Bolivie: le lac Titicaca souillé par la pollution des villes

Publié le par Adriana Evangelizt

Bolivie: le lac Titicaca souillé par la pollution des villes

A 3.800 m d'altitude, sur les rives boliviennes du lac Titicaca, le plus haut du monde, les autochtones qui y puisent depuis toujours toutes leurs ressources constatent avec résignation que la pollution des villes souille dangereusement ses terres et ses eaux.

Au bord de Titicaca, se trouve Cohana, un village à 80 km de La Paz, où vivent quelque 350 familles. Là, les eaux polluées des rivières Katari, Seco, Seque, Pallina et Jalaqueri achèvent leur cours et déposent sur les rivages de Cohana leur cargaison de détritus en tous genres venus des villes.

En juin 2006, une commission d'experts coordonnée par le ministère de la Santé bolivien venue enquêter sur place a détecté "la présence potentielle d'éléments pathogènes, tels que bactéries, virus et autres parasites". Les experts en ont conclu qu'il s'agissait de la zone la plus polluée du lac Titicaca.

A la saison sèche, quand le niveau des eaux baissent, apparaît alors l'ampleur du désastre : des bouteilles et sacs plastique, des boîtes, des médicaments entre autres variétés de déchets.

"L'activité biologique est directement affectée par le manque d'oxygène dans l'eau, les poissons qui s'en vont généralement ailleurs, dans ce cas sont morts", ont-ils constaté jugeant qu'"une telle réalité s'évalue en l'absence de bans de poissons qui devraient normalement évoluer dans les roseaux".

Le maire de Cohana Rosendo Mendoza se souvient avoir vu passer nombre de commissions d'enquête sur la pollution du lac Titicaca. Certaines régionales, d'autres encore nationales, il y en a même eu une composée de Péruviens, dit-il, mais en ce qui concerne les solutions, rien ne se passe.

Mendoza grimpe sur son embarcation qu'il propulse sur les eaux du lac d'un vif coup de perche. Comme tous ses concitoyens, il doit se rendre sur l'île qui fait face à Cohana, une "pampa" où paissent des troupeaux de vaches, sources quasi exclusives des revenus du village. La fabrication de fromages, c'est la spécialité de Cohana.

Sur cette île, certains préparent des petites parcelles de terre à accueillir des cultures, pendant que des hommes et femmes sont occupés à la traite des vaches. Au village, dans les patios des habitations, d'autres fabriquent les fromages qui seront vendus à La Paz entre 35 et 55 cents selon la quantité.

Un groupe de flamands roses vient de s'envoler. Ils étaient tellement plus nombreux avant, soupire le maire de Cohana.

Modeste et paisible, l'existence des gens de Cohana a déjà commencé à basculer.

La pollution a contaminé leur terre, a souillé les eaux et leurs troupeaux sont victimes de maladies.

"Le problème, c'est qu'à cause de la pollution, les vaches ont été contaminées par la douve du foie", un ver parasite hépatique très pathogène, déclare M. Mendoza à l'AFP.

Le maire commence à bien connaître ce parasite et la maladie qu'il inocule aux vaches qui ne meurent pas mais commencent à perdre leurs poils. Mais le plus grave, aux yeux des gens de Cohana, c'est qu'elles produisent beaucoup moins de lait, signifiant aussi moins de fromages et de revenus.

Il y a une quinzaine d'années, les gens pouvait boire l'eau de la lagune mais aujourd'hui ils se sont dotés de deux puits.

La terre de plus en plus sèche, les vaches de plus en plus efflanqués, l'idée qu'il faut quitter Cohana a déjà fait son chemin.

Trois cents d'entre eux sont déjà partis. A pied. Ils ont choisi d'émigrer en Argentine, à Buenos Aires, à la recherche de meilleures opportunités.

Sources AFP

Posté par Adriana Evangelizt


Publié dans Mers Oceans Fleuves

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
F
Bonjour Adrianna, je viens de visiter votre site. J'y ai trouvé beaucoup d'informations très interessante et suis agréablement surpris de la précision et la qualité de ces informations...
Bonne continuation....
Répondre