Après le séisme, l'ouverture n'a pas fait long feu en Chine
Quelque part, l'idéologie communiste qui sévit en Chine nous fait penser à l'idéologie sioniste. Ce qu'il se passe réellement dans le pays ne doit pas se savoir. On travestit la vérité pour l'arranger à sa sauce. Ainsi, les organes chargés de la propagande ont distribué dès la mi-mai des guides sur la façon de parler de la zone sinistrée et les journalistes ont reçu l'instruction de se concentrer sur les héros, particulièrement s'ils appartiennent au gouvernement ou au Parti communiste chinois, et de ne pas parler des écoles. Imaginez un peu le truc. Vous êtes journaliste et vous recevez une sorte de mémento vous expliquant comment raconter l'évènement pour ne pas nuire à l'image de marque des autorités. Il faut quand même noter que dans ce pays où le Peuple est très surveillé et ne peut rien faire, la surveillance ne s'exerce guère sur les chefs des localités et des villes à qui sont attribués des subventions, pour les écoles par exemple, et qu'ils peuvent empocher sans problème. C'est à dire que les corrupteurs ont le champ libre. Pourquoi le régime communiste ne surveille pas où va l'argent qu'il distribue à ses affidés ? Il y a là quelque chose d'anachronique qui montre bien que seul le pauvre Peuple est acculé, pas ceux qui sont censés veiller sur eux. Suite à ce commentaire, nous allons certainement recevoir des centaines de spams... comme font les sionistes.
Après le séisme, l'ouverture n'a pas fait long feu en Chine
Reuters
Par Lindsay Beck
CHENGDU, Chine (Reuters) - Saluée dans le monde entier, l'ouverture de la Chine à l'aide internationale et à la presse après le séisme meurtrier du 12 mai n'a pas duré : moins d'un mois après la catastrophe, l'armée commence à boucler les zones sensibles, et les médias se heurtent à de nombreuses restrictions.
La question des écoles, dont beaucoup se sont effondrées, symbolise cette reprise en mains de l'information par le pouvoir, jugent des journalistes locaux.
Dans la semaine, des points de contrôle ont été installés sur les principales routes menant à Dujiangyan et Juyuan, deux villes du Sichuan ou les écoles n'ont pas résisté au séisme, tuant des centaines d'enfants et provoquant la colère des parents, selon qui la construction a été bâclée.
Dimanche dernier, des centaines de parents ont assisté à une cérémonie funéraire organisée pour les enfants morts à l'école primaire Xinjian de Dujiangyan, en présence de nombreux journalistes.
Mais en milieu de semaine, les forces de police et paramilitaires ont bloqué l'accès à cet établissement, empêchant les reporters de prendre des photos, de tourner des images et d'entrer en contact avec des parents.
Des journalistes de Southern Weekend et Southern Metropolis Daily, deux des publications les plus offensives du pays, ont même été rappelés dans leurs rédactions, a dit un autre membre du groupe.
Selon des journalistes locaux, les organes chargés de la propagande ont distribué dès la mi-mai des guides sur la façon de parler de la zone sinistrée, mais c'est seulement au cours des derniers jours que les règles se sont durcies.
PARLER DES HÉROS
Les journalistes ont ainsi reçu l'instruction de se concentrer sur les héros, particulièrement s'ils appartiennent au gouvernement ou au Parti communiste chinois, et de ne pas parler des écoles, a assuré une source proche des organes de régulation.
"Les parents sont très en colère. Mais personne ne va parler de leurs requêtes", a affirmé cette source, ajoutant que rien de négatif ne devait être publié.
De nombreux journaux ont pourtant consacré des pages entières aux écoles effondrées, posant la question de la corruption des élus locaux.
A Wufu, l'école est le seul bâtiment à s'être effondré.
Dans la semaine, un responsable local et la police ont tenté d'empêcher un journaliste étranger de parler aux parents.
La police a justifié son intervention en expliquant qu'il fallait s'enregistrer auprès du gouvernement local, malgré l'accréditation délivrée par le bureau provincial des affaires étrangères.
Dans les jours ayant suivi le séisme qui a dévasté la province du Sichuan, dans le sud-ouest du pays, faisant près de 70.000 morts, les médias locaux, internationaux et des milliers de volontaires avaient accédé sans entraves aux zones sinistrées.
"Au départ, (le gouvernement) n'avait pas la possibilité de contrôler cela, mais il retrouve cette capacité", souligne Ran Yunfei, rédacteur en chef d'un magazine à Chengdy, capitale du Sichuan.
"Les médias étrangers ont été trop optimistes vis-à-vis du gouvernement", conclut-il.
Version française Grégory Blachier
Sources L'Express
Posté par Adriana Evangeliztz