n'empêche pas d'augmenter le nombre de barils.

"On me dit qu'une réduction de l'intensité (des émissions) va être présentée aux Canadiens comme une politique légitime. A mon avis, c'est une tromperie sur toute la ligne. Cela a pour but de tromper le peuple canadien", a déclaré M. Gore, tout en se défendant de vouloir s'ingérer dans les affaires canadiennes.

Le ministre canadien a jugé dans un communiqué "regrettable que M. Gore ait décidé de se prononcer sur notre plan avant même d'avoir été informé de son contenu".

"Il est difficile de se faire critiquer par quelqu'un qui aime bien parler de changements climatiques, mais qui", a-t-il ajouté, "n'a jamais soumis le protocole de Kyoto à un vote au Sénat des Etats-Unis".

M. Baird s'est dit "prêt à rencontrer M. Gore n'importe quand pour discuter de la menace que posent les changements climatiques" ainsi que du plan du Canada.

Auparavant, Greenpeace Canada, branche de l'organisation écologiste internationale, avait estimé que la prise de position de M. Gore est "inquiétante pour le Canada", "désolante pour notre image" et "affligeante pour tous les Canadiens qui veulent que l'on respecte nos engagements internationaux".

En vertu du protocole, le Canada devrait réduire de 6% d'ici 2012 ses émissions de GES par rapport à leur niveau de 1990, alors qu'elles ont au contraire augmenté de quelque 30%.

M. Baird a réaffirmé jeudi que son pays ne pourrait atteindre les objectifs fixés par le protocole de Kyoto, signé en 1997 par un précédent gouvernement.

Sources AFP

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Jeudi 22 mars 2007

Climat: Al Gore appelle les parlementaires américains

 à passer à l'action



L'ancien vice-président américain Al Gore devant des commissions parlementaires chargées de questions énergétiques et environnementales à Washington, le 21 mars 2007

L'ancien vice-président Al Gore, candidat malheureux à la Maison Blanche en 2000, a fait un retour remarqué mercredi devant le Congrès comme héraut de la lutte contre le réchauffement climatique, alors que les spéculations sur ses visées présidentielles vont bon train.

Les spéculations concernant son éventuel candidature à l'investiture démocrate continuent à circuler, même si pour l'instant l'ancien vice-président a déclaré ne pas vouloir entrer dans la nouvelle course à la présidence.

Certains de ses plus fervents supporteurs ont même lancé des sites internet tels que "draftgore2008.org" et "algore.org" pour le pousser à briguer un poste qui lui a échappé de très peu en 2000.

Profitant pleinement de son nouveau statut de porte-parole très populaire de la défense de l'environnement, Al Gore fait partie de la liste des 181 personnes et organisations proposées pour le prochain prix Nobel de la paix.

Il va aussi organiser une série de concerts sur tous les continents le 7 juillet avec de nombreuses stars de la musique pour sensibiliser encore plus le public à l'urgence d'un changement des modes de production et de consommation.

Récemment récompensé par Hollywood avec l'Oscar du meilleur documentaire pour "Une vérité qui dérange", Al Gore a témoigné devant trois commissions de la Chambre des représentants chargées des questions environnementales et énergétiques. Il devait faire de même devant le Sénat un peu plus tard.

A des élus, dont certains contestaient encore récemment la responsabilité de l'homme dans le réchauffement de la planète, M. Gore a remis des centaines de milliers de courriers électroniques d'Américains préoccupés par ce sujet.

"Je suis ici pour vous donner plus d'un demi-million de messages adressés au Congrès pour demander une réelle action contre le réchauffement climatique", a déclaré le candidat malheureux à l'élection suprême en 2000 face à George W. Bush.

Ce phénomène "menace la survie de notre civilisation et la possibilité de vivre sur la Terre", a estimé Al Gore à qui certains prêtent des intentions pour le scrutin de 2008.

Face à ce constat morose, l'ancien parlementaire a mis en avant la prise de conscience générale actuelle et le nécessaire rôle des Etats-Unis pour amener les pays en développement à participer à la lutte contre le réchauffement.

"Il y a un énorme élan en faveur d'une action pour résoudre la crise climatique", a-t-il assuré rappelant que "le réchauffement climatique est une réalité et l'activité humaine en est la principale cause", comme l'a démontré le dernier rapport des scientifiques du groupe intergouvernemental de l'ONU sur le climat (GIEC).

Pour lui, "la meilleure façon - et l'unique - d'amener la Chine et l'Inde (à prendre des mesures), c'est un réel rôle de leader de la part des Etats-Unis".

"En tant que première économie mondiale et plus grande puissance, nous sommes dans une position unique pour s'attaquer à un problème de cette envergure", a dit Al Gore, dont l'engagement sur les questions environnementales remonte à de nombreuses années.

Ces dernières années, Al Gore s'est essentiellement consacré à cette cause et son documentaire, distribué dans de nombreux pays, a donné une visibilité nouvelle aux dangers de la planète tout en lui assurant un regain de popularité inespéré après son échec électoral en 2000.

Vice-président au côté de Bill Clinton de 1993 à 2001, Al Gore avait été le négociateur des Etats-Unis pour le protocole de Kyoto, ensuite jamais ratifié par Washington.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt


par Adriana Evangelizt publié dans : Al Gore
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Samedi 17 février 2007

Al Gore, l'agitateur climatique

par Hélène Vissière

Ces jours-ci, il croule sous les distinctions. En lice à la fois pour les oscars et le prix Nobel de la paix. Il ne lui manque plus qu'un bonheur : être nominé pour la course à la Maison-Blanche. Alors, candidat ou pas candidat ? Il y a du Normand chez cet homme-là. Al Gore dit non sans jamais écarter complètement le oui.

En tout cas, depuis un an, il est en campagne et sillonne perpétuellement le pays. Non pour capter des voix. Plutôt pour mobiliser les foules face aux dangers du réchauffement de la Terre, dont il a fait une véritable croisade. Car, à 58 ans, Al Gore porte une nouvelle casquette : agitateur climatique.

Qui aurait prédit un retour aussi spectaculaire après la défaite de 2000 ? Pendant des jours et des jours, on avait inlassablement compté et recompté les bulletins, scruté les cartes perforées. Malgré 500 000 voix d'avance sur George Bush, Al Gore avait finalement dû s'incliner devant la décision de la Cour suprême, qui a arrêté le décompte des voix et mis fin à une interminable bataille juridique.

Après cette douteuse victoire de Bush qui lui laissera un goût amer d'injustice, le démocrate du Tennessee disparaît de la scène publique. Il se laisse pousser la barbe et se reconvertit en prof de fac. Lui toujours si mesuré refait cependant surface en 2002 pour lancer l'anathème contre l'éventualité d'une guerre en Irak. Ce qui le fait taxer d'extrémisme par ses copains démocrates rangés à cette époque comme un seul homme sous la bannière de George Bush. Il ne cessera plus ensuite de critiquer l'administration, sa collusion avec des intérêts privés, son programme d'écoutes téléphoniques...

Mais c'est le réchauffement climatique qui le tire pour de bon de son hibernation. Armé d'une série de diapos, il multiplie les conférences aux quatre coins des Etats-Unis. Partout, il raconte comment l'humanité a transformé la planète en Cocote-Minute avec ses émissions de gaz carbonique. Méthodiquement, il détaille les conséquences apocalyptiques de la hausse des températures : la fonte de la calotte antarctique, la montée du niveau des eaux qui, selon lui, vont submerger San Francisco et Calcutta, les invasions d'insectes, la disparition des ours polaires...

Emballée par sa présentation, Laurie David, une militante écologiste, décide de faire un film. Ce qui n'est pas gagné d'avance. Un politicien pas charismatique pour deux sous en train de commenter des graphiques sur l'effet de serre... Pas tout à fait la recette du film hollywoodien à grand spectacle.

Et pourtant, ça marche. Peut-être parce que Al Gore ne disserte pas seulement sur la fonte des glaces, mais évoque aussi des drames de sa vie comme la mort de sa soeur, victime d'un cancer du poumon, ou l'élection de 2000 (« Le coup a été rude, mais il faut en tirer le meilleur parti »). Surprise : « Une vérité qui dérange » devient le troisième plus gros succès de l'histoire du documentaire. Et fait des émules. Arnold Schwarzenegger, devenu gouverneur républicain de Californie, met au rancart son Hummer (un énorme 4 x 4) après avoir vu le film.

Voici Al Gore propulsé au rang de héros national. Il faut dire que le film est tout autant à la gloire de la planète qu'à celle de l'ex-vice-président-croisé-solitaire. Du coup, Gore fait salle comble. Jusque dans les coins les plus reculés de l'Amérique profonde : ainsi, dans l'Idaho, dans les Rocheuses, qui ne compte que 1 million d'habitants, les 10 000 billets d'entrée pour sa conférence s'arrachent en quelques heures. S'il est si populaire, c'est qu'il tombe à pic. La fibre verte de l'Amérique commence à se réveiller. Et puis, il offre un heureux contraste avec le locataire de la Maison-Blanche, qui se fiche éperdument de l'environnement.

Surtout, Al Gore prend son rôle à coeur. Ce qui fait d'ailleurs grincer des dents les démocrates. S'il avait déployé autant de passion pendant la campagne présidentielle, persiflent-ils, il l'occuperait maintenant, ce Bureau ovale.

La lutte contre le gaz carbonique l'a métamorphosé. Il a abandonné ses manières d'automate et ses discours insipides formatés par ses conseillers. Le nouvel Al Gore, lesté de quelques kilos, semble à l'aise, détendu et ne prend plus de gants. Le réchauffement climatique est « le plus sérieux problème que nous ayons jamais affronté », martèle-t-il. Si l'on ne fait rien pour sauver la planète, nous allons nous retrouver face à une catastrophe comme l'Irak, « mais infiniment plus grave ». Il a même de l'humour. « Je suis Al Gore et j'ai été l'ex-prochain président des Etats-Unis. » Ainsi commencent tous ses discours. Après les rires d'usage, il ajoute, faussement bougon : « Je ne trouve pas ça particulièrement drôle. »

Il apparaît d'autant plus convaincant que cela fait, en réalité, quarante ans qu'il se passionne pour les changements climatiques. Depuis qu'il a suivi à Harvard les cours de Roger Revelle, le premier savant à avoir mesuré les niveaux de CO2 dans l'atmosphère. Une fois au Congrès, Al Gore organise la première audition sur le réchauffement au début des années 80. En 1992, il publie un manifeste sur le sujet, « Earth in the Balance », ce qui lui vaut le surnom grinçant d'« Ozone Man », lancé par Bush père. Il s'engage à fond dans la négociation des accords de Kyoto, qui visent à réduire les émissions à effet de serre. Le traité sera in extremis signé par Bill Clinton mais jamais ratifié par le Congrès.

Gore le politique perce pourtant parfois sous Gore l'écolo, remarquent les esprits chagrins. En 1987, par exemple, Newsweek révèle que Gore, à la demande de deux élus de Caroline du Nord, a mis un bémol à sa campagne contre une usine de papier qui polluait la rivière Pigeon. Il a écrit à l'Agence pour l'environnement pour s'opposer à des standards plus sévères en matière de pollution des eaux. Et en 2000, pendant sa campagne, il ne pipe mot sur l'environnement. Pas assez porteur, assurent alors ses conseillers. Le sujet n'était pas encore à la mode.

Alors, Al Gore, apôtre sincère du climat ou calculateur habile, désireux de relancer sa carrière politique ? Il y a quelques jours, il faisait son traditionnel exposé devant 1 500 chefs d'entreprise de la Silicon Valley. A peine achevé, une question fuse : « Allez-vous vous présenter à la présidentielle ? » Al Gore lève les yeux au ciel et finit par lâcher : « Je n'ai aucun projet d'entrer dans la course mais j'apprécie la question. » C'est la formule qu'il répète chaque fois qu'on la lui pose. Ce qui arrive dix fois par jour. Il poursuit, dit-il, une « campagne d'un genre différent pour essayer de changer l'esprit du public américain ». Mais il ajoute parfois des variantes sibyllines. En mai, il confiait au journal Atlanta Progressive News : « Je suis un homme politique en voie de guérison. Mais il faut toujours s'inquiéter d'une rechute. »

Difficile de croire qu'un Al Gore puisse véritablement renoncer à la politique. Fils de sénateur, il a grandi entre la ferme du Tennessee et un hôtel de Washington. Le petit Al a appris à mettre des « barrières à son âme », comme il dira plus tard pour justifier sa froideur. Il a aussi tout fait pour plaire à son père, qui, dès le berceau, le rêvait en président. « On l'a élevé pour ça », lance-t-il en 1992 lors de la nomination de son fils à la vice-présidence. Elu à 28 ans à la Chambre des représentants, puis au Sénat, Al Gore se présente en 1988 à la présidentielle. Sans succès. On pense qu'il va réessayer quatre ans plus tard, mais, entre-temps, Albert, son fils de 6 ans, se fait renverser par une voiture. Al Gore lâche tout pour rester avec lui. Jusqu'à ce que Bill Clinton lui propose de devenir vice-président en 1992. Un poste qu'il conservera huit ans.

Qu'importent ses dénégations ! Al Gore arrive en quatrième position dans les sondages derrière Hillary Clinton, Barack Obama et John Edward. Et les sites Internet de soutien se multiplient. Il est la « conscience du Parti démocrate », clame DraftGore.com. « Gore est de plus en plus considéré comme le meilleur cheval des démocrates s'ils veulent reconquérir la Maison-Blanche . »

Et c'est vrai que sa candidature enlèverait une sacrée épine du pied au Parti démocrate. Car les deux favoris ont bien des handicaps. L'un est une femme, Hillary Clinton, qui divise beaucoup. L'autre un Noir, Barack Obama, sans expérience. « Al Gore, lui, a de l'expérience, un bilan indiscutable et aucun des points faibles des deux autres », commente Bruce Buchanan, professeur de sciences politiques à l'université du Texas. Il a aussi été « une voix prophétique », selon Bill Turque, son biographe. Fan de technologie, « Goracle », comme l'a surnommé un éditorialiste, a inventé le terme « super-autoroute de l'information » dans les années 70 et poussé au développement de l'Internet. Et puis, il y a bien sûr ses positions sur le réchauffement et ses condamnations de la guerre en Irak. De là à en faire l'homme providentiel...

Oui, mais voilà, entre-temps, Al Gore s'est plongé dans une nouvelle vie qui, disent ses proches, l'amuse beaucoup plus que la politique. Il siège au conseil d'administration d'Apple Computer, sert de conseiller à Google, a fondé Generation Investment Management, un fonds d'investissement spécialisé dans les entreprises éthiques. Il a aussi lancé sa télévision en 2005 : Current TV, une chaîne à destination des jeunes dont un tiers des programmes est réalisé par les téléspectateurs eux-mêmes. Sans parler de l'armée de clones qu'il est en train de former. Al Gore a recruté un millier de bénévoles, y compris des stars comme Cameron Diaz. Tous se sont engagés à donner une dizaine de conférences par an sur le modèle des siennes.

William Galston, l'un de ses conseillers lors des deux campagnes présidentielles, ne croit pas beaucoup à une éventuelle candidature. « Al Gore pense qu'il réussit de plus en plus à susciter une prise de conscience sur le réchauffement et n'a pas envie d'abandonner à ce stade. »

Contrairement aux prétendants à la Maison-Blanche, il ne convie pas la presse à ses conférences. Son site Internet reste squelettique. Et il n'a fait aucun tour de piste dans l'Iowa ou le New Hampshire, Etats déterminants dans les primaires. En revanche, on l'a vu dans tous les talk-shows télévisés. Il a participé à un grand rassemblement de MoveOn, un puissant groupe d'activistes de gauche. Et, la semaine dernière, ses conseillers politiques de 2000 se sont réunis à Boston pour « une conversation préliminaire ». En précisant bien qu'Al Gore n'était pas dans le coup.

« Tout est possible en politique, reconnaît William Galston. Il peut se permettre d'attendre. Il a un nom, des ressources financières, un réseau de militants, et il peut récolter de l'argent très vite. » Et d'ailleurs, pourquoi se presser ? Mieux vaut laisser Hillary Clinton et Barack Obama se brûler les ailes avant d'émerger comme le chevalier blanc.

Candidat ou pas candidat, une chose est sûre : on va le voir beaucoup, Al Gore, cette année. Son nouveau livre, « Un assaut contre la raison », qui dénonce les « dommages » causés par le bushisme, sort en mai. En juillet, il lance une série de concerts sur son thème favori. Avant cela, le 25 février, il foulera le tapis rouge de Hollywood pour les oscars. Avec un peu de chance, cette fois, on n'aura pas à recompter les voix...

Sources Le Point

Posté par Adriana Evangelizt



par Adriana Evangelizt publié dans : Al Gore
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