Pluies diluviennes dans la Gironde et le Gers

Publié le par Adriana Evangelizt



En deux coups de tonnerre

par Pierre-Marie Lemaire


La Gironde et le Gers ont été particulièrement touchés ce week-end par des pluies diluviennes. Conséquence du réchauffement, disent les climatologues.

Si une hirondelle ne fait pas le printemps, des orages à répétition ne font pas non plus le réchauffement de la planète. Qu'il tonne en juin, que le ciel nous tombe sur la tête chaque jour en quelques minutes, rien de plus naturel. Un événement, aussi surprenant soit-il, ne suffit pas à faire une statistique, rappellent à l'envi les météorologues.

N'empêche? Un mois de mai pas joli, joli, qui succède à un avril plein de fils et se termine par des déluges en série, voilà qui fait s'interroger. Entre 100 et 150 mm d'eau à Aubiet, dans le Gers, c'est de quatre à cinq mois de précipitations moyennes en moins de deux heures. Et les 100 mm en Dordogne le dimanche 25 mai ? Et les vignobles du Béarn hachés par la grêle ce même jour ? Le temps devient excessif, extrémiste. S'il vous plaît, rendez-nous nos normales saisonnières !

Pour Hervé Le Treut, ingénieur climatologue et membre du Giec (groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat), il est clair que les normales chères à Météo France sont un peu bousculées et que ce n'est qu'un début : « Conséquence du réchauffement, nous allons vers un climat en partie imprévisible. Il va falloir s'habituer à ce que des événements jusqu'à présent inhabituels deviennent de plus en plus fréquents. »


Un décès à Libourne. À l'image de ces orages en série que le Sud-Ouest subit depuis maintenant une semaine. Le dernier en date, samedi, a surtout secoué la Gironde et le Gers. Il a fait une victime au moins indirecte à Libourne, où un homme de 80 ans a été retrouvé mort dans sa maison. La police a ouvert une enquête mais, selon toute vraisemblance, l'octogénaire, qui souffrait de problèmes cardiaques, aurait succombé à un malaise en pompant l'eau qui avait envahi son garage.
Fort heureusement moins dramatique, même si c'est un miracle, le déraillement du TER Toulouse-Auch, samedi, vers 19 heures, dans la campagne gersoise : 22 passagers à bord, aucun blessé (lire par ailleurs).

Selon la préfecture de la Gironde, les services de secours ont totalisé 531 interventions sur l'ensemble du département dans la soirée et la nuit de samedi. Dont 297 pour Bordeaux et son agglomération. On ne compte plus les caves inondées, les habitations endommagées, les routes coupées. À Saint-Jean-d'Illac et Cenon, des automobilistes ont dû quitter leur véhicule immobilisé dans plus de 50 cm d'eau, le moteur noyé. À Lacanau, la Maison des chasseurs a été détruite par un incendie après avoir été touchée par la foudre. À Libourne, les 25 maisons d'un lotissement se sont retrouvées dans 80 cm d'eau, et il a fallu évacuer leurs occupants. Même scénario à Saint-Médard-en-Jalles, où la jalle de Magudas a quitté son lit pour envahir ceux de ses riverains : une soixantaine de maisons concernées avec entre 10 à 40 cm d'eau dans les caves et les salons. Trombes d'eau également sur Castillon-la-Bataille et Saint-émilion, où il est tombé 65 mm d'eau, record de Gironde.


Les Landes aussi. À épisodes orageux localisés, situations très contrastées. En Charente-Maritime, seuls le Sud-Saintonge (Montlieu-la-Garde) et le Nord- Aunis (Marans) ont été largement arrosés, victimes pour l'un de l'orage libournais, pour l'autre d'un foyer vendéen. En Dordogne, une trentaine d'interventions des pompiers concernait des caves inondées dans les secteurs de Thiviers et Montpon. Il est vrai que le Périgord avait déjà beaucoup donné (et reçu) la semaine précédente.
Le Lot-et-Garonne enregistre des cumuls de précipitations records depuis le 20 mai (127 mm à Lacapelle-Biron). Dans les Landes, les sapeurs-pompiers sont intervenus une cinquantaine de fois avec motopompes et serpillières, essentiellement dans le secteur de Dax. Il est tombé 40 mm d'eau, soit l'équivalent d'un mois de mai « normal ».

Imprévisible. Dans les Pyrénées-Atlantiques, enfin, rien à signaler dans le Béarn (sauf dans la cuvette de Salies) et situation sous contrôle dans le Pays basque, relativement épargné.
Pourquoi tant d'orages ? « Parce que la situation est commandée par des remontées de sud dans un champ dépressionnaire plutôt mou, favorable à la formation de foyers orageux », répond un prévisionniste de Météo France. Cette situation devrait prédominer jusqu'à mardi. Reste que les « fortes précipitations, éventuellement de grêle », annoncées pour dimanche en Gironde, sont restées aux abonnés absents. De plus en plus imprévisible, le temps, on vous dit?

Sources Sud-Ouest

Posté par Adriana Evangelizt

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Publié dans Catastrophes

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