Arcady Gaydamak, milliardaire russe, mécène ou mafieux ?
Gaydamak, milliardaire russe, fonde un parti politique
par J.-M. Allafort
Depuis plusieurs mois, la rumeur courait que le milliardaire russe Arkady Gaydamak avait l’intention de se lancer dans l’arène politique israélienne. Aujourd’hui, le propriétaire du club de foot « Beitar Jérusalem » annonce son intention de fonder un nouveau parti qui devrait s’adresser en priorité au public russophone et devrait être constitué aussi bien de Juifs religieux orthodoxes que d’Arabes israéliens.
Pour l’heure, Gaydamak n’a pas encore présenté « les têtes » de sa nouvelle formation, qui est déjà créditée de 25 sièges selon un sondage réalisé par l’Institut Cartographia. Le milliardaire n’a pas l’intention de se présenter lui-même à la Knesset, ni de briguer le poste de Premier ministre. Il a conclu un accord tacite avec le chef de l’opposition Binyamin Netanyahu qu’il considère comme le candidat le plus adéquat à la tête du gouvernement. Le parti de Gaydamak présenté comme une formation satellite du Likoud risque de porter préjudice à Israel Beitenou, d’Avigdor Liberman, soutenu très largement par l’électorat russophone. Il ne fait aucun doute que le milliardaire veut, dans un premier temps, affaiblir son concurrent le plus proche en lui prenant le maximum de voix. Mais au Likoud également, certains ténors s’inquiètent déjà de cette alliance avec Netanyahu et estiment qu’elle se retournera, tôt ou tard, contre le parti traditionnel de droite. Gaydamak utilise-t-il Netanyahu pour se hisser au sommet du pouvoir ?
Le nouveau parti du milliardaire devrait se focaliser sur les questions économiques et sociales, que d’autres formations, comme le Likoud ou le parti travailliste, ont fait passer au second, voire au troisième plan. Gaydamak, a critiqué, à plusieurs reprises, la politique du gouvernement Olmert, qui n’est pas capable de faire face à la pauvreté galopante en Israël. Un an après la formation de l’actuel gouvernement Olmert, le portefeuille des Affaires sociales n’est toujours pas attribué, alors qu’il ne manque pas de ministres sans portefeuille !
Gaydamak est devenu populaire, cet été, lors de la seconde guerre du Liban, en prenant en charge financièrement des milliers de personnes qui avaient fui le nord du pays et en créant un immense camp d’été sur la plage de Nitzanim. Réussissant là où le gouvernement avait échoué, son nom s’est peu à peu associé à l’image d’un bienfaiteur préoccupé avant tout par le bien des personnes.
Il a pourtant essuyé des critiques, comme celles du maire de Sdérot lorsqu’il a invité les habitants de la ville touchée par les tirs de Kassam à venir en vacances à Eilat. Eli Moyal avait alors déclaré que Gaydamak voulait « acheter tout le monde avec son argent »
Arkady Gaydamak, mécène ou mafieux ? Les avis sont partagés.
Le multimilliardaire a plusieurs visages. Il est celui qui verse des millions à l’Agence Juive et qui finance des projets de bienfaisance, tout en acquérant des clubs de football, en organisant des soirées mondaines où coulent le champagne et la vodka pour les célébrités locales et internationales. A la tête de médias, il avait l’intention, en décembre dernier, d’acheter le journal Maariv.
Pour la justice française, qui demande son extradition, Gaydamak est un personnage peu recommandable de la mafia russe. En Israël, il a été entendu plusieurs fois par la police pour des affaires de blanchiment d’argent, et des soupçons d’opérations financières illégales planent au-dessus de sa tête.
Arkady Gaydamak, en créant un nouveau parti, veut-il présenter une alternative politique ou acheter le pouvoir avec son argent ?
Pour l’heure, il serait tout de même bon que le nouveau leader apprenne l’hébreu s’il veut faire carrière dans la politique israélienne.
Sources UPJF
Posté par Adriana Evangelizt