Les Sanson et la guillotine

Publié le par Adriana Evangelizt

A l'heure où les Sataniques pendent à qui mieux mieux en Irak, un article sur les bourreaux inventeurs de la guillotine. A ce propos, la pendaison honteuse de Saddam Hussein m'avait inspiré un texte... Le Bourreau du Roi...

Les Sanson et la guillotine : un avis d'experts


Par Sandrine Lacombe



Aux lecteurs avertis, on n'apprendra pas que ce n'est pas Guillotin qui inventa la guillotine. L'instrument, qui fut utilisé pour la première fois le 25 avril 1792 sur le voleur Jacques-Nicolas Pelletier, par « l'exécuteur des hautes oeuvres de la ville, prévôté et vicomté de Paris », Charles-Henri Sanson, doit à ce dernier son introduction dans les mentalités et pratiques d'alors.

Cet homme qui nous apparaît, dans les romans historiques de Jean-François Parot, comme quelqu'un d'humain, dévoué, instruit, fin connaisseur de l'anatomie humaine, faisait partie d'une dynastie de bourreaux. De 1688 à 1847, plusieurs générations de Sanson se succédèrent pour exercer à Paris. Charles-Henri Sanson (1739-1806) avait quinze ans quand il commença, il démissionna en 1795.

Lorsqu'en octobre et décembre 1789, Joseph-Ignace Guillotin, député du tiers état de Paris, réclama à l'Assemblée constituante une méthode d'exécution sans douleur, Sanson réagit et rédigea, avec l'un de ses frères, un « Mémoire à l'Assemblée sur le rôle et les difficultés du bourreau ». L'Assemblée législative, par sa loi du 6 octobre 1791, supprima la pendaison, le bûcher, la roue et l'écartèlement pour instituer une seule peine capitale : la décapitation.

Sanson avait déjà réfléchi à la question comme on peut le voir dans la première page de ce mémoire adressé au ministre de la Justice, dans lequel il explicite les difficultés matérielles et humaines inhérentes au bourreau et à la victime. Il mentionne en particulier l'approvisionnement et le coût du matériel, l'épée étant à changer après chaque acte ; mais aussi l'affaiblissement des condamnés à la vue du sang, lors d'exécutions en série, la décapitation devenant alors une lutte et un massacre multipliant la souffrance de la victime. Ainsi, pour éviter l'effervescence des foules et rendre plus humaine la tâche, il conclut à « l'indispensabilité d'une machine qui fixe le patient en position horizontale ».

Le docteur Louis, chirurgien, médecin du roi, fut sollicité pour y réfléchir. De son côté, Sanson, avec son ami facteur de clavecins, Tobias Schmidt, dressa un croquis de l'instrument et le soumit au docteur Louis le 2 mars 1792 aux Tuileries. Le roi, présent incognito mais reconnu par Sanson, suggéra alors une lame triangulaire, oblique, plutôt que convexe. Le 7, le docteur Louis présenta son rapport à l'Assemblée qui en adopta les conclusions le 20. Un mois après, Sanson et ses frères testaient l'instrument à Bicêtre sur des cadavres : le projet à lame oblique fut totalement approuvé.

L'instrument fut désigné sous les termes de louisette, louison, la veuve puis la guillotine, mais aussi de grand rasoir national, racourcisseuse patriotique, massicot, bécane, etc.

Le comble pour Sanson, sympathisant des idées révolutionnaires mais fidèle au roi, fut d'avoir à exécuter Louis XVI. Pour conclure, en avril dernier, Christie's a mis en vente la fameuse lettre du bourreau adressée, le 20 février 1793 au directeur du journal Le Thermomètre, dans laquelle il faisait une mise au point sur les circonstances de la mort du roi, à savoir le courage dont ce dernier avait fait preuve. Ce document fut estimé (entre 120 000 et 150 000 euros) trois fois plus cher qu'une copie du discours de Louis XVI devant les états généraux le 23 juin 1789.

Sources Historia

Posté par Adriana Evangelizt

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